Télésanté dans le traitement de la MPOC - bronchite et emphysème

La bronchite et l'emphysème liés au tabac sont aujourd'hui considérés comme faisant partie des maladies pulmonaires obstructives chroniques, MPOC. Parce que ce sont des maladies qui essoufflent les patients souvent avec une toux et une augmentation des mucosités. Ces patients connaissent des phases d’aggravation des symptômes pendant lesquelles ils sont "à bout de souffle" et ils doivent aller à l'hôpital pour être traités. Soigner ces personnes de cette façon est très coûteux et bien souvent ils ne souhaitent pas séjourner à l'hôpital mais les alternatives sont peu nombreuses. La télésanté implique l'utilisation de technologie comme le téléphone, les caméras vidéo et l'Internet pour permettre aux gens de rester à la maison et de communiquer avec une infirmière ou un médecin lorsqu'elles se trouvent dans une période d'aggravation de l’essoufflement. Les professionnels peuvent obtenir des informations du patient pour leur permettre de proposer des traitements et de surveiller le patient de près sans avoir à aller à l'hôpital ou dans les services d'urgences. Cette étude montre que les personnes traitées de cette façon réussissent à rester hors de l'hôpital plus longtemps que les personnes traitées par des systèmes de soin plus conventionnels. Certaines données montrent que bien que ces systèmes soient chers au départ, s’ils parviennent à maintenir les patients hors des hôpitaux, les économies générées les rendent moins coûteux sur le long terme.

Conclusions des auteurs: 

La télésanté dans la MPOC semble avoir un impact possible sur la qualité de vie des patients et sur le nombre de présentations des patients auprès des services d'urgences et dans les hôpitaux. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier précisément son rôle puisque les essais incluaient la télésanté dans le cadre de packages plus complexes.

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Contexte: 

La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est une maladie obstructive des voies aériennes irréversible, dans laquelle les patients souffrent souvent de crises. Parfois ces crises nécessitent des soins hospitaliers: la télésanté peut potentiellement réduire les hospitalisations lorsqu'elle est utilisée pour administrer des soins aux patients depuis leurs domiciles.

Objectifs: 

Pour évaluer l'efficacité de la télésanté pour la MPOC comparé aux soins habituels en face à face.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons examiné le Registre Cochrane spécialisé dans les voies aériennes, qui est dérivé des recherches systématiques du registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE, CINAHL, AMED, et PsycINFO ; dernière recherche datée de janvier 2010,

Critères de sélection: 

Nous avons sélectionné des essais contrôlés randomisés qui ont évalué la télésanté définie comme suit: santé à distance, impliquant la communication de données depuis le patient au soignant, normalement un médecin ou une infirmière, qui analyse alors l'information et y répond avec une réponse concernant la gestion de la maladie. Les critères de jugement principaux étaient: le nombre de crises, la qualité de vie telle quelle est décrite dans le questionnaire respiratoire de St George, les hospitalisations, les visites dans les centres d'urgences, et les décès.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont sélectionné indépendamment des essais à inclure et ont extrait les données. Nous avons combiné des données en graphiques dits "forest plots" en utilisant des modèles à effets fixes, car l'hétérogénéité était basse (I2 < 40%).

Résultats principaux: 

Dix essais ont répondu aux critères d'inclusion. La télésanté a été évaluée dans le cadre d'une intervention complexe, comprenant la gestion des cas infirmiers et d'autres interventions. La télésanté a été associée à une augmentation de la qualité de vie dans deux essais comptant 253 participants (différence moyenne -6,57 (intervalle de confiance (IC) à 95% entre -13,62 et 0,48) ; la différence clinique significative minimum est un changement de -4,0), mais l'intervalle de confiance était large. La télésanté montre une réduction significative dans le nombre de patients se présentant dans des services d'urgences au moins une fois sur 12 mois ; rapport des cotes (RC) 0,27 (IC à 95% entre 0,11 et 0,66) dans trois essais avec 449 participants, et le RC d'au moins une hospitalisation dans les 12 mois était de 0,46 (IC à 95% entre 0,33 et 0,65) dans six essais avec 604 participants. Aucune différence significative dans le RC pour les décès sur les 12 mois pour le groupe de télésanté n'a été rapportée par rapport au groupe habituel dans les trois essais avec 503 participants. RC 1,05 (IC à 95% entre 0,63 et 1,75).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.