Rééducation par l'exercice après la sortie de l'unité de soins intensifs pour le rétablissement d'une maladie grave

Question de la revue

Nous avons examiné les données probantes concernant les effets de la rééducation par l'exercice sur la capacité fonctionnelle d'exercice et la qualité de vie liée à la santé des patients qui ont été gravement malades et sortent de l'unité de soins intensifs (USI). La capacité fonctionnelle d’exercice est un terme utilisé pour exprimer la façon dont les individus réalisent des activités telles que marcher ou monter les escaliers.

Contexte

Les adultes développent souvent une atrophie et une faiblesse musculaires lors de leur séjour aux soins intensifs. Cela peut être dû à la maladie elle-même et au fait que les patients ont tendance à être moins mobiles et moins actifs physiquement pendant leur traitement. Lorsqu'ils se rétablissent, cette faiblesse musculaire peut entraîner des difficultés dans leur capacité à faire de l'exercice et à mener des activités normales de la vie quotidienne. Les patients adultes peuvent devenir dépressifs ou avoir une baisse de moral en raison de la maladie et de leur force réduite, ce qui peut durer de nombreuses années.

Nous voulions mesurer la qualité de vie liée à la santé afin de déterminer si les programmes d'exercice peuvent aider les patients à se remettre d'un déconditionnement physique et d'une faiblesse musculaire liés à une maladie grave après leur sortie de l'unité de soins intensifs, et si cela peut les aider à se sentir mieux.

Caractéristiques des études

Nous avons inclus six études qui ont impliqué 483 participants (298 hommes, 185 femmes) âgés de plus de 18 ans. Les participants avaient reçu l’assistance respiratoire d'une machine (ventilation mécanique) pendant plus de 24 heures alors qu'ils étaient dans l'USI et avaient commencé un programme d'exercices après en être partis. Les études ont été menées au Royaume-Uni, en Australie, aux États-Unis et en Italie.

Des programmes d'exercices ont été réalisés au sein du service dans deux études, dans le service et dans la communauté dans une étude et dans la communauté dans trois études. La durée de l'intervention variait en fonction de la durée du séjour à l'hôpital après la sortie de l'unité de soins intensifs, jusqu'à une durée fixe de 12 semaines. Les exercices comprenaient des rotations des bras ou des jambes, de la marche et du renforcement musculaire général à la maison, mais aussi la fourniture de manuels d'auto-assistance et des programmes d'exercices multiples en milieu hospitalier effectués dans des gymnases dirigés par des physiothérapeutes.

Trois des six études ont été financées par des agences gouvernementales de financement de la recherche en santé. Une étude a été soutenue par un financement combiné d'une organisation caritative indépendante et d'une société commerciale (n’ayant pas d’intérêt dans les résultats de l'étude). Une étude n'a pas fait état d'une source de financement, et une autre a été financée par une agence universitaire de recherche sur la santé.

Principaux résultats

Nous n'avons pas été en mesure de déterminer un résultat global pour les effets des interventions basées sur l'exercice physique. Trois études ont fait état d'une amélioration de la capacité fonctionnelle d'exercice après l'achèvement du programme, et les trois autres n'ont pas constaté d’effet du traitement.

Seules deux études ont mesuré la qualité de vie liée à la santé déclarée par les patients, et ces deux études n'ont pas montré d’effet lié au traitement. Là encore, nous n'avons pas été en mesure de parvenir à une conclusion générale. Aucune étude ne comportait d’évaluation de l'acceptation du traitement par les patients ou de l'expérience de la participation des patients au programme d'exercices.

Valeur probante des données

Nous avons constaté des différences considérables entre les études sur les types d'exercices, la façon dont les mesures de la capacité fonctionnelle d'exercice étaient collectées, la façon dont les résultats étaient présentés et les personnes impliquées qui avaient été gravement malades. Les programmes d'exercices ont été comparés aux soins habituels, avec un manque de prise en compte du niveau standard de réhabilitation et d'exercice dans la pratique habituelle. En outre, nous avons constaté une variabilité dans la qualité méthodologique des études. Nous n'avons pas pu effectuer de tests statistiques sur les résultats des études ni tirer de conclusions définitives en raison de cette variabilité. La qualité globale des preuves était en conséquence très faible.

Mise à jour des données probantes

Les études publiées jusqu’en mai 2014 ont été incluses. Nous avons réitéré la recherche en février 2015 et nous traiterons de toutes les études d'intérêt lorsque nous mettrons à jour la revue.

Conclusions des auteurs: 

À l'heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de déterminer l'effet global sur la capacité fonctionnelle d'exercice, ou sur la qualité de vie liée à la santé, d'une intervention basée sur l'exercice physique initiée après la sortie de l'USI pour les survivants d'une maladie grave. La méta-analyse des résultats n'était pas appropriée car le nombre d'études et la quantité de données étaient insuffisants. Les résultats des études individuelles étaient contradictoires. Certaines études ont fait état d'un effet bénéfique de l'intervention sur la capacité fonctionnelle d'exercice, d'autres non. Les études n’ont pas rapporté d’effet sur la qualité de vie liée à la santé. La qualité des preuves a été affectée par un manque de rigueur méthodologique dans plusieurs domaines. Une grande variabilité a été constatée dans les caractéristiques des interventions, les mesures des critères de jugement et les paramètres associés, ainsi que dans la communication des données.

Si d'autres essais sont identifiés, nous pourrons peut-être déterminer les effets de l'intervention basée sur l'exercice après la sortie de l'USI sur la capacité fonctionnelle d'exercice et sur la qualité de vie liée à la santé chez les survivants de maladies graves.

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Contexte: 

L'atrophie et l’affaiblissement des muscles squelettiques sont des complications importantes des maladies graves, associées au degré de gravité de la maladie et aux périodes de mobilité réduite pendant la ventilation mécanique. Ils contribuent aux profonds déficits physiques et fonctionnels observés chez les survivants. Ces déficiences peuvent persister pendant de nombreuses années après la sortie de l'unité de soins intensifs (USI) et peuvent avoir une influence marquée sur la qualité de vie liée à la santé. La rééducation est une stratégie clé dans le rétablissement des patients après une maladie grave. Les interventions basées sur l'exercice physique visent à cibler cette atrophie et cette faiblesse musculaires. La rééducation physique proposée lors du séjour aux soins intensifs a été systématiquement évaluée et s'est avérée bénéfique. Toutefois, son efficacité lorsqu'elle est initiée après la sortie de l'USI n'a pas encore été établie.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des programmes de rééducation par l’exercice initiés après la sortie de l'USI, pour la capacité fonctionnelle d'exercice et la qualité de vie liée à la santé des survivants adultes de l'USI qui ont été ventilés mécaniquement pendant plus de 24 heures.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE via Ovid SP, EMBASE via Ovid SP et CINAHL (Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature) via EBSCO host, le 15 mars 2014. Nous avons utilisé une stratégie de recherche spécifique pour chaque base de données. Il s'agissait notamment de synonymes de USI et de maladies graves, d'entraînement à l'exercice et de rééducation. Nous avons vérifié les bibliographies des études incluses et avons contacté les auteurs principaux pour obtenir des informations supplémentaires concernant les études potentiellement éligibles. Nous avons également effectué des recherches dans les principaux registres d'essais cliniques (Clinical Trials et Current Controlled Trials) et dans les bibliothèques personnelles des auteurs de la revue. Nous n'avons appliqué aucune restriction de langue ou de publication. Nous avons réitéré la recherche en février 2015 et nous traiterons des trois études d'intérêt lorsque nous mettrons à jour la revue.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés (ECR), les quasi-ECR et les essais cliniques contrôlés (ECC) qui comparaient une intervention d'exercice physique initiée après la sortie de l'USI à toute autre intervention ou à un programme de contrôle ou de « soins habituels » chez des adultes (≥ 18 ans) survivants d'une maladie grave.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons utilisé les procédures méthodologiques standard prévues par la collaboration Cochrane.

Résultats principaux: 

Six essais ont été inclus (483 participants issus de l’USI). Des programmes d'exercices ont été réalisés au sein du service dans deux études, dans le service et dans la communauté dans une étude et dans la communauté dans trois études. La durée de l'intervention variait en fonction de la durée du séjour à l'hôpital après la sortie de l'unité de soins intensifs, jusqu'à une durée fixe de 12 semaines.

Le risque de biais était variable pour tous les domaines dans tous les essais. Un risque élevé de biais était évident dans toutes les études concernant le biais de performance, bien que l'aveugle des participants et du personnel dans les essais de rééducation thérapeutique puisse être un défi pragmatique. Pour les autres domaines, au moins la moitié des études présentaient un faible risque de biais. Une étude présentait un risque élevé de biais de sélection, de biais d'attrition et d'autres sources de biais. Le risque de biais était imprécis pour les autres études dans les différents domaines. Nous avons décidé de ne pas entreprendre de méta-analyse en raison des variations dans la conception des études, les types d'interventions et les mesures des résultats. Nous présentons une description narrative des études individuelles pour chaque critère de jugement.

Les six études ont évalué la capacité fonctionnelle d'exercice, bien que nous ayons constaté une grande variabilité dans la nature des interventions, les mesures des critères de jugement et les paramètres associés ainsi que la communication des données. La qualité globale des données était très faible. Individuellement, trois études ont fait état de résultats positifs en faveur de l'intervention. Une étude a constaté un léger avantage à court terme en ce qui concerne le seuil anaérobie (différence moyenne (DM) 1,8 ml O2/kg/min, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,4 à 3,2 ; valeur P = 0,02). Dans une deuxième étude, les résultats des tests d'exercice incrémentiels (DM 4,7, IC à 95 % 1,69 à 7,75 watts ; valeur P = 0,003) et d'endurance (DM 4,12, IC à 95 % 0,68 à 7,56 minutes ; valeur P = 0,021) ont été améliorés grâce à l'intervention. Enfin, la fonction physique déclarée par les sujets a augmenté de manière significative après l'utilisation d'un manuel de rééducation (valeur P = 0,006). Les études restantes n'ont pas trouvé d’effet de l'intervention.

Une variabilité similaire a été constatée en ce qui concerne les résultats relatifs au critère de jugement principal de la qualité de vie liée à la santé. Seules deux études ont évalué ce critère de jugement. Individuellement, aucune des deux études n'a fait état de différences entre le groupe d'intervention et le groupe témoin en ce qui concerne la qualité de vie liée à la santé due à l'intervention. La qualité globale des données était très faible.

Quatre études rapportaient les taux d’arrêt prématuré, qui allaient de 0 à 26,5 % dans les groupes de contrôle, et de 8,2 à 27,6 % dans les groupes d'intervention. La qualité des données sur l'effet de l'intervention sur l’arrêt prématuré était faible. Des données probantes de très faible qualité ont montré des taux d'adhésion à l'intervention. Toutes les études font état d'une mortalité comprise entre 0 et 18,8 %. La qualité des données sur l'effet de l'intervention sur la mortalité était faible. La perte de suivi, telle que rapportée par toutes les études, variait de 0 à 14 % dans les groupes de contrôle et de 0 à 12,5 % dans les groupes d'intervention, avec des données probantes de faible qualité. Un seul événement indésirable non mortel a été signalé parmi tous les participants de toutes les études (une lésion musculo-squelettique mineure), et la qualité des preuves était faible.

Notes de traduction: 

Post-édition : Clara Senik - Révision : Marjorie Leydier (M2 ILTS, Université de Paris)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.