Enzymothérapie de substitution avec idursulfase pour la mucopolysaccharidose de type II (syndrome de Hunter)

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Le syndrome de Hunter ou mucopolysaccharidose de type II est une maladie génétique rare qui survient lorsqu’une enzyme dont le corps a besoin est absente ou ne fonctionne pas bien. Le corps ne dispose pas de quantités adéquates de cette enzyme pour détruire certaines molécules complexes, ces dernières s’accumulent donc en quantités nocives pour certaines cellules ou certains tissus. Le développement qui apparait dans le syndrome de Hunter cause à terme des dommages progressifs permanents qui affectent l’apparence, le développement mental, la fonction de certains organes et les capacités physiques. Le syndrome de Hunter apparait chez les enfants dès l’âge de deux ans et touche quasiment toujours les garçons. Dans le passé, le traitement du syndrome de Hunter était limité au soulagement des symptômes et des complications. L’enzymothérapie de substitution avec idursulfase vise à remplacer l’iduronate-2-sulfatase, l’enzyme qui est déficiente ou absente chez les personnes atteintes du syndrome de Hunter. Pour autant, au vu de son coût élevé, il est indispensable d’évaluer l’efficacité et la sécurité de ce traitement. Les preuves actuelles sont limitées parce qu’il n’y avait qu’un essai clinique randomisé disponible dans la litterature médicale. Cet essai a été considéré comme de bonne qualité générale et par rapport au placebo, l’enzymothérapie de substitution avec idursulfase chez les personnes atteintes du syndrome de Hunter a conduit à une certaine amélioration de la capacité à marcher des patients et à une baisse de l’excrétion de mucopolysaccharides anormaux dans les urines. A ce jour, il n’y a pas de preuve disponible dans la littérature indiquant que le traitement atténue les complications de la maladie telles que la qualité de vie et à la mortalité.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves actuelles sont limitées. Même si l’essai clinique randomisé identifié était considéré comme étant de bonne qualité, il n’a pas réussi à décrire des résultats importants. Il a été démontré que l’enzymothérapie de substitution avec idursulfase est efficace concernant la capacité fonctionnelle (distance parcourue en six minutes et capacité vitale forcée), les volumes du foie et de la rate et l’excrétion urinaire de glucosaminoglycanes chez les patients atteints de mucopolysaccharidose de type II par rapport au placebo. Il n’existe aucune preuve disponible dans l’étude incluse et dans les documentations sur des critères telles que l’amélioration de la croissance, l’apnée du sommeil, la fonction cardiaque, la qualité de vie et la mortalité. Des études supplémentaires sont nécessaires pour obtenir plus d’informations sur l’efficacité à long terme et la sécurité de l’enzymothérapie de substitution.

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Contexte: 

La mucopolysaccharidose de type II, également connue sous le nom de syndrome de Hunter, est une maladie rare liée au chromosome X, causée par un déficit d’iduronate-2-sulfatase, une enzyme lysosomale qui catalyse une étape dans le catabolisme des glucosaminoglycanes. Les glucosaminoglycanes s’accumulent dans les tissus en affectant de multiples organes et systèmes physiologiques. Les manifestations cliniques comprennent des atteintes neurologiques, une obstruction grave des voies aériennes, des déformations du squelette et une cardiomyopathie. L’âge auquel la maladie apparaît est variable, tout comme l’est la vitesse de progression. Chez les patients gravement touchés par la maladie, le décès survient généralement avant 20 ans alors que les patients moins gravement touchés peuvent survivre à l’âge adulte. L’enzymothérapie de substitution avec perfusions en intraveineuse d’idursulfase a fait son apparition comme nouveau traitement de la mucopolysaccharidose de type II.

Objectifs: 

Evaluer l’efficacité et la sécurité de l’enzymothérapie de substitution avec idursulfase par rapport aux autres interventions, au placebo ou à aucune intervention, pour traiter la mucopolysaccharidose de type II.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons fait des recherches dans le Registre d’essais du groupe Cochrane sur la fibrose kystique et les troubles génétiques (date de la dernière recherche, le 22 juillet 2013).

Nous avons également effectué des recherches dans EMBASE, PubMed et dans la Literature Latino-Americana e do Caribe em Ciências da Saúde (LILACS) (date de la dernière recherche, 9 juillet 2013).

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés de l’enzymothérapie de substitution avec idursulfase par rapport à aucune intervention, au placebo ou aux autres options (par ex. stratégies comportementales, transplantation).

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont revus indépendamment les essais identifiés, ils ont évalué la qualité des essais et extrait les données.

Résultats principaux: 

Une étude (soit 96 patients) répondait aux critères d’inclusion, bien que le critère principal d’évaluation de cette revue – score z pour la hauteur et le poids-, n’était pas évalué dans l’étude. Cet essai a été considéré comme de bonne qualité générale. Après 53 semaines de traitement, les patients du groupe qui recevaient 0,5 mg/kg d’idursulfase chaque semaine ont montré un taux d’amélioration significatif par rapport au placebo pour le critère principal d’évaluation : distance parcourue en six minutes sur la base de la somme des classes de changement par rapport au niveau de départ, différente moyenne 37,00 (intervalle de confiance 95% 6,52 à 67,48). Le groupe recevant 0,5 mg/kg d’idursulfase toutes les deux semaines a également montré une amélioration, non significative par rapport au placebo, soit une différence moyenne de 23,00 (intervalle de confiance 95 % -4,49 à 50,49). Après 53 semaines, il n’y avait pas de différence statistiquement significative en pourcentage concernant la capacité vitale forcée prédite entre les trois groupes et la capacité vitale forcée absolue avait augmenté de manière significative par rapport au niveau de départ dans le groupe avec dosage hebdomadaire par rapport au placebo, soit une différence moyenne de 0,16 (intervalle de confiance 95 % 0,05 à 0,27). Aucune différence n’a été observée entre le groupe avec dosage de 0,5 mg/kg d’idursulfase toutes les deux semaines et le placebo.

De plus, les volumes du foie et de la rate et l’excrétion urinaire de glucosaminoglycanes avaient baissé de manière significative par rapport au niveau de départ dans les deux posologies. L’idursulfase a été généralement bien tolérée, mais des réactions à la perfusion sont apparues. Des anticorps anti-idursulfase ont été détectés chez 31,7 % des patients à la fin de l’étude et ils étaient associés à une réduction plus faible des taux de glucosaminoglycanes urinaires.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.