Interventions pharmacologiques pour traiter le prurit chez des patients adultes en soins palliatifs

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Le prurit est le nom médical des démangeaisons, qui peuvent constituer un problème dans des contextes de soins palliatifs où les traitements contre le cancer ou des néphropathies graves sont administrés. Dans cette revue nous avons examné les essais cliniques de qualité élevée portant sur des traitements médicamenteux pour prévenir ou traiter les démangeaisons en soins palliatifs. Nous avons constaté que 30 médicaments différents avaient été évalués dans 40 études, impliquant 1 286 personnes souffrant de démangeaisons. Il y avait très peu d'informations sur les traitement médicamenteux particuliers permettant de fonder une évaluation fidèle du mode d'action éventuel des différents médicaments, ou de leur efficacité avérée. Il y avait suffisamment d'informations pour désigner certains traitements éventuellement utiles comme causes spécifiques des démangeaisons. Ils incluaient l'indométhacine pour les démangeaisons associées au VIH, la gabapentine et la nalfurafine pour les démangeaisons associées à une néphropathie chronique, et la rifampicine et le flumécinol pour les démangeaisons associées aux problèmes hépatiques. La paroxétine pourrait se révéler être un médicament présentant une pertinence générale quelle que soit la cause des démangeaisons. La quantité d'informations identifiées est trop limitée pour tirer des conclusions définitives sur les effets indésirables. La recherche dans le domaine des soins palliatifs est difficile et à court terme, mais il est nécessaire de réaliser d'autres études de bonne qualité sur la prévention et le traitement des démangeaisons (prurit).

Conclusions des auteurs: 

Les résultats de cette revue indiquent que le nombre de médicaments systémiques et topiques utilisés pour les différentes sous-formes de prurit est en augmentation. Différentes interventions se sont révéler efficaces dans le traitement du prurit de différentes origines. Néanmoins, un traitement optimal pour le prurit est limité par la compréhension limitée des médiateurs et récepteurs cruciaux des démangeaisons dans les diverses sous-formes de démangeaisons. Les traitements antiprurigineux parfaits manquent toujours, surtout pour les patients en soins palliatifs.

Cette revue systématique indique également que les preuves sont insuffisantes pour émettre la moindre recommandation concrète concernant le traitement du prurit chez les patients en soins palliatifs. Compte tenu des effectifs très petits et de la mauvaise qualité méthodologique de la majorité des études qui ont été incluses, les résultats de la revue doivent être interprétés avec prudence. En outre, la généralisabilité est discutable. Des études supplémentaires, et en particulier des essais de traitement soigneusement conçus, sont nécessaires pour fournir des preuves solides en faveur du traitement adapté du prurit chez les patients en soins palliatifs.

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Contexte: 

Le prurit n'est pas le symptôme le plus répandu mais l'un des symptômes les plus curieux chez les patients en soins palliatifs. Il peut provoquer une gêne considérable et a un impact majeur sur la qualité de vie des patients. Dans le domaine des soins palliatifs, le prurit est un symptôme survenant chez les patients souffrant de maladies sous-jacentes disparates et est lié à des mécanismes pathologiques différents mais se terminant par le même phénomène. La pathogénèse du prurit est complexe et n'est pas entièrement élucidée. C'est pourquoi, il est toujours très difficile de traiter le prurit efficacement. Des approches de traitement fondées sur des preuves sont nécessaires.

Objectifs: 

L'objectif était d'évaluer l'efficacité des différents traitements pharmacologiques pour la prévention ou le traitement du prurit chez des patients adultes en soins palliatifs.

La stratégie de recherche documentaire: 

Une recherche systématique de littérature a été effectuée jusqu'à janvier 2012 et a été mise à jour en août 2012. Les bases de données suivantes ont été examinées : The Cochrane Library (CENTRAL, DARE, CDSR) (2012, numéro 8 sur 12) ; MEDLINE (de 1950 à août 2012) ; EMBASE (de 1980 à août 2012) et trois autres bases de données. En outre, nous avons effectué une recherche dans les registres d'essais et vérifié les bibliographies de toutes les études pertinentes, les manuels, les revues et les sites Internet les plus importants, et contacté les investigateurs et les spécialistes du prurit et des soins palliatifs au sujet des données non publiées.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés évaluant les effets de différents traitements pharmacologiques sur la prévention ou le traitement du prurit chez des patients en soins palliatifs.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de revue ont indépendamment évalué les titres et les résumés des articles identifiés. Trois auteurs indépendants ont évalué toutes les études potentiellement pertinentes, extrait les données et évalué les risques de biais et la qualité méthodologique. Les résultats ont été résumés de manière descriptive en fonction des différentes interventions pharmacologiques et du type de prurit sous-jacent. Lorsque cela était possible, nous avons présenté les résultats dans des méta-analyses.

Résultats principaux: 

Au total, 38 comptes rendus concernant 40 études et 1 286 participants ont été inclus dans la revue. Dans l'ensemble, 30 traitements différents contre le prurit dans quatre groupes de patients différents ont été inclus.

Les résultats de cette revue ont indiqué que le traitement du prurit chez les patients en soins palliatifs est difficile et exige une approche de traitement au cas par cas. Les résultats ont montré que les choix thérapeutiques efficaces doivent être guidés par la physiopathologie du prurit. Il existe diverses formes de prurit, surtout dans le domaine des soins palliatifs, et parfois l'origine du prurit est difficile à déterminer. C'est pourquoi, l'identification de la cause sous-jacente du prurit est d'une importance primordiale pour développer des plans de traitement adaptés, même si en soins palliatifs le traitement se concentre sur le symptôme et pas nécessairement sur la maladie sous-jacente.

Les résultats montrent que chez les patients en soins palliatifs atteints de prurit de différentes natures, le traitement avec le médicament paroxétine, un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine, peut se rélvéler bénéfique. Pour les patients souffrant de prurit associé à l'infection par le VIH, l'indométhacine a été décrite comme étant le médicament le plus efficace, même si les preuves étaient peu probantes. Pour les patients souffrant de prurit associé à une néphropathie chronique, la gabapentine peut constituer une option. Un traitement alternatif pour ce groupe de patients semble être l'agoniste des récepteurs des opiacés kappa, nalfurafine, qui a effectivement entraîné une amélioration significative du prurit et des effets indésirables acceptables. Comme ils ont entraîné une faible incidence d'effets indésirables, la rifampicine et le flumécinol peuvent être recommandés pour les patients présentant un prurit cholestatique. Il s'avère que l'antagoniste des opiacés, naltréxone, offre une alternative thérapeutique aux patients souffrant de prurit urémique ou cholestatique. Cependant, ces médicaments sont souvent inappropriés dans la population de patients en soins palliatifs en raison du risque de diminuer l'analgésie lors de l'administration de doses élevées de naltréxone.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.