Traitements contribuant à prévenir les psychoses chez les femmes qui viennent d’accoucher

Un petit pourcentage de femmes évolue vers la psychose à la suite d’un accouchement. Cette psychose du postpartum affecte 1 ou 2 jeunes mères sur 1000 ; elle se manifeste presque toujours comme un trouble de l’humeur accompagné d’une perte de contact avec réalité, par des hallucinations visuelles et auditives, des idées délirantes, de graves troubles de la réflexion et un comportement anormal. Potentiellement dangereuse pour la vie de la mère et de l’enfant, elle apparaît brutalement dans le mois qui suit l’accouchement.

La psychose du postpartum est plus fréquente chez les primipares et le risque est plus important pour les mères célibataires ou d’un âge avancé. Le risque est également plus élevé chez les femmes ayant déjà eu des problèmes de santé mentale et en cas d’antécédents familiaux de maladie mentale, de dépression avant la grossesse et de problèmes hormonaux. Les symptômes les plus courants de la psychose du postpartum sont un état d’esprit excité, exalté ou euphorique, la sensation de ne pas avoir besoin de dormir ou l’incapacité à dormir, l’hyperactivité et la logorrhée. Dans d’autres cas, elle peut se manifester sous la forme d’une dépression sévère avec idées délirantes, hallucinations auditives (la patiente entend des voix), mutisme, engourdissement mental et état de stupeur. Ces symptômes, déjà perturbants par eux-mêmes, peuvent aussi conduire à des comportements dangereux : suicide, négligence de l’enfant et maltraitance, voir infanticide dans les cas extrêmes. Sans traitement, la psychose du postpartum peut durer plusieurs mois, mais une prise en charge selon les méthodes modernes fait généralement disparaître les symptômes au bout de quelques semaines et réduisent le risque de préjudice pour la mère et le bébé.
Outre le traitement, la prévention pourrait sauver des vies de mères et d’enfants, améliorer la relation mère-enfant et améliorer les relations au sein de la famille. Les interventions en prévention de la psychose postpartum visent à identifier les femmes présentant des facteurs de risque, à reconnaître à temps une psychose imminente par le dépistage, et à mettre en place un traitement médicamenteux préventif.  

Cette revue a examiné les meilleures preuves disponibles sur les interventions visant à prévenir la psychose du postpartum. Malheureusement, nous n’avons trouvé aucune étude à y inclure. Cette revue soulève néanmoins beaucoup de questions sans réponse et suggère fortement que des recherches futures sur la psychose postpartum seraient grandement nécessaires. Malgré l’intérêt croissant porté à la santé mentale des femmes, les connaissances et les recherches sur la psychose d postpartum sont encore très limitée. Des études bien conçues, bien menées et bien rapportées sont nécessaires pour aider à améliorer la prévention des symptômes et le traitement des femmes souffrant de psychose postpartum.

Ce résumé en langage simplifié a été rédigé par Benjamin Gray, expert représentant des usagers de ce service, membre de l’association Rethink Mental Illness.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue n’est pas vide pour autant : elle est pleine des questions. Malgré l’intérêt croissant porté à la santé mentale des femmes, la littérature consacrée à la psychose du postpartum est encore très limitées. Il semble que les praticiens n’aient pas d’autre choix que de poursuivre leur pratique actuelle, guidée uniquement par un jugement clinique ajusté à la situation. Les femmes présentant un risque de la psychose du postpartum et leurs familles sont déçues par la médecine et la recherche, et elles ont raison. Une recherche post hoc dans PubMed (sans spécifier de méthodologie) a principalement identifié des séries de cas. Il n’existe aucune preuve sur laquelle fonder des recommandations de santé publique. Il ne fait aucun doute que les interventions en prévention des psychoses du postpartum sont difficiles à justifier avec assurance sans études randomisées bien conçues, bien menées et bien rapportées. Les publications disponibles suggèrent que de telles études sont possibles ; ces travaux pourraient devenir une priorité dans le financement de la recherche.

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Contexte: 

La psychose du postpartum affecte 1 à 2 mères sur 1000 après l’accouchement dans le monde et peut être dangereuse pour la vie de la mère et de l’enfant. Elle apparaît brutalement au cours du mois suivant l’accouchement. La nouvelle accouchée développe rapidement une psychose constituée, des troubles cognitifs et une désorganisation du comportement. Différents facteurs augmentent le risque de psychose du postpartum : primipares célibataires, âge avancé, antécédents psychiatriques ou antécédents familiaux de psychose affective, dépression prénatale, dysthyroïdies auto-immunes. Le risque de récidive après un nouvel accouchement est de 25 % à 57 %. Les interventions en prévention de la psychose du postpartum visent à identifier les femmes présentant des facteurs de risque, à détecter à temps rapidement une psychose imminente au moyen du dépistage et à mettre en place un traitement médicamenteux préventif. Des médicaments stabilisateurs de l’humeur et/ou antipsychotiques et un traitement hormonal peuvent être bénéfiques dans la prévention des épisodes psychotiques du postpartum chez les femmes à risque.

Objectifs: 

Examiner les meilleures preuves disponibles pour les interventions visant à prévenir la psychose du postpartum.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la schizophrénie et le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) en octobre 2012, en utilisant la stratégie de recherche du groupe Cochrane sur la schizophrénie.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés pertinents pour la prévention de la psychose du postpartum.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de revue ont examiné toutes les références bibliographiques pour assurer une sélection fiable. Nous avions prévu, après avoir inclus les essais pertinents, d’évaluer la qualité méthodologique des essais identifiés en utilisant les critères recommandés dans le Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions. Deux auteurs de revue ont extrait les données de manière indépendante. Pour les données dichotomiques homogènes, nous avions prévu de calculer le risque relatif (RR), l’intervalle de confiance (IC) à 95 %, ainsi que le nombre de sujets à traiter et le nombre nécessaire pour nuire (NST/NNN) en intention de traiter.

Résultats principaux: 

Il n’y a pas d’études incluses dans cette revue. La recherche électronique a donné trois références pertinentes, parmi lesquelles nous avons identifié deux projets d’essais anciens qui ne semblent pas avoir été réalisés, et une étude qui nous avons exclue car il s’agissait d’un rapport de série de cas.

Notes de traduction: 
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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.