Prise en charge intégrée de la bronchopneumopathie chronique obstructive

Contexte

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire (pulmonaire) chronique invalidante, qui affecte de nombreuses personnes à travers le monde et entraîne des millions de décès chaque année. Les personnes souffrant de BPCO présentent des niveaux variables de handicap, de problèmes et symptômes quotidiens et d’exacerbations.

Le plus souvent, différents prestataires de soins de santé, tels que médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, fournissent différentes composantes des soins (par exemple médicaments, auto-prise en charge et éducation, rééducation physique) aux personnes souffrant de BPCO. Le but des programmes de prise en charge intégrée de la maladie (PCI) est d’établir un programme des différentes composantes de soins dans le cadre duquel les différents prestataires de soins de santé coopèrent et collaborent pour fournir des soins efficaces et de bonne qualité.

Question

Nous avons voulu déterminer l’effet d’un tel programme sur la qualité de vie, la tolérance à l’effort et le nombre d’exacerbations. Nous avons choisi ces résultats car ce sont les plus important pour les patients atteints de BPCO.

Résultats

Nous avons évalué 26 études portant sur 2997 personnes souffrant de BPCO. Dans l’ensemble, les preuves trouvées étaient de qualité bonne à modérée. Les essais ont été réalisés dans 11 pays différents. L’âge moyen des participants était de 68 ans, 68 % des participants étaient des hommes et la gravite de la BPCO était en moyenne (selon les mesures de la fonction pulmonaire). Certains de ces essais ont été menés dans des maisons médicales et d’autres dans des hôpitaux. Dans l’ensemble, les études étaient d’une qualité méthodologique bonne à modérée.

Les personnes ayant participé à un programme de PCI avaient une meilleure qualité de vie et une tolérance à l’effort améliorée au bout de 12 mois. En outre, chez les participants suivant un tel programme, le nombre d’hospitalisations liées à des exacerbations a diminué et le nombre total de jours à l’hôpital a diminué de trois jours. Nous n’avons trouvé aucune preuve d’un effet sur la mortalité.

Les résultats sont favorables à un programme de PCI pour les personnes atteintes de BPCO, dans le but d’optimiser leur qualité de vie et leur tolérance à l’effort.

Cette résumé en langage simplifié est à jour à la date d’avril 2012.

Conclusions des auteurs: 

Chez ces participants atteints de BPCO, la PCI a permis non seulement d’améliorer la qualité de vie spécifiquement liée à la maladie et la capacité d’effort, mais aussi à réduire les hospitalisations et leur durée.

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Contexte: 

Les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) peuvent présenter des niveaux très variables de symptômes, de gênes et d’altérations du bien-être, ce qui complique souvent leurs soins médicaux. Afin d’améliorer la qualité de vie (QdV) et la tolérance à l’effort tout en réduisant le nombre d’exacerbations, il faut mettre en place un programme multidisciplinaire incluant différents éléments de soins.

Objectifs: 

Évaluer les effets des programmes ou interventions de prise en charge intégrée (PCI) de la maladie (IDM) chez les personnes souffrant de BPCO sur la qualité de vie liée à la santé, la tolérance à l’effort et le nombre d’exacerbations.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d’essais du groupe Cochrane sur les maladies respiratoires, CENTRAL, MEDLINE, EMBASE et CINAHL pour trouver des études potentiellement éligibles (dernière recherche effectuée le 12 avril 2012).

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés évaluant les programmes de PCI pour la BPCO par rapport à un groupe témoin ont été inclus. Les interventions incluses consistaient en programmes de soins multidisciplinaires (deux praticiens ou plus) et multitraitements (deux ou plusieurs composantes), d’une durée d’au moins trois mois.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont évalué indépendamment la qualité des essais et extrait les données ; lorsque cela était nécessaire, nous avons contacté les auteurs pour obtenir des données supplémentaires. Nous avons effectué des méta-analyses en utilisant une modélisation à effets aléatoires. Nous avons réalisé une analyse de sensibilité pour l’assignation sécrète, l’assignation en aveugle de l’évaluation des résultats, le plan d’étude et l’analyse en intention de traiter.

Résultats principaux: 

Un total de 26 essais impliquant 2997 personnes a été inclus, avec un suivi allant de 3 à 24 mois. Les études ont été menées dans 11 pays différents. L’âge moyen des participants inclus était de 68 ans, 68 % étaient de sexe masculin et la moyenne prédite du volume expiratoire maximal-seconde (VEMS) était de 44,3 % (extrêmes de 28 % et 66 %). Les participants ont été traités dans tous les types de d’établissements de soins de santé primaires (n = 8), secondaires (n = 12), tertiaires (n = 1), et à la fois primaires et secondaires (n = 5). Dans l’ensemble, les études étaient de qualité méthodologique moyenne à élevée.

Par rapport aux groupes témoins, la PCI à donné une amélioration statistiquement et cliniquement significative de la qualité de vie liée à la maladie dans tous les domaines du Questionnaire sur les affections respiratoires chroniques après 12 mois : dyspnée (différence moyenne (DM) 1,02 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % de 0,67 à 1,36) ; fatigue (DM 0,82 ; IC à 95 % de 0,46 à 1,17) ; état émotionnel (0,61 ; IC à 95 % de 0,26 à 0,95) et maîtrise (DM 0,75 ; IC à 95 % de 0,38 à 1,12). Le questionnaire SGRQ sur la qualité de vie dans les maladies n’a atteint le niveau de différence cliniquement pertinente de quatre unités que sur la question de l’impact (DM -4,04 ; IC à 95 % de -5,96 à -2,11, P < 0,0001). La PCI a donné une amélioration significative de la qualité de vie liée à la maladie dans le domaine d’activité du SGRQ, avec une DM de -2,70 (IC à 95 % de -4,84 à -0,55, P =0,01). Il n’y a eu aucune différence significative dans le domaine des symptômes du SGRQ, où la DM était de - 2,39 (IC à 95 % de -5,31 à 0,53, P = 0,11). Selon l’approche GRADE, la qualité des preuves apportées par le SGRQ a été jugée étant bonne qualité, et celles du Questionnaire CRQ de qualité modérée. Les participants traités selon un programme de PCI présentaient une amélioration cliniquement pertinente de la distance de marche en six minutes (43,86 mètres) par rapport au groupe témoin après 12 mois (IC à 95 % de 21,83 à 65,89 ; P < 0,001, qualité modérée). Il y a eu une réduction du nombre de participants hospitalisés une ou plusieurs fois en 3 à 12 mois de 27 participants sur 100 dans le groupe témoin à 20 sur 100 (IC à 95 % de 15 à 27) dans le groupe PCI (rapport des cotes de 0,68 ; IC à 95 % de 0,47 à 0,99, P =0,04 ; nombre de sujets à traiter = 15). Le nombre de jours d’hospitalisation était significativement inférieur dans le groupe PCI par rapport au groupe témoin après 12 mois (DM -3,78 jours ; IC à 95 % de -5,90 à -1,67, P < 0,001). Les hospitalisations et le nombre de jours à l’hôpital ont été considérés comme des preuves de grande qualité. Aucun effet indésirable n’a été rapporté dans le groupe d’intervention. Aucune différence entre les groupes n’a été observée sur la mortalité (RC 0,96 ; IC à 95 % 0,52 à 1,74). Il n’y avait pas suffisamment de preuves pour confirmer ou réfuter l’efficacité à long terme de la PCI.

Notes de traduction: 
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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.