Anti-facteur de croissance endothéliale vasculaire pour le traitement de l'œdème maculaire secondaire à l'occlusion de branche veineuse rétinienne

Quel est le but de cette revue ?
Le but de cette revue Cochrane était de découvrir si l’anti-facteur de croissance endothéliale vasculaire (anti-VEGF) est efficace pour le traitement de l’œdème maculaire (OM) secondaire à l'occlusion d’une branche veineuse rétinienne (OBVR). Les chercheurs de Cochrane ont rassemblé et analysé toutes les études pertinentes pour répondre à cette question et en ont trouvé huit.

Messages clés
L'étude montre que les personnes souffrant d'un OM dû à l’OBVR bénéficient d'un traitement aux anti-VEGF et ont une chance accrue d'améliorer leur vision à six et douze mois par rapport à l'absence de traitement, au laser ou à l'injection de stéroïdes.

Qu'étudie cette revue ?
Il existe de petits vaisseaux sanguins à l'arrière de l'œil (rétine) appelés artères (par lesquelles sang entre dans l'œil) et veines (par lesquelles le sang quitte l'œil). L’OBVR se produit lorsqu'une veine qui draine une partie de la rétine se bouche. Cela peut entraîner un gonflement (œdème) à l'arrière de l'œil qui peut se traduire par une perte de vision, en particulier s'il se produit au centre de la rétine (macula).

L'une des options de traitement de l’OM due à l’OBVR est l'injection d'anti-VEGF. Le facteur de croissance endothéliale vasculaire (VEGF) est une molécule que l'on trouve au fond de l'œil et qui est associée à l'inflammation. L'anti-VEGF bloque l'action du VEGF, ce qui peut contribuer à réduire la gravité des lésions. Il est important de traiter les OM dues à l’OBVR car cela peut prévenir la perte de la vue.

Les médicaments anti-VEGF les plus couramment utilisés sont :

∙ le ranibizumab (Lucentis)
∙ l’aflibercept (Eylea)
∙ le bevacizumab (Avastin)

Quels sont les principaux résultats de la revue?
Les chercheurs de Cochrane ont trouvé huit études pertinentes. Ces études ont eu lieu en Europe, en Amérique du Nord, dans la région de la Méditerranée orientale et en Asie de l'Est.

Une étude a comparé les anti-VEGF à l'absence de traitement (injection factice) ; trois études ont comparé les anti-VEGF à un autre type de traitement (laser) ; et quatre études ont comparé les anti-VEGF aux stéroïdes. Les chercheurs Cochrane sont parvenus aux conclusions suivantes :

∙ Les personnes traitées avec un anti-VEGF étaient plus susceptibles d'avoir une meilleure vision et moins de gonflement à l'arrière de l'œil six mois après le traitement, par rapport aux personnes qui n'ont pas été traitées avec un anti-VEGF ou qui ont été traitées avec un laser ou des stéroïdes (données probantes d’un niveau de confiance modéré).

∙ En général, il n'y avait que des données probantes d’un niveau de confiance très faible sur les effets indésirables (préjudices) du traitement anti-VEGF comparativement à ces autres traitements. Aucun cas d'infection oculaire (endophtalmie) n'a été constaté. Il y avait des données probantes indiquant que les personnes traitées par des stéroïdes (injectés dans l'œil) étaient plus susceptibles de développer une cataracte ou une pression accrue dans l'œil que les personnes traitées par des anti-VEGF.

∙ Le traitement par les anti-VEGF a été associé à une plus grande amélioration de la qualité de vie (niveau de confiance modéré).

Cette revue est-elle à jour ?
Les chercheurs de Cochrane ont recherché des études qui avaient été publiées jusqu'en juin 2019.

Conclusions des auteurs: 

Les données probantes issues d’essais contrôlés randomisés disponibles suggèrent que le traitement de l’œdème maculaire secondaire à l’occlusion d’une branche veineuse rétinienne par un agent anti-facteur de croissance endothéliale améliore les résultats visuels et anatomiques à six et à douze mois.

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Contexte: 

L'occlusion de branche veineuse rétinienne (OBVR) est l'une des anomalies vasculaires rétiniennes les plus courantes. La cause la plus fréquente de perte visuelle chez les personnes atteintes d’OBVR est l'œdème maculaire (OM). Il a été démontré que la photocoagulation laser en grille ou focale réduit le risque de perte visuelle. Il existe toutefois des limites à ce traitement et des modalités plus récentes pourraient avoir une efficacité égale ou supérieure. La thérapie antiangiogénique avec l’anti-facteur de croissance endothéliale vasculaire (anti-VEGF) a récemment été utilisée avec succès pour traiter l'OM résultant de diverses causes.

Objectifs: 

Étudier l'efficacité et recueillir des données probantes à partir d'essais contrôlés randomisés (ECR) sur les risques potentiels des agents anti-facteur de croissance endothéliale vasculaire (VEGF) pour le traitement de l'œdème maculaire (OM) secondaire à l'occlusion d’une branche veineuse rétinienne (OBVR).

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (qui contient le registre des essais du groupe Cochrane sur l’ophtalmologie) (2019, numéro 6) ; MEDLINE Ovid ; Embase Ovid ; le registre ISRCTN ; ClinicalTrials.gov ; et le système d’enregistrement international des essais cliniques (ICTRP) de l’OMS. La date de la dernière recherche était le 12 juin 2019.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tout essai contrôlé randomisé (ECR) portant sur l’OBVR. Les essais admissibles devaient avoir un suivi d'au moins six mois et devaient comparer le traitement anti-VEGF à un autre traitement, à l'absence de traitement ou à un placebo. Nous avons exclu les essais où des traitements combinés (anti-VEGF combinés à d'autres traitements) ont été utilisés, ainsi que les essais qui ont examiné la dose et la durée du traitement sans groupe de comparaison (autre traitement, absence de traitement ou placebo).

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment extrait les données en utilisant les procédures méthodologiques standard attendues par Cochrane. Le principal critère de jugement était la proportion de participants présentant une amélioration par rapport à l’inclusion de la meilleure acuité visuelle corrigée supérieure ou égale à 15 lettres (3 lignes) sur l’échelle de l'étude sur le traitement précoce de la rétinopathie diabétique (Early Treatment in Diabetic Retinopathy Study, ETDRS) à six mois et 12 mois de suivi. Les critères de jugement secondaires étaient la proportion de participants ayant une diminution supérieure ou égale à 15 lettres (3 lignes) sur l’échelle ETDRS et le changement de l'acuité visuelle moyenne à six et 12 mois, ainsi que le changement de l'épaisseur de la rétine centrale sur la tomographie par cohérence optique par rapport à l’inclusion à six et 12 mois. Nous avons également recueilli des données sur les événements indésirables et la qualité de vie (QdV).

Résultats principaux: 

Nous avons trouvé huit ECR portant sur 1631 participants qui répondaient aux critères d'inclusion après un examen indépendant et en double des résultats de la recherche. Ces études ont eu lieu en Europe, en Amérique du Nord, dans la région de la Méditerranée orientale et en Asie de l'Est. Les participants étaient des adultes de 18 ans ou plus ayant une acuité visuelle de 20/40 ou moins. Les études variaient en termes de durée de la maladie mais acceptaient les yeux déjà traités auparavant à condition qu'il y ait un intervalle suffisant sans traitement. Tous les agents anti-VEGF (bevacizumab, ranibizumab et aflibercept) et les stéroïdes (triamcinolone et dexaméthasone) ont été inclus. Dans l'ensemble, nous avons jugé que les études présentaient un risque de biais modéré ou peu clair. Dans quatre des huit études, soit les participants, soit les évaluateurs, ou les deux, n’étaient pas en aveugle.

Un essai a comparé l'anti-VEGF à un placebo. À six mois, les yeux recevant un traitement anti-VEGF étaient significativement plus susceptibles d'avoir une amélioration de 15 lettres ou plus sur l’échelle ETDRS (risque relatif (RR) 1,72, intervalle de confiance (IC) à 95% 1,19 à 2,49 ; 283 participants ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). L’acuité visuelle moyenne était meilleure dans le groupe anti-VEGF à six mois par rapport au groupe témoin (différence moyenne (DM) 7,50 lettres, IC à 95 % 5,29 à 9,71 ; 282 participants ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). L'anti-VEGF s'est également avéré plus efficace pour réduire l’épaisseur de la rétine centrale à six mois (DM -57,50 microns, IC à 95 % -108,63 à -6,37 ; 281 participants ; une épaisseur de la rétine centrale plus faible est meilleure ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). Les données probantes relatives aux effets indésirables n’étaient que d’un niveau de confiance très faible. Aucun cas d'endophtalmie n'a été rapporté. L'évolution moyenne de la qualité de vie (mesurée à l'aide du questionnaire VFQ-25, ou Visual Functioning Questionnaire, du National Eye Institute) était meilleure chez les personnes traitées par un anti-VEGF que chez celles traitées par un placebo (DM score supérieur de 7,6, IC à 95 % de 4,3 à 10,9 ; 281 participants ; données probantes d’un niveau de confiance modéré).

Trois ECR ont comparé l'anti-VEGF au laser maculaire (nombre total de participants = 473). La proportion d'yeux avec une amélioration de 15 lettres ou plus était plus importante dans le groupe anti-VEGF à six mois (RR 2,09, IC à 95 % 1,44 à 3,05 ; 2 études, 201 participants ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). L’acuité visuelle moyenne dans les groupes anti-VEGF était meilleure que celle des groupes laser à six mois (DM 9,63 lettres, IC à 95 % 7,23 à 12,03 ; 3 études, 473 participants ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). On a constaté une plus grande réduction de l’épaisseur de la rétine centrale dans le groupe anti-VEGF par rapport au groupe laser à six mois (DM -147,47 microns, IC à 95 % -200,19 à -94,75 ; 2 études, 201 participants ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). Les données probantes relatives aux effets indésirables n’étaient que d’un niveau de confiance très faible. Aucun cas d'endophtalmie n'a été rapporté. Les critères de jugement en matière de qualité de vie n'ont pas été rapportés.

Quatre études ont comparé l'anti-VEGF à un stéroïde intravitréen (875 participants). La proportion d'yeux avec une amélioration de 15 lettres ou plus sur l’échelle ETDRS était plus importante dans le groupe anti-VEGF à six mois (RR 1,67, IC à 95 % 1,33 à 2,10 ; 2 études, 330 participants ; données probantes d’un niveau de confiance élevé) et à 12 mois (RR 1,76, IC à 95 % 1,36 à 2,28 ; 1 étude, 307 participants ; données probantes d’un niveau de confiance élevé). L’acuité visuelle moyenne était meilleure dans le groupe anti-VEGF à six mois (DM 8,22 lettres, IC à 95 % 5,69 à 10,76 ; 2 études, 330 participants ; données probantes d’un niveau de confiance élevé) et à 12 mois (DM 9,15 lettres, IC à 95 % 6,32 à 11,97 ; 2 études, 343 participants ; données probantes d’un niveau de confiance élevé). L’épaisseur moyenne de la rétine centrale a également montré une plus grande réduction dans le bras anti-VEGF à 12 mois par rapport au stéroïde intravitréen (DM -26,92 microns, IC à 95 % -65,88 à 12,04 ; 2 études, 343 participants ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). Les personnes recevant un anti-VEGF ont montré une plus grande amélioration de la qualité de vie à 12 mois par rapport à celles recevant un stéroïde (DM 3,10, IC à 95 % 0,22 à 5,98 ; 1 étude, 307 participants ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). Des données probantes d’un niveau de confiance modéré suggèrent un risque accru de cataracte et de pression intraoculaire élevée avec les stéroïdes. Les données probantes relatives aux événements APTC (événements thromboemboliques artériels tels que définis par l’Anti-Platelet Trialists' Collaboration) n’étaient que d’un niveau de confiance très faible. Aucun cas d'endophtalmie n'a été observé.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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