L'administration aux enfants d'analgésiques comme le paracétamol et l'ibuprofène avant un traitement dentaire aide-t-il à réduire la douleur ressentie après le traitement ?

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Les douleurs dentaires sont fréquentes après des soins dentaires et cela peut être lié à une augmentation de la peur des traitements dentaires, à l'évitement de ces traitements et à d'autres problèmes associés. Il est important de diminuer la douleur, en particulier chez les enfants et les adolescents. Pour cela, on pourrait donner des analgésiques avant le traitement afin qu'ils puissent commencer à agir immédiatement. Dans cette revue, nous voulions examiner les preuves existantes concernant les enfants âgés de moins de 17 ans subissant un traitement sans sédation ni anesthésie générale, mais éventuellement sous anesthésie locale. Les traitements comprenaient l'orthodontie, les obturations, le traitement de racine et l'extraction de dent. Nous n'avons pas été en mesure de déterminer, sur la base des preuves disponibles, si les analgésiques administrés avant le traitement offrent ou non un bénéfice en dentisterie pédiatrique pour les procédures sous anesthésie locale. Les preuves ont toutefois montré qu'il y a probablement un avantage à donner des analgésiques avant d'installer des appareils dentaires.

Conclusions des auteurs: 

Nous n'avons pas été en mesure de déterminer, sur la base des preuves disponibles, si les analgésiques préopératoires offrent ou non un bénéfice en dentisterie pédiatrique pour les procédures sous anesthésie locale. Il y a probablement un avantage à prescrire des analgésiques préopératoires avant le placement d'un séparateur orthodontique.

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Contexte: 

La peur de la douleur dentaire constitue un obstacle majeur à l'administration de soins dentaires aux enfants. La prise d'analgésiques préopératoires a le potentiel de réduire l'inconfort postopératoire. Elle pourrait également réduire la douleur peropératoire. Passer en revue les preuves disponibles permettra de déterminer si de nouvelles recherches sont nécessaires et de guider le développement des directives de prescription.

Objectifs: 

Évaluer les effets des analgésiques préopératoires sur l'atténuation de la douleur chez les enfants et les adolescents subissant un traitement dentaire.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons cherché dans les bases de données électroniques suivantes : le registre des essais du groupe Cochrane sur la santé bucco-dentaire (jusqu'au 8 mars 2012), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2012, numéro 1), MEDLINE via OVID (de 1950 jusqu'au 8 mars 2012), EMBASE via OVID (de 1980 jusqu'au 8 mars 2012), LILACS via BIREME (de 1982 jusqu'au 8 mars 2012) et le ISI Web of Science (de 1945 jusqu'au 8 mars 2012). Il n'y avait aucune restriction quant à la langue ou la date de publication.

Les références bibliographiques des tous les essais éligibles ont été examinées pour trouver des études supplémentaires. Des spécialistes du domaine ont été contactés pour retrouver d'éventuelles données non publiées.

Critères de sélection: 

Des essais cliniques contrôlés randomisés d'analgésiques administrés avant un traitement dentaire, en comparaison à un placebo ou l'absence d'analgésiques, chez des enfants et des adolescents de moins de 17 ans. Nous avons exclu les enfants et les adolescents recevant des soins dentaires sous sédation (notamment l'oxyde nitreux/oxygène) ou anesthésie générale.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué des titres et des résumés pour en déterminer l'éligibilité et ont réalisé l'extraction des données et l'évaluation du risque de biais.

Résultats principaux: 

Cinq essais répondaient aux critères d’inclusion de la revue, totalisant 190 participants. Trois essais étaient en rapport avec les dents, c.-à-d. concernaient des traitements de réparation et d'extraction ; deux essais se rapportaient aux traitements orthodontiques. Aucun des essais inclus n'avait été jugé à faible risque de biais. Trois essais avaient comparé le paracétamol à un placebo, mais deux seulement ont fourni des données à analyser (présence ou absence d'un comportement de douleur postopératoire signalé par un parent). La méta-analyse des deux essais a montré un risque relatif (RR) non significatif de 0,81 pour les comportements liés à une douleur postopératoire (intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,53 à 1,22 ; P = 0,31), pour qui la prise préopératoire de paracétamol ne montrait aucun signe de bénéfice (52 % avaient fait état de douleur dans le groupe à placebo versus 42 % dans le groupe test). Un de ces essais avait un risque incertain de biais, l'autre avait un risque élevé. Quatre essais avaient comparé l'ibuprofène au placebo. Trois de ces essais ont fourni des données utilisables. Le compte-rendu d'un essai sur des enfants subissant un traitement dentaire mentionnait qu'il n'y avait pas de différence statistique entre les douleurs postopératoires ressenties par le groupe à ibuprofène et le groupe témoin. Les données de deux essais portant sur des patients chez qui on remplaçait un séparateur orthodontique sans anesthésie générale, ont été regroupées afin de déterminer l'effet de l'ibuprofène préopératoire sur l'intensité de la douleur postopératoire. Il y avait un avantage statistiquement significatif pour l'intensité de la douleur postopératoire à donner préopératoirement de l'ibuprofène, avec une différence moyenne de -19,12 (IC à 95 % -29,36 à -8,87 ; P = 0,0003 ; preuves de qualité moyenne) sur une échelle visuelle analogique (0 à 100) ; ce qui indique qu'il est probablement avantageux de donner de l'ibuprofène avant cette procédure orthodontique. Ces deux essais étaient toutefois à risque élevé de biais. Un seul essai avait rendu compte des effets indésirables (un patient du groupe à ibuprofène et un du groupe à placebo avaient signalé s'être blessés en se mordant la lèvre ou la joue).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.