Comparaison du flupenthixol avec les antipsychotiques de première génération de faible puissance

Mis sur le marché au Royaume-Uni en 1965, le flupenthixol est utilisé pour traiter la schizophrénie depuis près de cinq décennies. Il est disponible à la fois sous forme de comprimés et de solution injectable à action prolongée. Après avoir fait l'objet de nombreuses études, le flupenthixol a été jugé efficace et bien toléré par les patients schizophrènes. Ses principaux effets secondaires sont des tremblements, une agitation ou une incapacité à rester assis, une sécheresse buccale et une certaine prise de poids. Bien que ce médicament soit disponible depuis des dizaines d'années, il n'existe que peu de revues systématiques à son sujet. Ses effets pour aider les gens à composer avec les symptômes de la schizophrénie ne sont ni mesurés, ni quantifiés ou connus actuellement. Nous n'avons pu inclure dans notre revue qu'une petite étude, limitée et remontant à 13 ans. Le nombre de sujets ainsi que la qualité de l'étude étaient limités. Les auteurs n'ont pas pu évaluer la qualité des preuves concernant leurs critères d'évaluation principaux car l'étude ne rendait pas compte des paramètres d'intérêt de notre « tableau récapitulatif des résultats ». L'étude comparait le flupenthixol à la chlorpromazine. Il n'y avait pas de différence nette d'efficacité et pas non plus d'informations claires sur l'augmentation de l'utilisation des services par les sujets, la satisfaction vis-à-vis du traitement, la qualité de vie, ou encore le coût et la rentabilité. Le flupenthixol est largement disponible et peu coûteux. On peut comprendre qu'il reste l'un des nombreux médicaments utilisés pour traiter les maladies mentales graves. En effet, son utilisation se fonde davantage sur l'expérience clinique, alors que les décisions de psychiatres s'appuient sur des études expérimentales à grande échelle et des informations factuelles. L'efficacité du flupenthixol et ses avantages sur la chlorpromazine restent encore largement inconnus et incomplets. De grands essais randomisés pourraient être utiles pour mieux connaître ce médicament.

Ce résumé en langage simplifié a été rédigé par Benjamin Gray, expert auprès des bénéficiaires du service, Rethink Mental Illness.

Conclusions des auteurs: 

Le corpus de preuves pour le flupenthixol par rapport aux antipsychotiques de faible puissance de première génération est actuellement limité à une comparaison randomisée avec la chlorpromazine. Les rares données rapportées ne suggèrent pas de différence dans l'efficacité, mais le flupenthixol semble produire plus de troubles moteurs et de vertiges, tandis que la chlorpromazine a été associée un effet secondaire anticholinergique : la sécheresse buccale. D'autres essais sont nécessaires pour tirer des conclusions sur les effets relatifs du flupenthixol et des antipsychotiques de faible puissance.

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Contexte: 

Les médicaments antipsychotiques sont la base du traitement de la schizophrénie. Bien que les recommandations de traitement indiquent qu'il n'y a aucune différence d'efficacité entre les différentes molécules, les antipsychotiques de faible puissance sont parfois perçus par les cliniciens comme moins efficaces que les composés de forte puissance, et ils semblent également avoir des effets secondaires différents.

Objectifs: 

Examiner les effets sur la réponse clinique du flupenthixol et d'antipsychotiques de faible puissance chez les personnes atteintes de schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur la schizophrénie (juillet 2010).

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés comparant le flupenthixol à des antipsychotiques de faible puissance de première génération chez des sujets atteints de schizophrénie ou de psychose de type schizophrénique.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait des données de façon indépendante. Pour les données continues, nous avons calculé les différences moyennes (DM) sur la base d'un modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

Le revue inclut actuellement un seul essai randomisé effectué en République populaire de Chine, portant sur 153 participants et d'une durée de deux mois, et comparant le flupenthixol à la chlorpromazine. Les méthodes exactes de génération de séquence et de masquage de la répartition ne sont pas rapportées et le médicament a été administré ouvertement. Il n'y a pas de données sur les critères d'évaluation que nous avions sélectionnés a priori pour établir un tableau récapitulatif des résultats.

Il n'y a pas eu de différence significative entre le flupenthixol et la chlorpromazine dans l'état mental général des participants au point final, mesuré par le score total sur l'échelle d'évaluation psychiatrique BPRS (1 essai contrôlé randomisé (ECR), n = 153, DM 2,20, intervalle de confiance (IC) à 95 % de -1,25 à 5,65). Chlorpromazine a été associée à beaucoup moins d'étourdissements (1 ECR, n = 153, DM 0,12 IC à 95 % de 0,01 à 0,23), de dystonie (1 ECR, n = 153, DM 0,29, IC à 95 % de 0,13 à 0,45), d'instabilité de la marche (1 ECR, n = 153, DM 0,46, IC à 95 % de 0,28 à 0,64), de réduction de l'expressivité faciale (1 ECR, n = 153, DM 0,27, IC à 95 % de 0,09 à 0,45), d'agitation (1 ECR, n = 153, DM 0,69, IC à 95 % de 0,45 à 0,93), de rigidité (coude) (1 ECR, n = 153, DM 0,48, IC à 95 % de 0,28 à 0,68) et de tremblements (1 ECR, n = 153, DM 0,56, IC à 95 % de 0,34 à 0,78). La chlorpromazine a provoqué davantage de sécheresse buccale que le flupenthixol (1 ECR, n = 153, DM -0,14, IC à 95 % de -0,25 à -0,03).

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.