Comparaison de la technique de respiration en cycle actif (TRCA) avec d'autres méthodes de dégagement des voies respiratoires chez les personnes atteintes de mucoviscidose

Question de la revue

Nous avons examiné les éléments de preuve concernant l'effet de la technique de respiration en cycle actif (TRCA) par rapport à d'autres méthodes de dégagement des voies respiratoires chez les personnes atteintes de mucoviscidose.

Contexte

Les infections chroniques sont courantes chez les personnes atteintes de mucoviscidose, et des infections répétées peuvent provoquer des lésions et des maladies pulmonaires. Les personnes atteintes de mucoviscidose utilisent des méthodes de dégagement des voies respiratoires pour dégager le mucus et améliorer la fonction pulmonaire. La technique de respiration en cycle actif associe trois méthodes de respiration pour détacher et dégager le mucus. Ceci est une mise à jour d'une revue publiée précédemment.

Date de la recherche

Les preuves sont à jour en date du 25 avril 2016.

Caractéristiques de l'étude

Alors que 19 études comparant la technique de respiration en cycle actif à d'autres méthodes de dégagement des voies respiratoires sont incluses dans cette revue, seules cinq études (192 participants) ont fourni des données que nous avons pu inclure dans l'analyse. Chacune des cinq études a comparé différentes techniques : la technique de respiration en cycle actif a été comparée avec le drainage autogène, les dispositifs respiratoires oscillants, les dispositifs de compression thoracique à haute fréquence, la pression expiratoire positive et la kinésithérapie respiratoire conventionnelle. La plupart des études ont duré un seul jour, mais deux études ont duré entre un et trois ans. Les participants étaient âgés de six à 63 ans et la plupart (63 %) étaient des hommes.

Principaux résultats

Nous avons constaté que la technique de respiration en cycle actif était comparable à d'autres traitements pour des critères de jugement tels que la qualité de vie, les préférences personnelles, la tolérance à l'exercice, la fonction pulmonaire, la masse des expectorations, la saturation en oxygène et le nombre d'exacerbations pulmonaires. Nous n'avons pas été en mesure de déterminer qu'une technique unique était plus efficace qu'une autre. Des études de plus longue durée sont nécessaires pour mieux évaluer les effets de la technique de respiration en cycle actif sur les critères de jugement importants pour les personnes atteintes de mucoviscidose, tels que la qualité de vie et les préférences personnelles.

Qualité des preuves

Beaucoup de ces études n'ont pas fourni suffisamment de détails concernant les méthodes employées pour déterminer si des biais avaient pu affecter les résultats. De nombreuses études n'ont pas rendu compte de la méthode utilisée pour déterminer quelles personnes bénéficieraient de quel traitement, ni de la façon de s'assurer que les personnes ayant assigné les patients à différents groupes de traitement et celles ayant évalué les résultats ne savaient pas à quel groupe chaque individu appartenait. La plupart des études incluses présentaient un plan d'étude croisé (dans lequel les personnes suivent un premier traitement, puis passent au second), et un grand nombre d'entre elles n'ont pas rendu compte de la durée entre les différents traitements. Du fait qu'il est possible que le premier traitement puisse influer sur les résultats du traitement suivant, nous avons uniquement inclus les résultats de la première période de traitement. Un grand nombre d'études n'ont pas rapporté les résultats individuels pour la première période de traitement uniquement, de sorte que nous n'avons pas inclus leurs résultats dans notre revue.

Tous les participants savaient à quel groupe de traitement ils appartenaient (il n'est pas possible de dissimuler différentes techniques de kinésithérapie). Cela pourrait avoir affecté les résultats pour certains des critères de jugement déclarés, tels que la qualité de vie, les préférences personnelles, ou la tolérance à l'exercice, mais a peu de chances d'avoir affecté les critères de jugement plus objectifs, tels que la fonction pulmonaire.

La plupart des études suivaient les patients y participant pendant moins d'un mois, et ce durant la totalité de la période d'étude et pour la plupart des patients. Dans deux des trois études plus longues, plus de 10 % des participants ont abandonné l'étude. Les résultats de ces études ont pu être affectés si les personnes ayant abandonné n'étaient pas réparties de façon homogène dans l'ensemble des groupes de traitement.

Plus de la moitié des études ont veillé à ce que les participants aient eu recours à la méthode de dégagement des voies respiratoires qu'ils étaient censés utiliser. La plupart des études ont rendu compte de tous les critères de jugement prévus.

Les résultats de la revue étaient limités car peu d'études ont effectué les mêmes comparaisons ; en outre, peu d'études à long terme ont été menées et les études que nous avons incluses ne rapportaient pas suffisamment de données.

Conclusions des auteurs : 

Il n'existe pas suffisamment de preuves pour soutenir ou réfuter l'utilisation de la technique de respiration en cycle actif par rapport à tout autre méthode de dégagement des voies respiratoires. Cinq études, comportant des données issues de huit comparateurs différents, ont révélé que la technique de respiration en cycle actif était comparable à d'autres méthodes pour des critères de jugement tels que la préférence des participants, la qualité de vie, la tolérance à l'exercice, la fonction pulmonaire, la masse des expectorations, la saturation en oxygène et le nombre d'exacerbations pulmonaires. Des études à plus long terme sont nécessaires pour évaluer de façon plus adéquate les effets de la technique de respiration en cycle actif sur des critères de jugement importants pour les personnes atteintes de mucoviscidose, tels que la qualité de vie et la préférence.

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Contexte : 

Les personnes atteintes de mucoviscidose sont victimes d'infections chroniques des voies respiratoires en raison de l'accumulation de mucus dans les poumons. Les infections répétées peuvent provoquer des lésions et des maladies pulmonaires. Les thérapies de dégagement des voies respiratoires visent à améliorer l'élimination du mucus, à augmenter la production d'expectorations et à améliorer la fonction respiratoire. La technique de respiration en cycle actif (également connue sous le nom de TRCA) est une méthode de dégagement des voies respiratoires qui utilise un cycle de techniques permettant de détacher les sécrétions des voies respiratoires, comprenant le contrôle de la respiration, les exercices d'expansion thoracique et la technique de l'expiration forcée. Ceci est une mise à jour d'une revue publiée précédemment.

Objectifs : 

Comparer l'efficacité clinique de la technique de respiration en cycle actif à d'autres méthodes de dégagement des voies respiratoires chez les personnes atteintes de mucoviscidose.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la mucoviscidose, élaboré à partir de recherches issues des bases de données électroniques ainsi que des recherches manuelles réalisées dans des journaux et des actes de conférence. Nous avons également effectué des recherches dans les références bibliographiques des articles et revues pertinents.

Date de la dernière recherche : 25 avril 2016.

Critères de sélection : 

Études cliniques contrôlées randomisées ou quasi-randomisées, comprenant les études croisées, comparant la technique de respiration en cycle actif à d'autres méthodes de dégagement des voies respiratoires chez les personnes atteintes de mucoviscidose.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs de la revue ont examiné chaque article indépendamment, extrait les données et évalué le risque de biais de chaque étude.

Résultats principaux : 

Notre recherche a identifié 62 études, dont 19 (440 participants) remplissaient les critères d'inclusion. Cinq études contrôlées randomisées (192 participants) ont été incluses dans la méta-analyse ; trois d'entre elles étaient des études croisées. Les 14 études restantes étaient des études croisées dont les rapports ne permettaient pas une évaluation complète. La taille des études variait entre sept et 65 participants. L'âge des participants variait entre six et 63 ans (moyenne d'âge de 22,33 ans). Dans 13 études, le suivi ne durait qu'un seul jour. Cependant, deux études contrôlées randomisées à long terme comportaient un suivi d'un à trois ans. La plupart des études n'avaient pas rendu compte des principaux éléments de qualité, et, par conséquent, présentent un risque de biais incertain en termes de génération de séquences aléatoires, d'assignation secrète et de mise en aveugle des évaluateurs de critères de jugement. En raison de la nature de l'intervention, aucune des études n'a impliqué la mise en aveugle des participants ou du personnel effectuant les interventions. Cependant, la plupart des études ont rendu compte de tous les critères de jugement prévus, présenté un suivi adéquat, évalué l'observance, et utilisé une analyse en intention de traiter.

Les études incluses ont comparé la technique de respiration en cycle actif au drainage autogène, à des dispositifs respiratoires oscillants, à des dispositifs de compression thoracique à haute fréquence, à la kinésithérapie respiratoire conventionnelle et à la pression expiratoire positive. Les préférences en matière de techniques ont varié : davantage de participants ont préféré le drainage autogène à la technique de respiration en cycle actif, un plus grand nombre de patients ont préféré la technique de respiration en cycle actif aux dispositifs respiratoires oscillants, et un plus grand nombre d'entre eux ont été plus à l'aise avec la technique de respiration en cycle actif qu'avec la compression thoracique à haute fréquence. Aucune différence significative n'a été observée en termes de qualité de vie, de masse des expectorations, de tolérance à l'exercice, de fonction pulmonaire ou de saturation en oxygène entre la technique de respiration en cycle actif et le drainage autogène, ou entre la technique de respiration en cycle actif et les dispositifs respiratoires oscillants. Il n'y a pas eu de différence significative dans la fonction pulmonaire et dans le nombre d'exacerbations pulmonaires entre la technique de respiration en cycle actif seule ou en association avec la kinésithérapie respiratoire conventionnelle. Tous les autres critères de jugement n'étaient pas mesurés ou bien manquaient de donnés pour pouvoir être analysés.

Notes de traduction : 

Post-édition : Bruno Goisque (M2 ILTS, Université Paris Diderot)

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