L'utilisation de statines (des agents hypocholestérolémiants) chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP)

La SEP est une maladie inflammatoire démyélinisante du système nerveux central humain que l'on pense reliée à un fonctionnement anormal du système immunitaire. Des études préliminaires ont montré que les statines (des agents hypocholestérolémiants) ont des effets potentiels de régulation immunologique qui pourraient être bénéfiques dans la SEP. Par ailleurs, les statines sont habituellement administrés par voie orale, sont moins chers que les autres traitements de la SEP et sont facilement disponibles.

Les auteurs de cette étude ont évalué l'efficacité et l'innocuité des statines chez les patients souffrant de SEP cyclique. Parmi la littérature pertinente, quatre études ont été identifiées qui impliquaient un total de 458 patients traités avec des statines comme traitement adjuvant à l'interféron bêta-1a.

Deux études avaient examiné l'atorvastatine, tandis que les deux autres avaient analysé la simvastatine. La qualité méthodologique n'a été estimée bonne que pour trois études.

Sur la base d'un suivi à un et deux ans, les auteurs n'ont pas trouvé de preuve convaincante que l'atorvastatine ou la simvastatine pouvaient réduire les rechutes ou prévenir la progression de la maladie. Aucun effet indésirable grave n'avait été signalé et les statines se sont avérées être sûres et bien tolérées. A l'heure actuelle, les données dans leur ensemble ne permettent pas de promouvoir l'utilisation de statines comme traitement d'appoint dans la SEP.

Conclusions des auteurs: 

Il n'existe aucune preuve convaincante en faveur de l'utilisation de l'atorvastatine ou de la simvastatine comme thérapie adjuvante dans la SEP.

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Contexte: 

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire démyélinisante du système nerveux central humain. Les statines, prescrites comme hypocholestérolémiant, ont montré de possibles effets de traitement de la SEP dans des études cliniques expérimentales et préliminaires

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité des statines administrées seules ou en complément de traitements approuvés de la SEP.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le coordinateur de recherche bibliographique d'essais cliniques a exploré le registre des essais du groupe Cochrane sur la SEP (1er août 2011). Nous avons effectué une recherche dans la base de données de l'Infrastructure du savoir national chinois (CNKI) (de 1979 au 1er août 2011), dans des registres d'essais et dans des actes de conférence. Des compagnies pharmaceutiques et des auteurs d'études incluses ont été contactés pour des informations supplémentaires. Il n'y avait aucune restriction de langue.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés comparant des statines à un placebo, ou comparant des statines en appoint à un traitement approuvé seul, chez des patients atteints de SEP.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de revue ont évalué la qualité des essais et extrait les données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Quatre essais impliquant au total 458 participants ont été inclus. Tous les essais comparaient des statines (deux évaluant l'atorvastatine et deux la simvastatine) en appoint de l'interféron bêta-1a avec l'interféron bêta-1a seul, dans le traitement de la SEP. La qualité méthodologique était bonne pour trois études et médiocre pour la dernière. Aucune d'entre elles n'a montré de différence statistiquement significative entre les deux groupes de traitement dans la réduction des rechutes, la prévention de la progression de la maladie ou le développement de nouvelles lésions (T2 ou prenant le gadolinium) sur l'IRM après des périodes de suivi de 9, 12 et 24 mois. Les statines se sont avérées être sûres et bien tolérées ; il n'avait été fait état d'aucun effet indésirable grave. Les essais ne rendaient pas compte de changements dans la qualité de vie consécutifs à la prise de statines.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.