Exercices physiques après une résection pulmonaire chez des personnes atteintes du cancer bronchopulmonaire non à petites cellules

Après une chirurgie pulmonaire pour un cancer bronchopulmonaire non à petites cellules (CBNPC), les personnes sont moins capables de pratiquer des exercices physiques et subissent une aggravation de leur qualité de vie liée à l’état de santé (HRQoL). Il s'avère que les exercices physiques sont efficaces pour améliorer à la fois la capacité à pratiquer des exercices physiques et la qualité de vie liée à l’état de santé (HRQoL) chez les personnes souffrant de certaines maladies pulmonaires chroniques, telles que l'emphysème et la bronchite chronique, ainsi que chez les personnes atteintes du cancer de la prostate et du sein. Toutefois, les effets des exercices physiques chez les personnes atteintes de CBNPC après une chirurgie pulmonaire ne sont pas clairement établis.

Cette revue a inclus des données provenant de 178 participants recrutés dans trois études. La qualité globale des preuves était médiocre compte tenu du faible nombre d'études éligibles à l'inclusion ainsi que des limitations de leur méthodologie. Les résultats de notre revue ont montré que, après la pratique d'exercices physiques, la capacité à pratiquer des exercices physiques était significativement plus grande dans le groupe ayant bénéficié de l'intervention comparé au groupe témoin (personnes qui n'ont pas bénéficié de séances d'exercices physiques). Toutefois, cette revue n'a pas démontré d'amélioration de la qualité de vie liée à l’état de santé (HRQoL), de la fonction pulmonaire ou de la force des muscles des jambes.

Il se peut que la pratique d'exercices physiques améliore la capacité à pratiquer des exercices physiques chez les personnes atteintes de CBNPC après une chirurgie pulmonaire.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves résumées dans notre revue suggèrent que la pratique d'exercices physiques peut potentiellement accroître la capacité à pratiquer des exercices physiques chez les personnes atteintes de CBNPC après une résection pulmonaire. Les conclusions de notre revue systématique doivent être interprétées avec prudence en raison des disparités entre les études, des limitations méthodologiques, de certains risques de biais significatifs et des petits effectifs. Cette revue systématique souligne la nécessité de réaliser des ECR à plus grande échelle.

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Contexte: 

La diminution de la capacité à pratiquer des exercices physiques et la dégradation de la qualité de vie liée à l’état de santé (HRQoL) sont courantes chez les personnes atteintes de cancer bronchopulmonaire non à petites cellules (CBNPC) après une résection pulmonaire. Il a été démontré que la pratique d'exercices physiques confère des améliorations de la capacité à pratiquer des exercices physiques et de la qualité de vie liée à l’état de santé (HRQoL) chez les personnes atteintes de toute une série de pathologies chroniques, incluant la bronchopneumopathie chronique obstructive et l'insuffisance cardiaque, ainsi que chez les personnes atteintes des cancers tels que le cancer de la prostate et du sein. Il est possible qu'un programme d'exercices physiques destiné aux personnes atteintes de CBNPC après une résection pulmonaire confère d'importantes améliorations de ces critères de jugement. À ce jour, les preuves de son efficacité dans cette population ne sont pas clairement établies.

Objectifs: 

Le premier objectif de cette étude était de déterminer les effets de la pratique d'exercices physiques sur la capacité à pratiquer des exercices physiques chez les personnes atteintes de CBNPC après une résection pulmonaire (avec ou sans chimiothérapie). Les objectifs secondaires étaient de déterminer les effets sur d'autres critères de jugement tels que la qualité de vie liée à l’état de santé (HRQoL), la fonction pulmonaire (volume expiratoire forcé en une seconde (VEMS)), la force musculaire périphérique, la dyspnée et la fatigue ainsi que des sentiments d'anxiété et de dépression.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2013, numéro 2 sur 12), MEDLINE (via PubMed) (de 1966 à février 2013), EMBASE (via Ovid) (de 1974 à février 2013), SciELO (The Scientific Electronic Library Online) (de 1978 à février 2013) ainsi que PEDro (Physiotherapy Evidence Database) (de 1980 à février 2013).

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés (ECR) dans lesquels les participants aux études atteints de CBNPC, ayant récemment subi une résection pulmonaire, ont été assignés dans des groupes soit pour bénéficier de séances d'exercices physiques soit pour ne pas pratiquer d'exercices physiques.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont passé au crible les études et ont identifié celles qui pouvaient être incluses. Des méta-analyses ont été effectuées au moyen des données post-intervention pour les études dans lesquelles aucune différence n'avait été rapportée entre le groupe bénéficiant de séances d'exercices physiques et le groupe témoin soit : (i) avant la résection pulmonaire, soit (ii) après la résection pulmonaire mais avant le début de la période de l'intervention. Même si deux études ont rapporté des mesures de la force des quadriceps à la fin de la période de l'intervention, la méta-analyse n'a pas été effectuée sur ce critère de jugement étant donné que l'une des deux études a mis en évidence des différences significatives entre le groupe bénéficiant de séances d'exercices physiques et le groupe témoin à l'état basal (après la résection pulmonaire).

Résultats principaux: 

Nous avons identifié trois ECR impliquant 178 participants. Trois des sept domaines inclus dans le tableau des 'sept domaines fondés sur les preuves' de la Cochrane Collaboration étaient identiques dans leur évaluation dans les trois études (génération de séquences aléatoires, assignation secrète et mise en aveugle des participants et du personnel). Le domaine qui a subi la plus grande variation était ‘l'évaluation de la mise en aveugle des critère de jugement’ dans laquelle il a été considéré qu'une étude présentait un risque de biais faible, qu'une étude présentait un risque de biais indéterminé et que la dernière présentait un risque de biais élevé. À la fin de la période de l'intervention, la capacité à pratiquer des exercices physiques telle que mesurée par la distance de marche de six minutes était statistiquement plus grande dans le groupe bénéficiant de l'intervention comparé au groupe témoin (différence moyenne (DM) 50,4 m ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 15,4 à 85,2 m). Aucune différence entre les groupes n'a été observée au niveau de la qualité de vie liée à l’état de santé (HRQoL) (différence moyenne standardisée (DMS) 0,17 ; IC à 95 % -0,16 à 0,49) ou VEMS) (DM -0,13 l ; IC à 95 % -0,36 à 0,11 l). À la fin de la période de l'intervention, aucune différence au niveau de la force des quadriceps n'a été mise en évidence.

Notes de traduction: 
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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.