Certolizumab pégol dans le traitement des adultes atteints de polyarthrite rhumatoïde

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Nous avons actualisé la revue systématique Cochrane sur l'effet du certolizumab pégol chez les adultes atteints de polyarthrite rhumatoïde. Après avoir recherché toutes les études pertinentes jusqu'en juin 2014, nous avons trouvé 11 études portant sur 4 324 personnes.

Chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde :

- le certolizumab pégol a probablement amélioré le score ACR50 de l'American College of Rheumatology (douleur, fonction et autres symptômes de la polyarthrite rhumatoïde), la qualité de vie liée à la santé et les chances de rémission de la polyarthrite rhumatoïde ;

- le certolizumab pégol a probablement réduit le dommage articulaire visible sur les radiographies ;

- le certolizumab pégol a probablement augmenté le nombre d'événements indésirables graves ;

- moins de personnes sous certolizumab pégol ont arrêté de prendre leur traitement, mais la plupart l'ont fait en raison d'événements indésirables graves.

Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoïde et le certolizumab pégol ?

Chez les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde, le système immunitaire, suractif, attaque la paroi des articulations. Les articulations deviennent gonflées, raides et douloureuses. Il n’existe à l’heure actuelle aucun remède pour la polyarthrite rhumatoïde et les traitements visent donc à soulager la douleur et la raideur, ainsi qu’à améliorer la capacité des patients à se déplacer.

Le certolizumab pégol agit en bloquant une substance produite par l'organisme appelée facteur de nécrose tumorale (TNF, de l'anglais Tumor Necrosis Factor) alpha. Le certolizumab pégol est administré par injection sous-cutanée, par le patient lui-même ou une autre personne.

Qu'arrive-t-il aux personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde qui prennent du certolizumab pégol 200 mg toutes les deux semaines, après six mois ?

ACR50 (amélioration de 50 % dans le nombre d'articulations douloureuses ou enflées et d'autres résultats tels que la douleur et l'incapacité) :

- 27 personnes de plus sur 100 ont ressenti une amélioration des symptômes de polyarthrite rhumatoïde après six mois sous certolizumab pégol (amélioration absolue de 27 %) ;

- 36 personnes sur 100 ayant pris du certolizumab pégol ont ressenti une amélioration, contre 9 personnes sur 100 ayant pris un placebo (une injection factice).

Qualité de vie liée à la santé (questionnaire HAQ - Health Assessment Questionnaire) :

- sur ce questionnaire, le bénéfice supplémentaire pour les personnes ayant pris du certolizumab pégol était un changement de -0,35 unités sur une échelle de 0 à 3 unités (sur laquelle 3 indique un état de santé pire, et un changement négatif indique donc une amélioration) (amélioration absolue de 12 %) ;

- les personnes sous certolizumab pégol qui ont rempli le questionnaire HAQ d'évaluation de la santé ont présente un changement de -0,48 points sur une échelle de 0 à 3, contre un changement de -0,13 points sur une échelle de 0 à 3 pour les personnes ayant pris un placebo.

Rémission (absence de signes cliniques d’inflammation) :

- 11 personnes de plus sur 100 ont présenté une rémission sous certolizumab pégol (amélioration absolue de 11 %) ;

- 13 personnes sur 100 ayant pris du certolizumab pégol ont présenté une rémission, contre 2 personnes sur 100 ayant pris un placebo.

Changements radiologiques (radiographies des articulations) :

- chez les personnes ayant pris du certolizumab pégol, l'atteinte articulaire était de 0,07 unités de moins sur une échelle de 0 à 230 unités (amélioration absolue de -0,29 %) ;

- chez les personnes ayant pris du certolizumab pégol, l'atteinte articulaire était de 0,04 unités de moins sur une échelle de 0 à 230 unités, contre 0,7 unités de plus sur une échelle de 0 à 230 unités chez les personnes ayant pris un placebo.

Événements indésirables graves :

- 4 personnes de plus sur 100 ont présenté des événements indésirables graves sous certolizumab pégol (4 % en dommage absolu) ;

- 8 personnes sur 100 ayant pris du certolizumab pégol ont présenté des événements indésirables graves, contre 4 personnes sur 100 ayant pris un placebo.

Qu'arrive-t-il après 52 semaines aux personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde qui prennent du certolizumab pégol 200 mg et 400 mg ?

Tous les arrêts de traitement :

- 33 personnes de moins sur 100 ont arrêté de prendre le traitement après 52 semaines sous certolizumab pégol par rapport au placebo (amélioration absolue de 34 %) ;

- 23 personnes sur 100 ayant pris du certolizumab pégol ont arrêté de prendre le traitement, contre 56 personnes sur 100 ayant pris un placebo.

Abandons pour cause d'effets indésirables :

- 2 personnes de plus sur 100 ont arrêté de prendre le traitement en raison d'événements indésirables après 52 semaines sous certolizumab pégol par rapport au placebo (amélioration absolue de 2 %) ;

- 5 personnes sur 100 qui ayant pris du certolizumab pégol ont arrêté de prendre le traitement en raison d'événements indésirables, contre 3 personnes sur 100 ayant pris un placebo.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats et les conclusions ne changent pas depuis la précédente revue systématique. Des données probantes de niveau modéré issues d'essais contrôlés randomisés indiquent que le certolizumab pégol seul ou associé au méthotrexate est bénéfique dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Les effets indésirables étaient plus fréquents avec le traitement actif. Nous avons aussi constaté un risque potentiel d'effets indésirables graves.

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Contexte: 

Les inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale (TNF) alpha sont bénéfiques dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR) en termes de réduction du risque d'atteinte articulaire, d'amélioration de la fonction physique et de la qualité de vie. Cette revue Cochrane est une mise à jour d'une revue systématique sur le traitement de la PR par le certolizumab pégol qui a été publiée pour la première fois en 2011.

Objectifs: 

Évaluer les avantages et les inconvénients cliniques du certolizumab pégol (CDP870) chez les patients atteints de PR n’ayant pas bien répondu aux médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (DMARD) traditionnels.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (Bibliothèque Cochrane 2014, Numéro 5), MEDLINE, EMBASE, Scopus, TOXLINE, Web of Knowledge, les sites Web de l'US Food and Drug Administration (FDA) et de l'Agence européenne pour l'évaluation des médicaments (EMEA), les bibliographies d'articles et http/clinicaltrials.gov. Les recherches ont été actualisées entre 2009 (date des dernières recherches de la revue initiale) et le 5 juin 2014.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés comparant le certolizumab pégol à tout autre agent, y compris un placebo ou du méthotrexate (MTX), chez des patients adultes atteints de PR active, malgré un traitement actuel ou précédent par des médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (DMARD) traditionnels, comme le MTX.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué indépendamment les résultats de la recherche et la qualité des essais et ont extrait les données. Les désaccords ont été résolus par la discussion ou l'arbitrage d'un troisième auteur.

Résultats principaux: 

Onze essais ont été inclus dans cette mise à jour. Dix (4 324 patients) ont été inclus dans l'analyse globale des avantages, cinq de plus que précédemment, et dix (3 711 patients) dans l'analyse globale des inconvénients, quatre essais (1 930 patients) de plus que précédemment. La durée du suivi allait de 12 à 52 semaines et les doses de certolizumab pégol de 50 à 400 mg par voie sous-cutanée (SC). Dans les essais de phase III, le contrôle était placebo plus MTX dans cinq essais et placebo dans quatre essais. Le risque de biais des études incluses a été évaluée comme étant faible, mais un risque potentiel de biais d'attrition existe.

Des améliorations statistiquement significatives ont été observées à 24 semaines avec la dose approuvée de 200 mg de certolizumab pégol toutes les deux semaines, en termes de : 1) amélioration de 50 % du score de l'American College of Rheumatology (ACR) : 27 % d'amélioration absolue (IC à 95 % de 20 % à 33 %), NNT de 4 (IC à 95 % de 3 à 8), risque relatif (RR) de 3,80 (IC à 95 % de 2,42 à 5,95) ; 2) questionnaire HAQ d'évaluation de la santé : -12 % d'amélioration absolue (IC à 95 % de -9 % à -14 %), NNT de 6 (IC à 95 % de 5 à 8), différence moyenne (DM) de -0,35 (IC à 95 % de -0,43 à -0,26) (échelle de 0 à 3) ; 3) amélioration de la rémission sur le Disease Activity Score (DAS) : amélioration absolue de 11 % (IC à 95 % de 8 % à 15 %), NNT de 9 (IC à 95 % de 4 à 20), RR de 8,47 (IC à 95 % de 4,15 à 17,28) ; et 4) changements radiologiques : amélioration absolue du score d'érosion (ES) de -0,29 % (IC à 95 % de -0,42 % à -0,17 %), NNT de 6 (IC à 95 % de 4 à 10), DM de -0,67 (IC à 95 % de -0,96 à -0,38) (échelle de 0 à 230). Les événements indésirables graves ont été plus fréquents de façon statistiquement significative sous certolizumab pégol (200 mg toutes les deux semaines), avec un écart de taux absolu de 4 % (IC à 95 % de 2 % à 6 %), NNN de 32 (IC à 95 % de 17 à 88), rapport des cotes (RC) de Peto de 1,77 (IC à 95 % de 1,27 à 2,46). Une augmentation statistiquement significative de tous les arrêts de traitement a été observée dans les groupes placebo (pour toutes doses et durées de suivi), avec un écart de taux absolu de -34 % (IC à 95 % de -18 % à -50 %), NNN de 4 (IC à 95 % de 3 à 5), RR de 0,42 (IC à 95 % de 0,36 à 0,50) ; et une augmentation statistiquement significative des abandons en raison d'événements indésirables a été observée dans les groupes certolizumab (pour toutes doses et durées de suivi), avec un écart de taux absolu de 2 % (IC à 95 % de 1 % à 3 %), NNN de 55 (IC à 95 % de 27 à 238), RC de Peto de 1,66 (IC à 95 % de 1,15 à 2,37).

Le risque de biais était faible et la qualité des preuves a été rétrogradée à modérée en raison des taux d'abandons élevés (> 20 %) dans la plupart des essais. Nous n'avons constaté aucun problème d'incohérence, de détournement, d'imprécision ou de biais de publication.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.