Utilisation répétée de médicaments hormonaux juste avant ou après un rapport sexuel pour éviter une grossesse

Actuellement, aucune méthode de contraception orale n'est approuvée pour une utilisation uniquement lorsque cela est nécessaire, c'est à dire au moment d'un rapport sexuel. Cependant, de nombreuses femmes peuvent souhaiter utiliser une telle méthode. Notre revue a examiné des études portant sur différents médicaments pris au moment de l'acte sexuel pour savoir à quel point ces médicaments permettaient d'éviter une grossesse. Nous avons également évalué l'innocuité des médicaments et vérifié si les femmes les appréciaient.

Nous avons effectué des recherches informatiques jusqu'au 1er septembre 2014 pour trouver des études pertinentes dans n'importe quelle langue. Pour la revue initiale, nous avions également écrit à des chercheurs afin de trouver d'autres essais. Nous avons évalué la qualité des méthodes de recherche utilisées dans les études. Nous avons utilisé l'indice de Pearl pour estimer l'effet. L'indice de Pearl est le nombre de grossesses pour 100 années d'utilisation de la pilule.

Nous avons trouvé 22 études menées au cours des 40 dernières années. Elles ont inclus un total de 12 400 femmes en Europe, en Asie et sur le continent américain. Quinze essais étudiaient différentes doses de l'hormone lévonorgestrel et sept examinaient d'autres hormones. Ces études ont montré que l'utilisation de certaines hormones juste avant ou après le rapport sexuel permettait d'éviter une grossesse. Le lévonorgestrel semblait bien fonctionner et être sûr ; il était accepté par des milliers de femmes dans plusieurs essais de grande envergure. Les effets indésirables les plus courants étaient les problèmes de saignements menstruels. Cependant, ces problèmes n'étaient pas toujours liés à la fréquence de la prise de pilules ou à la dose totale de médicament.

La plupart des études étaient anciennes et de nombreux rapports n'étaient pas complets. Les données étaient néanmoins de qualité modérée en raison du nombre important de femmes dans ces études, des faibles taux de grossesse et des résultats cohérents. Nous ne savons pas avec certitude si l'utilisation répétée de lévonorgestrel lors de rapports sexuels est une méthode de contraception efficace et sûre. Des études supplémentaires de bonne qualité sont nécessaires pour pouvoir répondre à cette question.

Conclusions des auteurs: 

Les études sur des schémas péricoïtaux de LNG ont fourni des résultats prometteurs mais plusieurs d'entre elles souffraient de sérieux problèmes méthodologiques. La plupart des rapports étaient vieux de plusieurs décennies et ont fourni des informations limitées. Cependant, nous avons considéré que les preuves étaient de qualité modérée en raison du grand nombre de participantes de diverses populations, des faibles taux de grossesse et des résultats cohérents entre les études. Des recherches rigoureuses sont encore nécessaires pour confirmer l'efficacité et l'innocuité de l'utilisation péricoïtale du LNG comme moyen de contraception principal chez les femmes ayant des rapports occasionnels. Si la méthode s'avère efficace, sûre et acceptable, cela pourrait justifier la révision des recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé et des stratégies commerciales actuelles.

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Contexte: 

L'utilisation répétée de contraception hormonale post-coïtale n'est pas recommandée actuellement en raison d'un risque plus élevé d'effets secondaires et d'une moindre efficacité contraceptive par rapport aux autres méthodes de contraception modernes. Cependant, de nouvelles données indiquent un regain d'intérêt pour des méthodes régulières de contraception orale liée au coït. Nous avons évalué les données existantes sur l'innocuité et l'efficacité de l'utilisation péricoïtale de lévonorgestrel et d'autres médicaments hormonaux de prévention de la grossesse.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité et l'innocuité de l'utilisation répétée de la contraception hormonale pré- et post-coïtale pour la prévention de la grossesse.

La stratégie de recherche documentaire: 

Jusqu'au 1er septembre 2014, nous avons recherché des essais ayant étudié l'utilisation répétée pré- et post-coïtale de médicaments hormonaux pour la prévention de la grossesse. Les bases de données étaient CENTRAL, MEDLINE et POPLINE. Nous avons recherché des essais en cours via Clinicaltrials.gov et l'ICTRP. Pour la revue initiale, nous avions aussi cherché dans EMBASE, CINAHL et LILACS et avions écrit à des chercheurs afin d'identifier d'autres essais.

Critères de sélection: 

Nous avons pris en compte les études publiées ou non portant sur l'utilisation répétée, post-coïtale ou juste avant le coït, de médicaments contraceptifs hormonaux, et ayant la grossesse comme critère de jugement.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont confirmé l'éligibilité et extrait les données des études incluses de façon indépendante. Nous avons calculé des intervalles de confiance (IC) autour des indices de Pearl des différentes études à l'aide de la loi de Poisson. Nous avons présenté des estimations pour les différentes études et avons regroupé les estimations et leurs IC à 95 % lorsque cela était approprié.

Résultats principaux: 

Nous avons trouvé 22 essais ayant évalué l'utilisation péricoïtale régulière de lévonorgestrel et d'autres médicaments hormonaux pour la prévention de la grossesse. Les études portaient sur un total de 12 400 participantes, et avaient été réalisées en Europe, en Asie et sur le continent américain. Les médicaments et les doses évalués comprenaient le lévonorgestrel (LNG) 0,75 mg (11 études), le LNG à des doses autres que 0,75 mg (4 essais) et des hormones autres que le LNG (7 essais). Les critères de jugement comprenaient notamment les taux de grossesse, l'arrêt du traitement, les effets secondaires et l'acceptabilité.

Le lévonorgestrel péricoïtal était raisonnablement efficace et sûr. L'indice de Pearl regroupé pour la dose de 0,75 mg de LNG était de 5,4 pour 100 années-femmes (IC à 95 % de 4,1 à 7,0). L'indice de Pearl regroupé pour toutes les doses de LNG était de 5,0 pour 100 années-femmes (IC à 95 % de 4,4 à 5,6). Les autres médicaments hormonaux semblaient prometteurs, mais la plupart d'entre eux n'avaient pas été étudiés de façon approfondie. Les irrégularités menstruelles étaient les effets secondaires les plus fréquemment rapportés. Cependant, les études n'ont fourni aucune preuve cohérente d'une relation entre ces anomalies de saignements menstruels et la fréquence de la prise de pilules ou la dose totale de médicament. Outre les anomalies menstruelles, les effets secondaires rapportés étaient légers et n'étaient pas classés dans la plupart des études. La plupart des femmes appréciaient la méthode péricoïtale en dépit des fréquentes irrégularités menstruelles.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.