Accroissement de l'implication de l'homme afin d'améliorer le recours des femmes aux interventions visant à réduire la transmission du VIH de la mère à l'enfant

Au cours de ces dix dernières années, les gouvernements nationaux et les institutions internationales ont renforcé la mise en œuvre des programmes de PTME. Toutefois, la majorité des femmes n'ont toujours pas accès à ces services. En 2010, on dénombrait 390 000 nouveaux cas d'infection du VIH chez les enfants, dont 90 % étaient infectés par transmission verticale. Des recherches ont montré que la peur de la violence ou de l'abandon par les partenaires masculins, les règles culturelles liées au genre et la confusion quant au pouvoir décisionnel des femmes font partie des principales raisons pour lesquelles les femmes n'ont pas accès aux services de PTME. Par conséquent, ces interventions devraient privilégier la promotion de l'égalité des sexes et mieux sensibiliser les hommes, mais aussi les impliquer davantage dans le bien-être familial afin d'améliorer le recours aux services de PTME. Notre objectif était d'évaluer l'efficacité des interventions portant sur l'implication des hommes quant au recours des femmes aux services de PTME dans les pays en développement. 

Nous avons réalisé des recherches exhaustives afin d'identifier des études pertinentes. Nous avons trouvé 3 072 références, mais une seule étude répondait à nos critères. Cette étude a été réalisée en 2003 - 2004 en Tanzanie. Les femmes enceintes du groupe interventionnel recevaient une lettre invitant leurs partenaires masculins à les accompagner lors de leur prochaine visite, au cours de laquelle des conseils et un dépistage volontaire (CDV) du VIH leur étaient proposés soit ensemble, soit individuellement. Les femmes du groupe témoin bénéficiaient de CDV individuels lors de leur première visite. Les proportions de femmes bénéficiant de CDV et venant chercher les résultats de leurs tests du VIH étaient significativement inférieures dans le groupe interventionnel par rapport au groupe témoin. La majorité des femmes du groupe interventionnel ne retournaient pas en clinique pour la visite suivante et la majorité de celles qui y retournaient accompagnées refusaient les services de CDV communs avec leurs partenaires masculins. La lettre d'invitation avait un effet négatif sur le recours à la PTME dans ce contexte. Des études supplémentaires doivent être urgemment réalisées et évaluer différentes interventions afin d'améliorer l'implication des hommes dans la PTME et identifier l'approche la plus efficace pour que les femmes puissent accéder en toute sécurité aux soins pour leur propre santé et accoucher d'enfants non infectés par le VIH.  

Conclusions des auteurs: 

Nous n'avons trouvé qu'une seule étude éligible évaluant l'efficacité de l'implication des hommes dans l'amélioration du recours des femmes aux services de PTME, qui ne privilégiait qu'une partie de la cascade de services de PTME périnataux. Nous avons un besoin urgent d'études de conception plus rigoureuse évaluant l'impact des interventions relatives à l'implication des hommes concernant le recours des femmes aux services de PTME afin de déterminer si cette intervention permet d'améliorer le recours aux services de PTME et réduire la transmission verticale du VIH aux enfants.

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Contexte: 

Malgré des efforts pour accroître le recours aux services de prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME), la couverture est encore insuffisante par rapport à celle souhaitée dans les pays en développement. Le manque d'implication des partenaires masculins dans les services de PTME constitue un obstacle majeur pour que les femmes puissent y accéder.

Objectifs: 

Évaluer l'impact des interventions visant à améliorer l'implication des hommes pour accroître le recours des femmes aux interventions de PTME dans les pays en développement.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données suivantes depuis l'année 2000 jusqu'à novembre 2011 : le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE, PsycINFO, WHO Global Health Library, ClinicalTrials.gov, Current Controlled Trials, les sites Web AEGIS, CROI, IAS et IAC.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR), des essais contrôlés randomisés en cluster, des essais contrôlés quasi randomisés, des études contrôlées avant-après et des études de séries chronologiques interrompues évaluant des interventions visant à accroître l'implication des hommes pour améliorer le recours aux services de PTME dans les pays à revenus faibles et moyens.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs ont indépendamment effectué des recherches, passé en revue les résultats, évalué la qualité méthodologique des études et extrait des données. Un troisième relecteur a permis de résoudre tout désaccord.

Résultats principaux: 

Une seule étude répondait aux critères d'inclusion, un ECR a été réalisé en Tanzanie entre mai 2003 et octobre 2004. Les femmes du groupe interventionnel (n = 760) ont reçu une lettre destinée à leurs partenaires masculins qui les invitait à bénéficier conjointement des services de conseils et de dépistage volontaires en couple (CDVC) du VIH. Les femmes du groupe témoin (n = 761) ont bénéficié individuellement des services de CDV du VIH lors de leur première visite de SPR, puis de soins standard. Les pourcentages de femmes ayant bénéficié des services de CDV du VIH et venant chercher leurs résultats étaient de 48 %, 45 % et 39 % dans le groupe interventionnel et de 93 %, 78 % et 71 % dans le groupe témoin (p < 0,001). Seulement 33 % des femmes du groupe interventionnel revenaient avec leurs partenaires masculins et seulement 47 % d'entre elles ont suivi l'intégrité du processus de CDVC. La proportion des femmes bénéficiant d'une prophylaxie du VIH lors de leur accouchement était identique entre les deux bras (27 % dans le groupe interventionnel et 22 % dans le groupe témoin). L'étude présentait des risques de biais élevés.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.