(Chimio)-embolisation transartérielle pour le traitement des métastases hépatiques

Les tumeurs hépatiques primaires et les métastases hépatiques du cancer colorectal sont les deux tumeurs malignes les plus courantes qui touchent le foie. Le foie est tout juste derrière les ganglions lymphatiques au rang des sites les plus courants pour la maladie métastatique. Plus de la moitié des patients atteints de maladie métastatique hépatique décèderont de complications métastatiques.

La chimio-embolisation se fonde sur le fait que l'apport sanguin vers les tumeurs hépatiques provient majoritairement de l'artère hépatique. Par conséquent, l'embolisation de l'artère hépatique peut conduire à la mort sélective de la tumeur hépatique tout en n'affectant pratiquement pas les tissus normaux de l'organe.

Un essai clinique randomisé comparant l'embolisation de l'artère hépatique à un témoin est inclus dans la revue ; 22 patients ont reçu une embolisation de l'artère hépatique et 20 ont reçu une intervention témoin. L'essai a été jugé comme présentant un risque élevé d'erreurs systématiques (c'est-à-dire une surestimation des effets bénéfiques et une sous-estimation des effets nocifs). De plus, l'essai a porté sur un si petit nombre de patients qu'il comporte un risque élevé d'erreurs aléatoires (c'est-à-dire d'erreurs dues au hasard).

Sur la base d'un essai randomisé réalisé à petite échelle qui ne décrivait pas en détail la procédure de randomisation et n'est probablement pas dépourvu d'un biais de notification sélective des critères d'évaluation, on peut conclure à l'absence d'effets bénéfiques ou nocifs significatifs observés chez les patients souffrant de métastases hépatiques sur la survie ou sur la récidive extrahépatique entre le groupe d'embolisation et le groupe témoin ou le groupe en soins palliatifs. La chimio-embolisation ne peut pas être recommandée en dehors des essais cliniques randomisés.

Conclusions des auteurs: 

Sur la base d'un essai randomisé réalisé à petite échelle qui ne décrivait pas la génération de séquence, l'assignation secrète ou l'aveugle, on peut conclure que, chez les patients présentant des métastases hépatiques, aucun bénéfice significatif pour la survie ni aucun bénéfice pour la récidive extrahépatique n'ont découverts dans le groupe d'embolisation comparé au groupe en soins palliatifs. La probabilité de biais de notification sélective des critères d'évaluation dans l'essai est élevée. Actuellement, la (chimio)-embolisation transartérielle ne peut pas être recommandée en dehors des essais cliniques randomisés.

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Contexte: 

Les tumeurs hépatiques primaires et les métastases hépatiques du cancer colorectal sont les deux tumeurs malignes les plus courantes qui touchent le foie. Le foie est tout juste derrière les ganglions lymphatiques au rang des sites les plus courants pour la maladie métastatique. Plus de la moitié des patients atteints de maladie métastatique hépatique décèderont de complications métastatiques. La chimio-embolisation se fonde sur le fait que l'apport sanguin vers les tumeurs hépatiques provient majoritairement de l'artère hépatique. Par conséquent, l'embolisation de l'artère hépatique peut conduire à la nécrose sélective de la tumeur hépatique tout en n'affectant pratiquement pas le parenchyme normal.

Objectifs: 

Étudier les effets bénéfiques et nocifs de la chimio-embolisation transartérielle comparé à l'absence d'intervention ou à l'intervention par placebo chez les patients souffrant de métastases hépatiques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais contrôlés du groupe Cochrane des affections hépato-biliaires, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans The Cochrane Library, MEDLINE, EMBASE, le Science Citation Index Expanded, LILACS, et CINAHL jusqu'en décembre 2012.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais cliniques randomisés évaluant les effets bénéfiques et nocifs de la (chimio)-embolisation transartérielle comparé à l'absence d'intervention ou à l'intervention par placebo chez les patients souffrant de métastases hépatiques, indépendamment de l'emplacement de la tumeur primaire.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les informations pertinentes sur les caractéristiques des participants, les interventions, les critères de jugement des études et des données sur les critères de jugement pour notre revue, ainsi que des informations sur la méthodologie et le plan des études. L'évaluation du risque de biais des essais, la vérification du respect des critères d'inclusion et l'extraction des données ont été effectuées par un auteur et contrôlées par un deuxième auteur.

Résultats principaux: 

Un essai clinique randomisé répondait aux critères d'inclusion de la revue. Soixante-et-un patients souffrant de métastases hépatiques colorectales ont été randomisés dans trois groupes d'intervention : 22 ont reçu une embolisation de l'artère hépatique, 19 ont reçu une chimiothérapie par perfusion de l'artère hépatique et 20 ont été randomisés pour recevoir un traitement témoin, décrit comme une « absence d'intervention thérapeutique active, bien qu'un traitement symptomatique ait été fourni lorsque cela était nécessaire ». Du fait que la chimiothérapie par perfusion de l'artère hépatique n'est pas examinée dans cette revue, nous n'avons pas inclus les données de ce groupe d'intervention. Dans les deux groupes restants qui étaient intéressants pour la revue, 43 des participants étaient des hommes et 18 étaient des femmes. La plupart des tumeurs étaient des métastases synchrones concernant jusqu'à 75 % du foie et n'étaient pas résécables. Le risque de biais dans l'essai a été jugé élevé.

Les patients ont été suivis pendant une période minimale de sept mois. La mortalité lors du dernier suivi a été de 86 % (19/22) dans le groupe d'embolisation de l'artère hépatique versus 95 % (19/20) dans le groupe témoin (RR 0,91 ; IC à 95 % 0,75 à 1,1), c'est-à-dire qu'aucune différence statistiquement significative n'a été observée. La survie moyenne après inclusion dans l'essai a été de 7,0 mois (fourchette de 2 à 44) dans le groupe d'embolisation de l'artère hépatique et de 7,9 mois (fourchette de 1 à 26) dans le groupe témoin. Neuf patients sur 22 (41 %) dans le groupe d'embolisation de l'artère hépatique et cinq sur 20 (25 %) dans le groupe témoin ont développé des signes de maladie extrahépatique (RR 1,64 ; IC à 95 % 0,60 à 4,07). Une récidive locale a été notifiée pour 10 patients dans l'essai, sans détails à propos du groupe d'essai. La plupart des patients dans le groupe d'embolisation de l'artère hépatique ont souffert du syndrome post-embolisation (82 %) et un patient a eu un hématome local. Aucun autre événement indésirable n'a été signalé. Les auteurs n'ont pas indiqué s'il y avait des événements indésirables dans le groupe témoin.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.