La cabergoline pour prévenir le syndrome d'hyperstimulation ovarienne chez les femmes bénéficiant d'une technologie de procréation assistée

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Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) survient à la suite de l'induction d'ovulation dans un traitement de procréation médicalement assistée (PMA). Dans la plupart des cas le problème est bénin, mais certaines femmes subissent une forme modérée ou sévère d'hyperstimulation ovarienne. Les symptômes vont du ballonnement abdominal et du sentiment de satiété jusqu'à l'essoufflement et à la gêne abdominale grave. En dépit des mesures adoptées par les médecins pour éviter le SHO, ces mesures sont purement préventives car il n'existe aucun remède au SHO si ce n'est d'attendre sa résolution spontanée avec quelques mesures de soutien. La cabergoline, un agoniste de la dopamine, a été proposée pour tenter de réduire le risque de SHO. Cette revue comprenait deux essais à risque modéré de biais (impliquant 230 femmes) et a constaté qu'une dose orale de 0,5 mg de cabergoline par jour pouvait réduire le risque de SHO chez les femmes à haut risque, en particulier pour le SHO modéré. Cela n'avait eu aucune influence sur le résultat de la grossesse.

Conclusions des auteurs: 

La cabergoline semble réduire le risque de SHO chez les femmes à haut risque, en particulier pour le SHO modéré. L'utilisation de la cabergoline n'affecte pas le résultat de la grossesse (taux de grossesses cliniques, taux de fausses couches) et n'entraine pas non plus de risque accru d'effets indésirables. De nouvelles recherches devraient s'intéresser au risque lié à l'administration de cabergoline et comparer la cabergoline aux traitements établis (comme l'albumine par voie intraveineuse et le coasting). Des ECR de grande envergure, bien conçus et bien exécutés, et faisant intervenir plus de critères cliniques d'évaluation, sont nécessaires afin de mieux évaluer le rôle de la cabergoline dans la prévention du SHO.

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Contexte: 

Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) est une complication résultant de l'administration de gonadotrophine chorionique humaine (hCG) dans un traitement de procréation médicalement assistée (PMA). La plupart des cas sont bénins, mais des formes modérées ou sévères de SHO apparaissent dans 3 % à 8 % des cycles de fécondation in vitro (FIV). Récemment, l'agoniste de la dopamine cabergoline a été proposée pour la prévention secondaire du SHO chez les femmes à haut risque de SHO qui suivent un traitement de PMA.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de la cabergoline dans la prévention du syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) chez les femmes à haut risque qui suivent un traitement de PMA.

La stratégie de recherche documentaire: 

Les principales bases de données médicales (le registre spécialisé des essais du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité, CENTRAL (The Cochrane Library), MEDLINE, EMBASE et PsycINFO) ont été systématiquement passées en revue, à la recherche d'essais contrôlés randomisés (ECR) évaluant l'effet de la cabergoline dans la prévention du SHO. La recherche dans les bases de données est allée jusqu'à septembre 2011. Une recherche a également été effectuée dans des registres d'essais cliniques, des résumés de conférences scientifiques et les bibliographies d'études incluses. Aucune restriction de langue n'a été appliquée.

Critères de sélection: 

Tout ECR ayant comparé la cabergoline avec un placebo, avec l'absence de traitement ou avec une autre intervention pour la prévention du SHO chez les femmes à haut risque a été considéré pour inclusion. Les principaux critères de résultat incluaient l'incidence du SHO modéré ou sévère et le taux de naissances vivantes. Les critères secondaires étaient le taux de grossesses cliniques, le taux de grossesses multiples, le taux de fausses couches et tout autre effet indésirable du traitement.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont indépendamment passé au crible les titres, résumés et textes intégraux de publications ; ils ont extrait les données et évalué les risques de biais. Les désaccords ont été résolus par consensus. Les résultats regroupés ont été exprimés sous la forme de rapports des cotes (RC) avec intervalles de confiance (IC) à 95 % (IC à 95 %) selon la méthode de Mantel-Haenszel.

Résultats principaux: 

Seuls deux essais portant sur 230 femmes répondaient aux critères d'inclusion. Les deux études avaient un risque modéré de biais. La cabergoline orale, 0,5 mg par jour, avait été donnée à titre d'intervention et comparée à un placebo administré de façon identique. Une réduction statistiquement significative du SHO a été observée dans le groupe traité à la cabergoline (RC 0,40 ; IC à 95 % 0,20 à 0,77 ; 2 ECR ; 230 femmes) avec un nombre nécessaire à traiter (NNT) de 7. On a observé une différence statistiquement significative dans l'incidence du SHO modéré, en faveur de la cabergoline (RC 0,38 ; IC à 95 % 0,19 à 0,78 ; 2 ECR ; 230 femmes), mais pas dans celle du SHO sévère (RC 0,77 ; IC à 95 % 0,24 à 2,45 ; 2 ECR ; 230 femmes). Aucune différence significative dans le taux de grossesses cliniques (RC 0,94 ; IC à 95 % 0,56 à 1,59 ; 2 ECR ; 230 femmes), le taux de fausses couches (RC 0,31 ; IC à 95 % 0,03 à 3,07 ; 1 ECR ; 163 femmes) ni dans aucun autre effet indésirable du traitement (RC = 2,07 ; IC à 95 % 0,56 à 7,70 ; 1 ECR ; 67 femmes) n'a été rapportée. Toutefois, aucunes données sur les taux de grossesses multiples ou les taux de naissances vivantes n'ont été rapportées dans ces deux essais.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.