Le drainage après gastrectomie pour cancer gastrique

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La gastrectomie demeure la principale méthode thérapeutique pour le cancer gastrique résécable. On pense que les drains abdominaux peuvent aider à la détection précoce et au drainage de la fistule anastomotique, ainsi qu'à la prévention des abcès intra-abdominaux. Il n'y a pas de consensus quant à la mise en place systématique d'un drainage abdominal après une gastrectomie pour cancer gastrique. Cette revue a inclus quatre ECR impliquant au total 438 patients afin d'évaluer les avantages et les inconvénients du drainage abdominal de routine après gastrectomie pour cancer gastrique. Les résultats ont montré qu'en prolongeant la durée de l'opération et le séjour post-opératoire à l'hôpital, les drains accroissaient les préjudices et conduisaient à des complications spécifiquement liées aux drains sans procurer de bénéfice supplémentaire pour les patients atteints d'un cancer de l'estomac subissant une gastrectomie. Il n'existe aucune preuve convaincante permettant d'étayer l'utilisation en routine de drains après gastrectomie pour cancer gastrique.

Conclusions des auteurs: 

Nous n'avons trouvé aucune preuve convaincante permettant d'étayer le drainage de routine après gastrectomie pour cancer gastrique.

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Contexte: 

La gastrectomie demeure la principale méthode thérapeutique pour le cancer gastrique résécable. Considéré comme une mesure importante pour réduire les complications post-opératoires et la mortalité, le drainage abdominal était couramment utilisé après une gastrectomie pour cancer gastrique au cours des décennies précédentes. Ces dernières années, les bénéfices du drainage abdominal ont été remis en cause par des chercheurs.

Objectifs: 

Les objectifs de cette revue étaient de mettre en lumière les avantages et des inconvénients du drainage de routine après gastrectomie abdominale pour cancer gastrique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés Central/CCTR) dans The Cochrane Library 2010, numéro 10), qui comprend les registres spécialisés du groupe Cochrane sur les maladies gastro-duodénales et du pancréas UGPD), ainsi que dans MEDLINE via PubMed, de 1950 à octobre 2010), EMBASE de 1980 à octobre 2010) et dans la base de données de la Chinese National Knowledge Infrastructure CNKI) de 1979 à octobre 2010).

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés ECR) comparant le drain abdominal à l'absence de drain chez les patients ayant subi une gastrectomie sans tenir compte de l'ampleur de la gastrectomie ni de l'étendue de la lymphadénectomie, et quelque soient la langue, le statut de publication et le type de drain). Nous avons exclu les ECR comparant un drain à un autre.

Recueil et analyse des données: 

De chaque essai, nous avons extrait les données sur la qualité méthodologique et les caractéristiques des études incluses, la mortalité à 30 jours), les ré-opérations, les complications post-opératoires pneumonie, infection de la plaie, abcès intra-abdominal, fuite anastomotique, complications liées au drain), la durée de l'opération, la durée du séjour hospitalier post-opératoire et l'initiation à une alimentation molle. Pour les données dichotomiques, nous avons calculé le risque relatif RR) et les intervalles de confiance IC) à 95 %. Pour les données continues, nous avons calculé la différence moyenne DM) avec IC à 95 %. Nous avons vérifié l'hétérogénéité à l'aide du test de Chi2. Nous avons utilisé un modèle à effet fixe pour analyser les données avec le logiciel RevMan, mais nous avons utilisé un modèle à effets aléatoires si la valeur P du test du Chi2 était inférieure à 0,1.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus quatre ECR impliquant au total 438 patients 220 patients dans le groupe avec drain et 218 dans le groupe sans drain).

Il n'y avait pas de preuve d'une différence entre les deux groupes pour la mortalité RR 1,73 , IC à 95 % 0,38 à 7,84), les ré-opérations RR 2,49 , IC à 95 % 0,71 à 8,74), les complications post-opératoires pneumonie : RR 1,18 , IC à 95 % 0,55 à 2,54 ; infection de la plaie : RR 1,23 , IC à 95 % 0,47 à 3,23 ; abcès intra-abdominaux : RR 1,27 , IC à 95 % 0,29 à 5,51 ; fuite anastomotique : RR 0,93 , IC à 95 % 0,06 à 14,47) et l'initiation à l'alimentation molle DM 0,15 jours, IC à 95 % -0,07 à 0,37). Cependant, l'ajout d'un drain allongeait la durée de l'opération DM 9,07 min, IC à 95 % 2,56 à 15,57) et celle du séjour hospitalier post-opératoire DM 0,69 jours, IC à 95 % 0,18 à 1,21) et conduisait à des complications spécifiquement liées au drain. Il convient par ailleurs de noter que les décès sous 30 jours et les ré-opérations étant des événements très rares, il faudrait un très grand nombre de patients pour pouvoir tirer des conclusions sensées quant à la similarité des deux groupes. La qualité globale des résultats, selon l'approche GRADE, était 'très faible' pour la mortalité et les ré-opérations, et 'faible' pour les complications post-opératoires, la durée de l'opération et la durée du séjour hospitalier post-opératoire.

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