Le sumatriptan (administration par voie orale) pour les crises aiguës de migraine chez l'adulte

Le sumatriptan est un médicament de la famille des triptans utilisé pour traiter les crises de migraine. Il est communément disponible sous forme de comprimé. Cette revue a constaté qu'une dose unique était efficace pour soulager les maux de tête migraineux et les symptômes associés de nausée et de sensibilité à la lumière et au bruit. Avec une prise de 100 mg de sumatriptan, la douleur modérée ou sévère avait été totalement éliminée en deux heures chez environ 3 personnes sur 10 (32 %), par rapport à environ 1 sur 10 (11 %) pour le placebo. Avec une prise de 100 mg de sumatriptan, la douleur modérée ou sévère avait été réduite en deux heures à 'pas plus que légère' chez environ 6 personnes sur 10 (61 %), par rapport à environ 3 sur 10 (32 %) pour le placebo. Près d'un quart (24 %) des personnes ayant pris un comprimé de sumatriptan 100 mg étaient libérées de leur douleur après deux heures et pour les 24 heures suivantes sans avoir à utiliser d'autre médicament, par rapport à moins d'1 sur 10 (8 %) pour le placebo. En plus de soulager les maux de tête, le sumatriptan avait aussi dissipé en deux heures les symptômes de nausée et de sensibilité à la lumière et au bruit chez environ la moitié de ceux qui l'avaient pris, par rapport à environ un tiers de ceux ayant pris un placebo. Les effets indésirables étaient pour la plupart de courte durée et de gravité légère à modérée ; ils avaient été ressentis par environ 4 personnes sur 10 (43 %) ayant pris un comprimé de sumatriptan 100 mg et par 2 sur 10 (23 %) ayant pris un placebo. La dose de 50 mg avait eu une efficacité légèrement moindre mais était associée à moins d'effets indésirables. Traiter les crises quand la douleur est encore légère s'est avéré plus efficace que de traiter des crises établies avec des douleurs d'intensité modérée à sévère.

Conclusions des auteurs: 

Le sumatriptan par voie orale est efficace comme traitement abortif pour crises de migraine, soulageant la douleur, les nausées, la photophobie, la phonophobie et l'incapacité fonctionnelle, mais il est associé à une augmentation des effets indésirables.

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Contexte: 

La migraine est une affection très handicapante pour la personne qui en est victime et elle a également des implications de grande portée pour la société, les services médicaux et l'économie. Le sumatriptan est un médicament abortif pour crises de migraine, appartenant à la famille des triptans.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité et la tolérabilité du sumatriptan par voie orale, en comparaison à un placebo et à d'autres interventions actives, dans le traitement des crises migraineuses aiguës chez l'adulte.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons cherché jusqu'au 13 octobre 2011 dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE, des bases de données en ligne et les bibliographies des études.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des études randomisées, en double aveugle, avec contrôle actif et/ou placebo qui avaient utilisé le sumatriptan par voie orale pour traiter des épisodes migraineux et comptaient au moins 10 participants par groupe de traitement.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de revue ont évalué la qualité des essais et extrait les données de manière indépendante. Nous avons utilisé les nombres de participants parvenant à chaque résultat pour calculer le risque relatif et les nombres de sujets à traiter pour observer un bénéfice (NST) ou un effet indésirable (NNN), en comparaison à un placebo ou à un autre traitement actif.

Résultats principaux: 

Soixante-et-une études (soit 37 250 participants) avaient comparé le sumatriptan par voie orale à un placebo ou à un comparateur actif. La plupart des données concernaient les doses de 50 mg et 100 mg. Le sumatriptan avait surpassé le placebo pour tous les critères d'efficacité. Pour le sumatriptan 50 mg versus placebo les NST étaient de 6,1 ; 7,5, et 4,0 respectivement pour la disparation de la douleur après deux heures et le soulagement de la céphalée après une et deux heures. Les NST pour le maintien de l'absence de douleur et le maintien du soulagement de la céphalée au cours des 24 heures suivant la prise de dose, étaient respectivement de 9,5 et 6,0. Pour le sumatriptan 100 mg versus placebo les NST étaient de 4,7 ; 6,8 ; 3,5 ; 6,5 et 5.2, respectivement pour les mêmes critères de résultat. Les résultats pour la dose de 25 mg étaient similaires à ceux de la dose de 50 mg, tandis que le sumatriptan 100 mg était significativement supérieur au 50 mg pour la disparation de la douleur et le soulagement de la céphalée après deux heures, ainsi que pour le maintien de l'absence de douleur pendant 24 heures. Le traitement précoce, pendant la phase de douleur légère, donnait des NST significativement meilleurs pour la disparation de la douleur en deux heures et pour le maintien de l'absence de douleur pendant 24 heures que ne donnait le traitement de crises établies avec des douleurs d'intensité modérée à sévère.

Le soulagement des symptômes associés, y compris la nausée, la photophobie et la phonophobie, était meilleur avec le sumatriptan qu'avec le placebo, et l'utilisation d'un autre médicament était plus faible avec le sumatriptan qu'avec le placebo. Dans la plupart des cas les effets indésirables étaient transitoires et légers ; ils étaient plus fréquents avec le sumatriptan qu'avec le placebo, avec une claire relation dose-réponse (de 25 mg à 100 mg).

Le sumatriptan a été comparé directement avec un certain nombre de traitements actifs, y compris les combinaisons d'autres triptans, de paracétamol (acétaminophène), d'acide acétylsalicylique, d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et d'ergotamine.

Notes de traduction: 

Cette revue fait partie d'une série de revues sur le sumatriptan pour crises aiguës de migraine chez l'adulte ; elle remplace une précédente revue Cochrane sur le sumatriptan par voie orale (McCrory 2003).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.