Comparer des doses uniques d'analgésiques par voie orale pour la douleur postopératoire aiguë chez l'adulte

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Tous les analgésiques (calmants) sont testés dans le cadre d'études cliniques standardisées portant sur des patients présentant une douleur établie suite à une chirurgie, souvent après l'extraction de la troisième molaire (dent de sagesse). Dans toutes ces études, les participants doivent présenter une douleur d'intensité au moins modérée afin de pouvoir obtenir une mesure sensible des propriétés analgésiques du médicament. La Bibliothèque Cochrane contient 35 revues d'interventions portant sur des analgésiques par voie orale et étudiant l'effet de 38 médicaments à différentes doses sur 45 000 participants dans le cadre d'environ 350 études. L'objectif de cet aperçu était de réunir toutes ces informations et de rapporter les résultats pour ces médicaments en fournissant des preuves fiables de leur efficacité ou de leurs effets délétères lorsqu'ils sont administrés en dose unique par voie orale.

Pour certains médicaments, aucun essai publié n'était disponible ; pour d'autres, les informations étaient insuffisantes ; pour d'autres encore, les informations étaient appropriées mais les résultats étaient contredits par quelques études non publiées ne rapportant aucun effet. Aucun de ces essais ne pouvait être considéré comme fiable. Parmi les données étudiées, 46 combinaisons médicament/dose étaient cependant associées à des preuves fiables.

Aucun médicament ne produisait un soulagement de la douleur important chez tous les participants. La plage de résultats pour les analgésiques en dose unique chez les participants présentant une douleur aiguë modérée à sévère était de 70 % de participants atteignant un soulagement de la douleur satisfaisant avec le meilleur médicament et d'environ 30 % avec le médicament le moins bon. La période de soulagement de la douleur variait également d'environ deux heures à environ 20 heures. Le taux d'événements indésirables n'était généralement pas supérieur avec les analgésiques qu'avec le placebo, sauf avec les opioïdes (tels que la codéine ou l'oxycodone).

Les analgésiques couramment utilisés à la dose recommandée ou autorisée sont efficaces pour soulager la douleur chez certains patients mais pas tous. Il y a plusieurs raisons à cela, mais les patients souffrant de douleur ne devraient pas être surpris si les médicaments qu'on leur prescrit ne fonctionnent pas pour eux. Dans ce cas, il est nécessaire de rechercher des analgésiques ou des procédures alternatives qui fonctionnent mieux.

Conclusions des auteurs: 

Il existe de très nombreuses preuves fiables de l'efficacité des analgésiques oraux en dose unique. Pour de nombreux médicaments, les données sont inexistantes ou insuffisantes, ou les résultats ne sont pas fiables en raison d'un biais de publication potentiel. Ces informations devraient être de nature à orienter les choix des professionnels et des consommateurs.

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Contexte: 

Trente-cinq revues Cochrane d'essais randomisés portant sur l'efficacité analgésique d'interventions médicamenteuses individuelles pour la douleur postopératoire aiguë ont été publiées. Cet aperçu réunit les résultats de toutes ces revues et évalue la fiabilité des données disponibles.

Objectifs: 

Résumer les données de toutes les revues Cochrane ayant évalué les effets des interventions pharmaceutiques pour la douleur aiguë chez des adultes présentant une douleur au moins modérée suite à une chirurgie et ayant reçu une dose unique d'analgésique oral à l'exclusion de tout autre médicament.

Résultats principaux: 

Cet aperçu portait sur 35 revues Cochrane individuelles avec 38 analyses d'une dose unique d'analgésique par voie orale pour la douleur postopératoire aiguë et des résultats provenant de 45 000 participants étudiés dans le cadre d'environ 350 études individuelles. Les revues individuelles portaient uniquement sur des essais de haute qualité présentant un plan d'étude et une notification des résultats standardisés. Les revues utilisaient des méthodes et une notification standardisées pour l'efficacité comme pour les effets délétères. Les taux d'événements avec le placebo étaient homogènes dans de grands ensembles de données. Aucune comparaison statistique n'a été effectuée.

Des revues étaient disponibles (mais pas les données des essais) pour l'acémétacine, le méloxicam, la nabumétone, le néfopam, le sulindac, le tenoxicam et l'acide tiaprofénique. Des données insuffisantes étaient disponibles pour le dexibuprofène, le dextropropoxyphène 130 mg, le diflunisal 125 mg, l'étoricoxib 60 mg, le fenbufène et l'indométacine. Lorsque les informations étaient suffisantes pour les combinaisons médicament/dose (au moins 200 participants dans au moins deux études), nous avons considéré que l'ajout de quatre comparaisons présentant une dimension typique (400 participants au total) et ne rapportant aucun effet soumettait les résultats à un biais de publication potentiel et entraînait un manque de fiabilité. Des résultats fiables ont été obtenus pour 46 combinaisons médicament/dose pour toutes les douleurs postopératoires ; 45 pour la douleur dentaire et 14 pour d'autres types de douleurs.

Les NST variaient d'environ 1,5 à 20 pour un soulagement de la douleur maximum d'au moins 50 % pendant quatre à six heures par rapport au placebo. Le pourcentage de participants atteignant ce niveau de bénéfice variait d'environ 30 % à plus de 70 %, et le délai avant la prise d'une nouvelle dose variait de deux heures (placebo) à plus de 20 heures pour le même type de douleur. Les participants rapportant au moins un événement indésirable étaient peu nombreux et aucune différence n'était généralement rapportée entre le médicament actif et le placebo, avec quelques exceptions, principalement pour l'aspirine et les opioïdes.

Les combinaisons médicament/dose associées à de bons NST (bas) étaient l'ibuprofène 400 mg (2,5 ; intervalle de confiance (IC) de 95 %, entre 2,4 et 2,6), le diclofénac 50 mg (2,7 ; IC à 95 %, entre 2,4 et 3,0), l'étoricoxib 120 mg (1,9 ; IC à 95 %, entre 1,7 et 2,1), la codéine 60 mg + paracétamol 1 000 mg (2,2 ; IC à 95 %, entre 1,8 et 2,9), le célécoxib 400 mg (2,5 ; IC à 95 %, entre 2,2 et 2,9) et le naproxène 500/550 mg (2,7 ; IC à 95 %, entre 2,3 et 3,3). Une longue durée d'action (≥ 8 heures) était rapportée pour l'étoricoxib 120 mg, le diflunisal 500 mg, l'oxycodone 10 mg + paracétamol 650 mg, le naproxène 500/550 mg et le célécoxib 400 mg.

Tous les participants ne ressentaient pas un soulagement de la douleur satisfaisant et, pour de nombreuses combinaisons médicament/dose, 50 % ou plus n'atteignaient pas un soulagement de la douleur maximum d'au moins 50 % pendant quatre à six heures.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.