L'utilisation de l'analgésie par prégabaline pour les patients atteints de prostatite chronique / syndrome pelvien douloureux chronique

On a avancé que la prostatite chronique (ou syndrome pelvien douloureux chronique) serait une douleur causée par les nerfs dans ou autour de la prostate. La prégabaline est un anti-douleur spécifiquement destiné aux douleurs névralgiques. C'est pourquoi nous avons passé au crible la littérature afin d'évaluer l'utilisation de la prégabaline pour cette affection et déterminer si elle est supérieure ou non à un placebo.

Nous avons conclu que la prégabaline n'est pas plus efficace que le placebo et qu'elle est associée à des effets indésirables.

Bien qu'aucune preuve concluante ne vienne étayer l'utilisation de la prégabaline, nous recommandons de continuer les recherches.

Conclusions des auteurs: 

Il y a des preuves provenant d'un ECR que la prégabaline n'améliore pas les symptômes de PC/SPDC et provoque des effets indésirables dans un grand pourcentage de cas. Toutefois, des recherches devront encore être menées pour évaluer si la prégabaline peut aider au contrôle des symptômes chez les patients atteints de PC/SPDC.

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Contexte: 

La prostatite chronique / syndrome pelvien douloureux chronique (PC/SPDC) est une affection qui porte atteinte à la qualité de vie des hommes. Les connaissances actuelles laissent apparaître une origine neuropathique et des médicaments tels que la prégabaline pourraient donc aider à en contrôler les symptômes.

Objectifs: 

L'objectif principal était de comparer la prégabaline à d'autres modalités anti-douleur pour l'allègement des symptômes chez les hommes souffrant de PC/SPDC.

L'objectif secondaire était d'évaluer l'innocuité et l'efficacité de la prégabaline pour l'amélioration de divers symptômes en rapport avec la PC/SPDC.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE (de 1966 à mai 2012), EMBASE (de 1980 à mai 2012), CINAHL, Clinicaltrials.gov et Google Scholar, ainsi que dans les références bibliographiques d'articles et de résumés d'actes de conférence, sans aucune restriction de langue, au sujet du traitement par prégabaline de la prostatite et de la PC/SPDC de classe III.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) comparant la prégabaline à un placebo ou à d'autres types d'analgésiques, pour la prise en charge des patients atteints de PC/SPDC. Les patients souffrant de douleur/inconfort de cause connue ont été exclus.

Recueil et analyse des données: 

Un seul ECR a été inclus. L'essai comparait la prégabaline à un placebo pour les patients atteints de PC/SPDC.

Résultats principaux: 

Pour les hommes qui répondaient cliniquement (≥ 6 points d'amélioration), il n'y avait pas de différence entre le groupe à prégabaline (103/218 ; 47,2 %) et celui à placebo (38/106 ; 35,8 %) (risque relatif (RR) 1,32 ; IC à 95 % 0,99 à 1,76). Il y avait moins de douleur avec une plus grande amélioration en points dans le groupe à prégabaline que dans celui à placebo (4,2 points versus 1,7 points, respectivement ; différence moyenne (DM) -2,3 points ; IC à 95 % -4,0 à -0,7 points).

Bien que 59 % (191/324) des patients aient développé des effets secondaires, aucun effet grave n'avait été observé. Il y avait eu significativement plus d'effets secondaires neurologiques dans le groupe à prégabaline que dans le groupe à placebo (38,5 % (84/218) versus 22,6 % (24/106), respectivement ; RR 1,7 ; IC à 95 % 1,15 à 2,51) et moins de douleur dans le groupe à prégabaline que dans celui à placebo (17,4 % (38/218) versus 33,3 % (35/106), respectivement ; RR 0,53 ; IC à 95 % 0,36 à 0,78). Aucune différence significative n'avait cependant été observée entre les groupes à prégabaline et à placebo pour ce qui concerne les troubles gastro-intestinaux (18,3 % (40/218) versus 18,9 % (20/106), respectivement ; RR 0,97 ; IC à 95 % 0,60 à 1,58), les symptômes oculaires/visuels (6,9 % (15/218) versus 2,8 % (3/106), respectivement ; RR 2,43, IC à 95 % 0,72 à 8,22) et les symptômes rénaux/génito-urinaires (5,5 % (12/218) versus 1,9 % (2/106), respectivement ; RR 3,03 ; IC à 95 % 0,67 à 13,79).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.