Inhibiteur du facteur de croissance de l'endothélium vasculaire pour le glaucome néovasculaire

Objectif de la revue
Comparer le traitement avec et sans les médicaments anti-facteur de croissance endothéliale vasculaire (anti-VEGF) pour les personnes atteintes de glaucome néovasculaire (GNV).

Message clé
Il n'est pas certain qu'un traitement avec des médicaments anti-VEGF soit plus bénéfique qu'un traitement sans médicaments anti-VEGF pour les personnes souffrant de GNV. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour étudier l'effet à long terme des médicaments anti-VEGF par rapport ou en complément à des traitements classiques.

Qu'avons-nous étudié dans cette revue ?
Le VEGF est une protéine produite par les cellules de votre corps, et produit de nouveaux vaisseaux sanguins lorsque cela est nécessaire. Lorsque les cellules produisent trop de VEGF, des vaisseaux sanguins anormaux peuvent se développer dans l'œil. Le GNV est un type de glaucome dans lequel l'angle entre l'iris (partie colorée de l'œil) et la cornée (partie transparente de l'avant de l'œil) est fermé par de nouveaux vaisseaux sanguins qui se développent dans l'œil, d'où le nom de "néovasculaire". De nouveaux vaisseaux sanguins peuvent causer des cicatrices et un rétrécissement, qui peuvent éventuellement entraîner une fermeture complète de l'angle. Il en résulte une augmentation de la pression oculaire, car le liquide dans l'œil ne peut pas s'écouler correctement. Dans les GNV, l'œil est souvent rouge et douloureux, et la vision est anormale. Une pression élevée dans l'œil peut entraîner la cécité.

Les médicaments anti-VEGF sont un type de médicaments qui bloquent le VEGF, ralentissant ainsi la croissance des vaisseaux sanguins. Il est administré par injection dans l'œil. Il peut être utilisé à un stade précoce, lorsque le traitement conventionnel n'est pas possible. La plupart des études font état des avantages à court terme (généralement de quatre à six semaines) des médicaments anti-VEGF, mais les bénéfices à long terme ne sont pas clairs.

Quels ont été les principaux résultats de cette revue ?
Nous avons inclus quatre études comprenant un total de 263 participants atteints de GNV. Dans une étude, les résultats au-delà de la période de traitement d'une semaine n'ont pas pu être évalués. Dans une autre étude, les résultats étaient incertains en raison des limites du plan de l'étude.

Les deux dernières études ont rapporté de résultats différents en ce qui concerne la réduction de la pression oculaire ; l'une d'entre elles n'a pas donné de résultats concluants, et l'autre a montré que les médicaments anti-VEGF étaient plus efficaces. La certitude des données dans ces études était faible, en raison des limites du plan des études et de l'incohérence des résultats. Par conséquent, les données disponibles sont insuffisantes pour recommander l'utilisation systématique de médicaments anti-VEGF chez les personnes souffrant de GNV.

Niveau d’actualisation de la revue ?
Nous avons recherché les études publiées jusqu'au 22 mars 2019.

Conclusions des auteurs: 

Les données probantes actuellement disponibles sont incertaines quant à l'efficacité à long terme des médicaments anti-VEGF, tels que le ranibizumab ou le bevacizumab intravitréen ou l'aflibercept, en tant que complément au traitement conventionnel pour abaisser la PIO dans les GNV. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour étudier l'effet à long terme de ces médicaments par rapport ou en complément d'un traitement chirurgical ou médical conventionnel pour abaisser la PIO dans les GNV.

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Contexte: 

Le glaucome néovasculaire (GNV) est un glaucome secondaire potentiellement aveuglant. Il est causé par la formation de nouveaux vaisseaux sanguins anormaux, qui empêchent le drainage normal de l'eau du segment antérieur de l'œil. Les médicaments anti-facteur de croissance endothéliale vasculaire (anti-VEGF) sont des inhibiteurs spécifiques des principaux médiateurs de la néovascularisation. Des études ont rapporté l'efficacité des médicaments anti-VEGF pour le contrôle de la pression intraoculaire (PIO) dans les GNV.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des médicaments anti-VEGF intraoculaires, seuls ou avec un ou plusieurs types de thérapie conventionnelle, par rapport à l'absence de médicaments anti-VEGF pour le traitement des GNV.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL (qui contient le registre des essais du groupe Cochrane de l’’Ophtalmologie), MEDLINE, Embase, PubMed et LILACS jusqu'au 22 mars 2019, dans metaRegister of Controlled Trials jusqu'au 13 août 2013 et dans deux autres registres d'essais jusqu'au 22 mars 2019. Nous n'avons appliqué aucune restriction concernant la langue ou la date lors des recherches électroniques d'essais.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) de personnes traitées avec des médicaments anti-VEGF pour les GNV.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont évalué indépendamment les résultats des recherches pour les essais, ont extrait les données et ont évalué le risque de biais et la certitude des données. Les divergences ont été résolues par la discussion.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus quatre ECR (263 participants) et identifié un ECR en cours. Chaque essai a été mené dans un pays différent : Chine, Brésil, Égypte et Japon. Nous avons estimé que les essais présentaient un risque de biais peu clair pour la plupart des domaines en raison d'informations insuffisantes. Deux essais ont comparé le bevacizumab intravitréen combiné à l'implantation d'une valve d'Ahmed et la photocoagulation panrétinienne (PPR) avec l'implantation d'une valve d'Ahmed et la PPR. Nous n'avons pas combiné ces deux essais en raison d'une grande hétérogénéité clinique et statistique. Un essai a randomisé les participants pour qu'ils reçoivent une injection d'un médicament anti-VEGF intravitréen ou un placebo lors de la première visite, suivie d'un traitement non randomisé selon les résultats cliniques après une semaine. Le dernier essai a randomisé les participants qui ont reçu la PPR avec et sans ranibizumab, mais les détails de l'étude n'étaient pas disponibles pour une analyse plus approfondie.

Deux essais qui ont examiné la PIO ont montré des résultats incohérents. L'un d'entre eux a obtenu des résultats non concluants en ce qui concerne la PIO moyenne entre les participants qui ont reçu des médicaments anti-VEGF et ceux qui n'en ont pas reçu, à un mois (différence moyenne [MD] -1,60 mmHg, intervalle de confiance [IC] de 95% -4,98 à 1,78 ; 40 participants), et à un an (MD 1,40 mmHg, IC de 95% -4,04 à 6,84 ; 30 participants). Soixante-cinq pour cent des participants ayant pris des médicaments anti-VEGF ont atteint une PIO de 21 mmHg, contre 60 % sans médicaments anti-VEGF. Dans un autre essai, ceux qui ont reçu des médicaments anti-VEGF ont été plus susceptibles de réduire leur PIO que ceux qui n'en ont pas reçu, à un mois (MD -6,50 mmHg, IC 95% -7,93 à -5,07 ; 40 participants), et à un an (MD -12,00 mmHg, IC 95% -16,79 à -7,21 ; 40 participants). Quatre-vingt-quinze pour cent des participants ayant pris des médicaments anti-VEGF ont atteint une PIO ≤ 21 mmHg, contre 50 % sans médicaments anti-VEGF. La certitude de l’ensemble de données probantes était faible pour ce critère de jugement en raison des limites de la conception et de l'incohérence des résultats entre les études.

Les complications postopératoires comprenaient une hémorragie de la chambre antérieure (3 yeux) et une hémorragie conjonctivale (2 participants) dans le groupe des médicaments anti-VEGF, et un décollement de la rétine et une phtisie du globe oculaire (1 participant chacun) dans le groupe témoin. La certitude des données probantes est faible en raison de l'imprécision des résultats et du caractère indirect des données probantes.

Aucun essai n'a rapporté la proportion de participants présentant une amélioration de l'acuité visuelle, la proportion de participants présentant une régression complète des nouveaux vaisseaux de l'iris, ou la proportion de participants présentant un soulagement de la douleur et une résolution des rougeurs après quatre à six semaines ou un an de suivi.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Gabriel Perraud et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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