Injection percutanée d'éthanol pour le traitement des métastases hépatiques

Les tumeurs hépatiques primaires et les métastases hépatiques du cancer colorectal sont les deux tumeurs malignes les plus courantes qui touchent le foie. Le foie est tout juste derrière les ganglions lymphatiques au rang des sites les plus courants pour la maladie métastatique. Plus de la moitié des patients atteints de maladie métastatique hépatique décèderont de complications métastatiques.

Dans l'injection percutanée d'éthanol, de l'alcool pur est injecté dans les cancers du foie afin de détruire les cellules cancéreuses. L'alcool est injecté à travers la peau (par voie percutanée) dans la tumeur en utilisant une aiguille très fine à l'aide d'un guidage visuel par échographie ou par tomographie informatisée (TI). L'alcool induit une destruction de la tumeur en éjectant l'eau des cellules tumorales (en les déshydratant) et en modifiant (dénaturant) ainsi la structure des protéines cellulaires. Cinq ou six séances d'injections peuvent être nécessaires pour détruire le cancer.

Un essai randomisé a été inclus, comparant la chimio-embolisation artérielle transcathéter + injection percutanée intratumorale d'éthanol à la chimio-embolisation artérielle transcathéter seule. Quarante-huit patients souffrant de métastases hépatiques ont été inclus, 25 ayant reçu l'intervention avec l'injection percutanée d'éthanol et 23 ayant reçu la chimio-embolisation artérielle transcathéter seule.

Sur la base d'un seul essai clinique randomisé de petite taille, on peut conclure que l'addition d'une injection percutanée intratumorale d'éthanol à la chimio-embolisation artérielle transcathéter chez les patients souffrant de métastases hépatiques semble n'apporter aucun avantage clair en termes de survie et de récidive locale en comparaison avec la chimio-embolisation artérielle transcathéter seule. La taille de la nécrose tumorale était plus importante dans le groupe de traitement combiné. Aucune mortalité liée à l'intervention ni complications majeures n'ont été signalées.

D'autres essais seront nécessaires avant de pouvoir tirer des conclusions définitives.

Conclusions des auteurs: 

Sur la base d'un seul essai randomisé de petite taille, on peut conclure que l'addition d'une IPE à la CEAT, par rapport à la CEAT seule, chez les patients souffrant de métastases hépatiques semble n'apporter aucun avantage clair en termes de survie et de récidive locale. La taille de la nécrose tumorale était plus importante dans le groupe de traitement combiné. Aucune mortalité liée à l'intervention ni complications majeures n'ont été signalées. Des essais supplémentaires sont nécessaires.

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Contexte: 

Les tumeurs hépatiques primaires et les métastases hépatiques du cancer colorectal sont les deux tumeurs malignes les plus courantes qui touchent le foie. Le foie est tout juste derrière les ganglions lymphatiques au rang des sites les plus courants pour la maladie métastatique. Plus de la moitié des patients atteints de maladie métastatique hépatique décèderont de complications métastatiques. L'injection percutanée d'éthanol (IPE) provoque la déshydratation et la nécrose des cellules tumorales, qui s'accompagnent d'une thrombose des petits vaisseaux, ce qui conduit à l'ischémie et à la destruction de la tumeur.

Objectifs: 

Étudier les effets bénéfiques et nocifs de l'injection percutanée d'éthanol comparée à l'absence d'intervention, aux autres méthodes d'ablation ou aux traitements systémiques chez les patients souffrant de métastases hépatiques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais contrôlés du groupe Cochrane sur les affections hépato-biliaires, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans The Cochrane Library, MEDLINE, EMBASE, le Science Citation Index Expanded, LILACS, et CINAHL jusqu'en décembre 2012.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais cliniques randomisés évaluant les effets bénéfiques et nocifs de l'injection percutanée d'éthanol comparée à l'absence d'intervention, aux autres méthodes d'ablation ou aux traitements systémiques chez les patients souffrant de métastases hépatiques.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les informations pertinentes sur les caractéristiques des participants, les interventions, les critères de jugement des études et des données sur les critères de jugement pour notre revue, ainsi que des informations sur la méthodologie et le plan des études. L'évaluation de la qualité des essais remplissant les critères d’inclusion et l'extraction des données des essais sélectionnés en vue de l'évaluation finale ont été effectuées par un auteur et contrôlées par un deuxième auteur.

Résultats principaux: 

Un essai clinique randomisé a été inclus, comparant la chimio-embolisation artérielle transcathéter (CEAT) + injection percutanée intratumorale d'éthanol (IPE) à la CEAT seule. Quarante-huit patients souffrant de métastases hépatiques ont été inclus, 25 ayant reçu l'intervention avec l'injection avec IPE et 23 ayant reçu la CEAT seule.

Les données sur la mortalité n'étaient pas indiquées. L'essai indiquait les données de survie après un, deux et trois ans. Dans le groupe CEAT + IPE, 92 %, 80 % et 64 % des patients survivaient après 1, 2 et 3 ans respectivement ; dans le groupe CEAT, 78,3 %, 65,2 % et 47,8 % des patients survivaient après 1, 2 et 3 ans respectivement. Le hazard ratio était de 0,57 (IC à 95 % 0,19 à 1,67). La récidive locale était de 16 % dans le groupe CEAT + IPE et de 39,1 % dans le groupe CEAT, entraînant un risque relatif (RR) de 0,41 (IC à 95 % 0,15 à 1,07). Quarante-cinq tumeurs (66,2 %) sur 68 au total étaient réduites d'au moins 25 % dans le groupe CEAT + IPE contre 31 tumeurs (48,4 %) sur 64 au total dans le groupe CEAT (RR 2,08 ; IC à 95 % 1,03 à 4,2). Les auteurs mentionnaient quelques événements indésirables, mais avec très peu de détails.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.