Techniques de dégagement des voies respiratoires pour maladie pulmonaire obstructive chronique

La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est un terme générique pour les affections pulmonaires chroniques caractérisées par une obstruction du flux d'air qui ne peut pas être entièrement corrigée, telles que l'emphysème et la bronchite chronique. Les personnes atteintes de MPOC sont souvent victimes d'essoufflement, de toux et d'expectorations qui peuvent s'aggraver lors de poussées aiguës. Les techniques de dégagement des voies respiratoires (TDVR) visent à nettoyer les expectorations qui encombrent les poumons. L'utilité des TDVR pour les personnes atteintes de poussées aiguës de MPOC, ou souffrant simplement de MPOC stable, a été difficile à déterminer.

Cette revue comprenait 28 études impliquant 907 participants, avec une qualité de résultats généralement médiocre. La mise en œuvre d'une TDVR lors d'une poussée aiguë de MPOC réduisait la probabilité d'avoir besoin d'une assistance respiratoire mécanique, ainsi que le temps durant lequel elle était nécessaire. Le temps passé à l'hôpital avait été légèrement réduit, mais il y avait peu de données pouvant suggérer un quelconque avantage relatif aux futures poussées ou à la qualité de vie liée à la santé. La mise en œuvre de TDVR en phase stable de MPOC ne semblait pas affecter les poussées ni les hospitalisations, mais il se pourrait qu'elle améliore la qualité de vie liée à la santé.

Les techniques impliquant de souffler à l'encontre d'une pression expiratoire positive pourraient être plus bénéfiques que d'autres types de TDVR. L'absence d'événements indésirables observés dans cette étude suggère que les TDVR sont sans danger pour les personnes atteintes de MPOC.

Conclusions des auteurs: 

Les données de cette revue indiquent que les techniques de dégagement des voies respiratoires sont sans danger pour les personnes atteintes de MPOC et ont de légers effets bénéfiques sur certains aspects cliniques. On peut envisager l'utilisation des techniques de dégagement des voies respiratoires pour les patients atteints de MPOC, tant en phase aiguë qu'en période stable ; les études réalisées suggèrent toutefois que les avantages obtenus pourraient n'être que faibles.

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Contexte: 

La toux et la production d'expectorations sont choses courantes dans les maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) et sont associées à des résultats cliniques indésirables. Les techniques de dégagement des voies respiratoires (TDVR) visent à nettoyer les expectorations qui encombrent les poumons, mais la preuve de leur efficacité lors d'exacerbations aiguës de la MPOC (EAMPOC), ou durant la phase stable de la maladie, est incertaine.

Objectifs: 

Évaluer l'innocuité et l'efficacité des TDVR pour les personnes atteintes d'EAMPOC et de MPOC stable.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre spécialisé des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires depuis sa création jusqu'à octobre 2011, et dans PEDro en octobre 2009.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais randomisés en parallèle et des essais randomisés croisés ayant comparé une TDVR à l'absence de traitement, à la toux ou à une TDVR fictive sur des participants atteints, tel que défini par les chercheurs, de MPOC, d'emphysème ou de bronchite chronique.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont effectué l'extraction des données et évalué le risque de biais de manière indépendante. Nous avons analysé les données provenant d'études sur l'EAMPOC séparément de celles se rapportant à une MPOC stable, et nous avons classé les effets des TDVR comme 'immédiats' (moins de 24 heures), 'à court terme' (de 24 heures à huit semaines) ou 'à long terme' (plus de huit semaines). Une analyse en sous groupe a comparé les effets des TDVR utilisant une pression expiratoire positive (PEP) à celles n'en utilisant pas.

Résultats principaux: 

Vingt trois études, totalisant 907 participants, ont été incluses dans cette revue. Les effectifs des études étaient généralement petits (de 5 à 96 personnes) et la qualité globale était généralement médiocre en raison de l'insuffisance des procédures de mise en aveugle et d'assignation. Les méta-analyses étaient limitées par l'hétérogénéité des mesures de résultat et l'insuffisance des données rapportées.

Chez les personnes victimes d'EAMPOC, l'utilisation de TDVR était associée à de légères, mais significatives, réductions à court terme du besoin d'assistance ventilatoire accrue (rapport des cotes (RC) 0,21 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,05 à 0,85 ; données de quatre études sur 171 personnes), de la durée de l'assistance ventilatoire (différence moyenne (DM) -2,05 jours ; IC à 95 % -2,60 à -1,51 ; durée moyenne de sept jours pour les groupes de contrôle ; données de deux études sur 54 personnes) et de la durée de l'hospitalisation (DM - 0,75 jours ; IC à 95 % -1,38 à -0,11 ; durée moyenne de neuf jours pour les groupes de contrôle ; une étude sur 35 personnes). Des données provenant d'un nombre limité d'études n'ont pas mis en lumière de bénéfices significatifs à long terme des TDVR pour ce qui concerne le nombre d'exacerbations ou d'hospitalisations, ni d'effet bénéfique à court terme sur la qualité de vie liée à la santé (QVLS) telle que mesurée par le score au questionnaire SGRQ (St. George's Respiratory Questionnaire) (DM -2,30 ; IC à 95 % -11,80 à 7,20 ; une étude sur 59 personnes).

Chez les personnes souffrant de MPOC stable, les données provenant d'études uniques n'indiquaient pas de bénéfices significatifs à court terme des TDVR sur le nombre de personnes présentant des exacerbations (RC 3,21 ; IC à 95 % 0,12 à 85,20 ; une étude sur 30 personnes), mais mettaient en évidence des améliorations significatives à court terme de la QVLS, telle que mesurée par le score SGRQ total, (DM -6,10; ; IC à 95 % -8,93 à -3,27 ; une étude sur 15 personnes) ainsi qu'une réduction à long terme du besoin d'hospitalisation pour problèmes respiratoires (RC 0,27 ; IC à 95 % 0,08 à 0,95 ; une étude sur 35 participants).

L'ampleur de l'effet des TDVR à base de PEP sur le besoin d'assistance ventilatoire accrue et la durée d'hospitalisation était plus grande que pour les TDVR sans PEP, mais nous n'avons pas trouvé de différence statistiquement significative entre les sous-groupes. Un cas de vomissements pendant le traitement avait été signalé, avec drainage postural et tête inclinée vers le bas.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.