La faible concentration en oxygène pour la culture d'embryons dans la fécondation in vitro

Les couples qui ont des difficultés à concevoir sont couramment orientés vers les technologies de procréation assistée comme la fécondation in vitro (FIV) et l'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (IICS) pour mettre en route une grossesse. Plus de 3,5 millions de bébés sont nés à travers le monde à l'aide de procédures de FIV et d'IICS. Un des principaux axes de recherche en médecine reproductrice concerne l'optimisation de la réussite des traitements de FIV et d'IICS. Dans ce cadre, certains se sont concentrés sur ​​l'amélioration de l'environnement in vitro auquel les embryons humains sont exposés avant leur implantation dans l'utérus. Une composante importante de cet environnement in vitro est la concentration en oxygène. Traditionnellement, les embryons ont été cultivés dans des conditions atmosphériques de concentration en oxygène (~ 20 %), probablement parce que la culture sous moindre concentration en oxygène implique des frais supplémentaires. Il y a eu récemment une évolution vers l'utilisation de plus faibles concentrations d'oxygène (~ 5 %) car celles-ci s'apparentent plus à la concentration en oxygène en milieu naturel (de 2 % à 8 %). Les études cliniques qui se sont intéressées à l'effet de la culture d'embryons dans des conditions de moindre concentration en oxygène sur la réussite des procédures de FIV et d'IICS ont abouti à des résultats contradictoires. C'est pourquoi nous avons effectué une revue systématique de la littérature avec méta-analyse afin de trouver les meilleures données probantes disponibles. Cela a montré que cultiver les embryons sous faible concentration en oxygène améliore effectivement les critères de résultat cliniques après FIV et IICS, comme le nombre d'accouchements (taux de naissances vivantes) et les taux de grossesses en cours et de grossesses cliniques. De plus, aucune indication n'a été trouvée d'un risque accru d'événements indésirables tels que grossesses multiples, fausses couches ou anomalies congénitales. Nous avons conclu que le fait de cultiver les embryons sous faible concentration en oxygène semble bénéfique de par l'augmentation du nombre de nouveau-nés, mais de nouvelles études sont nécessaires pour bien prouver cet effet.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats de cette revue systématique avec méta-analyse laissent entendre que cultiver des embryons dans des conditions de faible concentration en oxygène améliore les taux de réussite des FIV et IICS, et permet la naissance de plus de nouveau-nés en bonne santé.

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Contexte: 

Dans les procédures de fécondation in vitro (FIV), des embryons humains préimplantatoires sont cultivés en laboratoire. Alors que certains laboratoires cultivent dans des conditions atmosphériques de concentration en oxygène (~ 20 %), d'autres utilisent une concentration plus faible (~ 5 %) car cela est plus comparable à la concentration d'oxygène observée dans l'oviducte et l'utérus. Les études sur l'animal ont montré que la concentration élevée en oxygène pourrait avoir un impact négatif sur la qualité de l'embryon à cause de dérivés réactifs de l'oxygène qui provoquent un stress oxydatif. Chez l'homme, on ne sait pas actuellement quelle concentration en oxygène permet les meilleurs taux de succès pour les procédures de fécondation in vitro, résultant finalement dans les taux les plus élevés de naissance de nouveau-nés en bonne santé.

Objectifs: 

Déterminer si la culture d'embryons sous faible concentration en oxygène améliore les résultats des traitements (meilleur développement embryonnaire et davantage de grossesses et de naissances vivantes) de FIV et d'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (IICS) par rapport à la culture d'embryons sous concentrations atmosphériques d'oxygène.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais cliniques du groupe sur les troubles menstruels et l'hypofertilité, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), ainsi que dans les bases de données électroniques MEDLINE, EMBASE et PsycINFO (jusqu'au 4 novembre 2011) afin de trouver des essais contrôlés randomisés sur l'effet de la faible concentration en oxygène pour la culture de l'embryon humain. Nous avons, en outre, passé au crible les références bibliographiques de toutes les études obtenues et recherché manuellement dans des actes de conférence.

Critères de sélection: 

Nous n'avons inclus dans cette revue systématique et pour cette méta-analyse que de véritables essais contrôlés randomisés comparant la culture d'embryons sous faible concentration en oxygène (~ 5 %) à celle sous concentration atmosphérique (~ 20 %).

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont sélectionné les essais à inclure, en conformité avec les critères sus-mentionnés. Puis deux auteurs ont indépendamment extrait les données pour analyse, et un auteur a servi d'arbitre en cas d'ambiguïté. L'analyse statistique a été réalisée en conformité avec les directives élaborées par la Collaboration Cochrane.

Résultats principaux: 

Sept études totalisant 2 422 participants ont été incluses dans cette revue systématique. Une méta-analyse a pu être réalisée avec les données de quatre études incluses, soit sur un total de 1 382 participants. La qualité méthodologique des essais inclus était relativement faible. La preuve d'un effet bénéfique de la culture sous faible concentration en oxygène a été constatée pour le taux de naissances vivantes (rapport de cotes (RC) 1,39 ; IC à 95 % 1,11 à 1,76 ; P = 0,005 ; I2 = 0 %), ce qui voudrait dire que dans une clinique typique il serait possible d'élever le taux de 30 % de naissances vivantes obtenu sous concentration atmosphérique en oxygène à un niveau de 32 % à 43 % grâce à l'utilisation d'une faible concentration en oxygène. Les résultats étaient très similaires pour les taux de grossesses en cours et de grossesses cliniques. Il n'y avait pas de preuve que le fait de cultiver les embryons sous faible concentration en oxygène conduise à un plus grand nombre d'événements indésirables tels que les grossesses multiples, les fausses couches ou les anomalies congénitales.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.