Hormone de croissance humaine pour traiter les brûlures et les sites donneurs de lambeau cutané

L'hormone de croissance est produite par l'hypophyse. Pendant des décennies, elle n'a pu être obtenue que par extraction à partir d'hypophyses, mais depuis quelques années, elle est produite par génie génétique et est disponible pour les traitements sous la forme de l'hormone de croissance humaine recombinante (rhGH). L'objectif de cette revue était de déterminer les effets de la rhGH lorsqu'elle est utilisée pour traiter les brûlures et les sites donneurs de lambeau cutané et de déterminer son innocuité comparé à d'autres traitements.

Une brûlure qui touche plus de 40 % de la surface corporelle totale affecte le corps entier. Chez les personnes souffrant de ce type de brûlures étendues, le métabolisme augmente, comme cela est indiqué par une fréquence cardiaque plus rapide. Cet état de métabolisme accru s'appelle l'hypermétabolisme. L'hypermétabolisme consomme d'importantes quantités d'énergie. Une partie de cette énergie est obtenue par la rupture des propres muscles du patient, ce qui entraîne une émaciation. Cette dissociation des tissus en molécules plus petites pour libérer de l'énergie est appelée le catabolisme. Cependant, le catabolisme ne fournit pas suffisamment d'énergie pour l'état hypermétabolique. Cette pénurie d'énergie et de molécules plateforme allonge la durée de guérison des brûlures et des sites donneurs. Chez l'enfant, cette pénurie conduit également à un retard de croissance. Cet état catabolique peut être traité avec des agents anabolisants qui inversent la dissociation des protéines. L'un des agents anabolisants recommandés pour cette approche de traitement est l'hormone de croissance recombinante.

Nous avons trouvé 13 essais contrôlés randomisés (ECR) impliquant 701 participants pouvant être inclus dans cette revue. Il existe des preuves indiquant que le traitement à l'hormone de croissance humaine recombinante chez des personnes ayant des brûlures recouvrant plus de 40 % de la surface corporelle totale permet aux brûlures et aux sites donneurs de guérir plus rapidement et réduit la durée de l'hospitalisation, sans accroître la mortalité ou augmenter les cicatrices. Il nous a été difficile d'évaluer la qualité de ces études en raison de l'insuffisance des données rapportées, par conséquent, nous ne pouvons avoir une totale confiance dans leurs résultats.

Conclusions des auteurs: 

Il existe des preuves indiquant que l'utilisation de la rhGH chez des personnes souffrant de brûlures étendues (plus de 40 % de la surface corporelle totale) pourrait entraîner une cicatrisation plus rapide des brûlures et des sites donneurs chez l'adulte et l'enfant, ainsi qu'une durée d'hospitalisation réduite, sans augmentation de la mortalité ou des cicatrices, mais avec un risque accru d'hyperglycémie. Ces preuves se basent sur des études ayant des échantillons de petite taille et présentant un risque de biais, et nécessitent une confirmation par des essais de meilleure qualité et d'une puissance adéquate.

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Contexte: 

L'hormone de croissance humaine recombinante (rhGH) augmente la synthèse des protéines, par conséquent, elle est utilisée dans le cas des brûlures de plus de 40 % de la surface corporelle totale (SCT) où on observe souvent une augmentation de la dissociation des protéines et une baisse de la synthèse de protéines. Ce changement dans le métabolisme des protéines s'accompagne d'une mauvaise cicatrisation des brûlures et des sites donneurs.

Objectifs: 

Déterminer les effets de la rhGH sur la vitesse de cicatrisation des brûlures et des sites donneurs chez les personnes souffrant de brûlures.

La stratégie de recherche documentaire: 

Pour cette première mise à jour, nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les plaies et contusions (4 septembre 2014) ; le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane 2014, numéro 8) ; la base des résumés des revues systématiques hors Cochrane (DARE) (Bibliothèque Cochrane 2014, numéro 3) ; Ovid MEDLINE (de 1950 à la 4ème semaine de septembre 2014) ; Ovid MEDLINE In-Process & Other Non-Indexed Citations (8 septembre 2014) ; Ovid EMBASE (de 1980 à la semaine 35 de 2014) ; et EBSCO CINAHL (de 1982 au 8 septembre 2014).

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR) comparant la rhGH à une intervention de comparaison, par ex. l'oxandrolone ou un placebo, chez l'adulte ou l'enfant souffrant de brûlures.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont sélectionné les études, évalué leur qualité méthodologique et extrait des données de manière indépendante. Les critères de jugement primaires étaient la cicatrisation des brûlures et des sites donneurs et les infections des plaies. Les critères de jugement secondaires étaient le taux de mortalité, la durée d'hospitalisation, l'évaluation des cicatrices et les événements indésirables (hyperglycémie et sepsis).

Résultats principaux: 

 Nous avons inclus 13 ECR (soit 701 personnes). Six des ECR n'incluaient que des enfants de 1 à 18 ans et sept n'impliquaient que des adultes (de 18 à 65 ans). La SCT moyenne des participants inclus était supérieure à 49 %. Douze études comparaient la rhGH à un placebo et une étude comparait la rhGH à l'oxandrolone. Deux essais ont trouvé que, par rapport au placebo, les brûlures chez l'adulte traité à la rhGH guérissaient plus rapidement (de 9,07 jours ; intervalle de confiance (IC) à 95 % de 4,39 à 13,76, I² = 0 %). Le temps de guérison des sites donneurs a été sensiblement plus court chez les adultes traités à la rhGH comparé aux participants traités avec un placebo (de 3,15 jours ; IC à 95 % de 1,54 à 4,75, I² = 0 %). Deux études chez l'enfant avec le critère de jugement du temps de guérison des sites donneurs ont pu être combinées et le temps de guérison des sites donneurs a été plus court chez les enfants traités à la rhGH (de 1,70 jours ; IC à 95 % de 0,87 à 2,53, I² = 0 %). Aucune étude rendant compte du critère de jugement d'infection des plaies n'a été trouvée. L'incidence de l'hyperglycémie a été plus élevée chez les adultes durant le traitement à la rhGH comparativement au placebo (risque relatif (RR) 2,43 ; IC à 95 % de 1,54 à 3,85), mais pas chez les enfants. Le regroupement des études chez l'adulte et l'enfant a donné une incidence de l'hyperglycémie sensiblement plus élevée chez les participants traités à la rhGH (RR 2,65 ; IC à 95 % de 1,68 à 4,16).

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.