Examen médical des travailleurs avant l'embauche pour prévenir les accidents et les maladies

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L'objectif des examens pré-embauche est d'identifier les candidats pouvant présenter un risque accru de maladie professionnelle ou d'accident du travail une fois en poste. Le refus d'embauche de candidats présentant un risque accru permet de prévenir les maladies ou les accidents, mais ces candidats se retrouvent alors sans emploi. Une autre option consiste à remédier aux problèmes identifiés lors de l'examen en adaptant le poste de travail ou en organisant un entraînement physique. De nombreux employeurs et d'autres parties prenantes pensent que l'examen médical des candidats permet de prévenir les maladies professionnelles et les absences pour maladie.

Nous avons identifié sept études portant sur 5 872 participants et évaluant l'ensemble du processus d'examen médical, y compris le rejet de candidats présentant un risque accru de maladie professionnelle, d'accident du travail ou d'absence-maladie. L'une de ces études rapportait qu'un examen général ne réduisait pas significativement les arrêts maladie chez des employés administratifs par rapport à une absence d'intervention. Une étude rapportait une réduction des arrêts maladie suite à un examen pré-embauche davantage axé sur le poste par rapport à un examen médical général. Trois études évaluaient l'inclusion d'une évaluation des capacités fonctionnelles à l'examen pré-embauche et rapportaient des effets contradictoires sur les taux d'accidents et le nombre de visites médicales. Une étude rapportait une diminution de l'asthme professionnel suite à l'intégration d'un test de provocation bronchique à l'examen de pré-embauche. Deux études portant sur 2 164 participants comparaient des candidats ayant passé l'examen médical sans problème notable à des candidats ayant reçu des recommandations pour résoudre les problèmes de santé identifiés. Aucune des deux études ne rapportait de différence entre les groupes en termes de taux d'accidents. Ce résultat indiquait que les problèmes identifiés avaient été résolus de manière efficace. Les taux de candidats rejetés variaient de 2 à 35 %.

Les preuves issues de ces études sont de très faible qualité.

Nous concluons que les examens médicaux axés sur les problèmes pourraient être efficaces, mais d'autres études de haute qualité sont nécessaires. Les futures études devraient également tenir compte des coûts liés au rejet des candidats.

Conclusions des auteurs: 

Des preuves de très faible qualité suggèrent que les examens pré-embauche spécifiques à certains postes ou problèmes de santé pourraient réduire les maladies professionnelles, les accidents du travail ou l'absence-maladie. Ces résultats étayent la politique actuelle consistant à utiliser uniquement des examens pré-embauche spécifiques à un poste. Des études supplémentaires sont nécessaires afin d'examiner les problèmes liés au rejet des candidats.

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Contexte: 

De nombreux employeurs et d'autres parties prenantes pensent que l'examen médical des candidats permet de prévenir les maladies professionnelles et l'absence-maladie.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des examens pré-embauche des candidats pour prévenir les accidents du travail, les maladies professionnelles et l'absence-maladie par rapport à une absence d'intervention ou d'autres interventions.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté CENTRAL (Bibliothèque Cochrane), MEDLINE, EMBASE, CINAHL, PsycINFO et PEDro (jusqu'en décembre 2009) sans restriction de date, langue ou type de publication.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés (ECR), les études contrôlées avant-après et les séries chronologiques interrompues évaluant les examens médicaux dans la prévention des maladies professionnelles et des accidents du travail chez les candidats à un poste de travail.

Recueil et analyse des données: 

Quatre auteurs de revue (NM, ML, JV et ES) ont sélectionné les études, extrait les données et évalué la qualité des études de manière indépendante. Les études étaient trop hétérogènes pour effectuer une synthèse statistique des résultats.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus deux ECR, cinq études contrôlées avant-après et deux séries chronologiques interrompues. Sept études portant sur 5 872 participants évaluaient le processus de sélection des examens pré-embauche, et deux études portant sur 2 164 participants évaluaient les mesures visant à réduire les risques identifiés au cours du processus de sélection.

Parmi les études qui évaluaient le processus de sélection, une étude rapportait qu'un examen général ne réduisait pas le risque de congé de maladie (différence moyenne de -0,1, IC à 95 %, entre -0,5 et 0,3), mais une autre étude rapportait qu'un examen davantage axé sur le poste réduisait ce risque (DM de -36, IC à 95 %, entre -68,3 et -3,8). Une étude rapportait que l'intégration d'un test de provocation bronchique réduisait l'asthme professionnel (variation de la tendance de -2,6, IC à 95 %, entre -3,6 et -1,5). Trois études incluant une évaluation des capacités fonctionnelles rapportaient des effets contradictoires sur les taux d'accidents et le nombre de visites médicales. Les taux de candidats rejetés variaient de 2 à 35 %.

Aucune des deux études évaluant la réduction du risque ne rapportait d'augmentation des taux d'accidents après une formation ou une adaptation du poste.

Les preuves sont de très faible qualité pour tous les critères de jugement.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.