Traitement de l'épilepsie chez les patients atteints de neurocysticercose

Contexte

La neurocysticercose est une infection courante du cerveau causée par les larves du ténia du porc (Taenia solium) qui migrent vers le cerveau. Les convulsions sont le symptôme le plus fréquent, bien que certains patients puissent présenter des maux de tête, des vomissements ou d'autres symptômes secondaires à l’œdème cérébral.

Cette revue de la littérature porte sur l'utilité des médicaments antiépileptiques (MAE) dans la prévention des crises comitiales chez les patients qui n'ont pas eu de crises mais qui ont présenté ces autres symptômes. Nous avons également examiné l'utilité des MAE chez les personnes souffrant d'épilepsie due à la neurocysticercose en ce qui concerne le choix du médicament, le dosage, la durée du traitement, le coût, les effets secondaires et la qualité de vie.

Caractéristiques des études

Quatre essais portant sur un total de 466 patients ont été examinés, centrés sur la comparaison des "courtes durées" de traitement par MAE et des "longues durées" de traitement par MAE chez les personnes présentant une seule lésion cérébrale. Ces essais ont comparé différentes durées de traitement par MAE : de 6 à 12 mois en traitement de courte durée et de 12 à 24 mois en traitement de longue durée.

Principaux résultats

Aucun avantage statistiquement significatif d'une durée par rapport à une autre durée de traitement par MAE (6, 12 ou 24 mois) n'a pu être démontré. Chez les personnes présentant des kystes calcifiés, une durée de traitement plus longue pourrait être préférable.

Dans les quatre essais cliniques, il s'agissait de patients atteints d'une seule lésion cérébrale. Les résultats de notre étude ne peuvent pas être extrapolés aux patients présentant des kystes multiples ou des kystes dans des parties cérébrales inhabituelles.

Cette revue est à jour en juillet 2019.

Conclusions des auteurs: 

Bien que la neurocysticercose soit la cause la plus fréquente d'épilepsie dans le monde, il n'existe actuellement pas de preuve concernant l'utilisation des MAE comme traitement prophylactique des crises chez les personnes présentant des symptômes autres que des crises comitiales. Pour ceux qui présentent des convulsions, il n'existe aucune preuve fiable quant à la durée du traitement requise. Il est donc nécessaire de procéder à des essais contrôlés randomisés à grande échelle pour répondre à ces questions.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

La neurocysticercose est l'infection parasitaire la plus courante du cerveau. L'épilepsie est la manifestation clinique la plus fréquente, bien que les symptômes puissent également se manifester par des céphalées, des symptômes de l’hypertension intracrânienne, une hydrocéphalie et des symptômes oculaires selon la localisation des kystes parasites. Les anthelminthiques, les anti-œdémateux (tels que les stéroïdes), et les antiépileptiques (MAE) constituent le pilier du traitement.

Il s'agit d'une version mise à jour de la Revue Cochrane originale publiée en 2015 (publication n°10).

Objectifs: 

Évaluer les effets (bénéfiques et délétères) des MAE dans la prévention primaire et secondaire des crises comitiales chez les patients atteints de neurocysticercose.

Pour ce qui est de la prévention primaire, nous avons examiné si les MAE réduisent la probabilité de convulsions chez les patients atteints de neurocysticercose mais qui n'ont pas encore convulsé.

Pour ce qui est de la prévention secondaire, nous avons examiné si les MAE réduisent la probabilité d'autres crises chez les patients qui ont eu au moins une crise attribuable à la neurocysticercose.

Dans le cadre d'études de prévention primaire, nous avons également cherché à déterminer quel MAE s'est avéré bénéfique pour les patients atteints de neurocysticercose en ce qui concerne la durée, la dose et le profil des effets secondaires.

La stratégie de recherche documentaire: 

Pour la dernière mise à jour de cette revue, nous avons effectué le 8 juillet 2019 une recherche dans les bases de données suivantes : Le registre Cochrane des études (CRS Web), MEDLINE (Ovid, 1946 au 5 juillet 2019) et LILACS (1982- ). CRS Web comprend le registre spécialisé du groupe Cochrane sur l’épilepsie, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) et les essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés d'Embase, ClinicalTrials.gov et la plate-forme d'enregistrement internationale des essais cliniques (ICTRP) de l'OMS. Nous avons également vérifié les listes de référence des études identifiées, et nous avons communiqué avec des experts dans le domaine et des collègues pour chercher des études supplémentaires et des renseignements sur les études en cours.

Critères de sélection: 

Études contrôlées randomisées et quasi-randomisées.

Les études en simple aveugle, en double aveugle ou sans insu étaient éligibles.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont examiné toutes les citations pour déterminer leur éligibilité (le premier a examiné les 180 citations initialement identifiées, les deux ont examiné les 48 citations identifiées aux fins de la présente mise à jour). Deux auteurs ont indépendamment extrait les données et évalué le risque de biais de chaque étude.

Résultats principaux: 

Nous n'avons trouvé aucun essai portant sur le rôle des MAE dans la prévention des crises épileptiques chez les personnes atteintes de neurocysticercose et qui présentaient des symptômes autres que les crises elles-mêmes.

Nous n'avons trouvé aucun essai évaluant les MAE individuellement chez les personnes atteintes de neurocysticercose.

Nous avons trouvé un essai comparant deux MAE chez des patients atteints de neurocysticercose, avec lésion unique, et qui présentent des crises épileptiques. Cependant, nous avons exclu cette étude de la revue parce qu'elle était de mauvaise qualité.

Nous avons trouvé quatre essais comparant l'efficacité d'un traitement à court terme par rapport à un traitement à plus long terme par MAE chez des personnes atteintes de neurocysticercose, avec lésion unique (identification par tomodensitométrie) et présentant des crises comitiales. Au total, 466 personnes ont été incluses. Ces études ont comparé différentes durées de traitement par MAE, soit six mois, soit douze mois ou soit vingt-quatre mois. Le risque de récidive des crises convulsives après un traitement de 6 mois comparativement à un traitement de 12 à 24 mois n'était pas statistiquement significatif (rapport de cotes (OR) de 1,34 (intervalle de confiance à 95 % (IC) de 0,73 à 2,47 ; trois études, 360 patients; données peu fiables)). Le risque de récidive des crises convulsives après 6 à 12 mois comparativement à 24 mois de traitement n'était pas statistiquement significatif (OR 1,36 (IC à 95 % : 0,72 à 2,57 ; trois études, 385 participants ; données peu fiables)).

Deux études ont établi un lien entre la récidive des crises convulsives et les résultats de tomodensitométrie. Elles ont suggéré que les lésions persistantes et calcifiées présentaient un risque de récidive plus élevé, et ont également suggéré que la durée du traitement par MAE devait être plus longue. Une étude n'a signalé aucun effet secondaire, tandis que les autres n'ont pas commenté les effets secondaires des médicaments. Aucune des études ne portait sur la qualité de vie des participants, mais elles présentaient certaines lacunes méthodologiques, comme la petite taille de l'échantillon et la possibilité d'un biais dû à l'absence d’aveugle, qui ont une incidence sur les résultats de la revue.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Guillaume Wabont et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.