Dose de rispéridone pour traiter la schizophrénie

La schizophrénie est une maladie mentale grave qui peut chez certaines personnes devenir un problème de long terme.En général, le traitement de première intention pour la schizophrénie consiste à administrer un médicament antipsychotique.Cependant, en raison des effets indésirables que ces médicaments peuvent comporter, au fil du temps, les personnes qui les prennent tentent de trouver la dose de médicament la plus faible avec laquelle ils obtiennent le plus grand bénéfice thérapeutique ; les médecins les encouragent souvent à le faire.À l'inverse, pour les personnes atteintes d'une maladie ne répondant pas bien au médicament, des doses élevées sont souvent employées.Cela peut entraîner de graves effets indésirables et peut déclencher un cycle où les individus obtiennent des bénéfices grâce au médicament, ont des effets secondaires, arrêtent de prendre le médicament et font une rechute.C'est pour cette raison qu'il serait utile de déterminer la dose optimum de chaque antipsychotique pour les différents groupes de personnes.
Cette revue compare différentes doses de rispéridone, un antipsychotique introduit au début des années 1990 et largement prescrit.Onze essais comparant les données de 2 498 personnes ont été identifiés.Ils duraient tous moins de 12 semaines.Certains étudiaient des personnes faisant un premier épisode de schizophrénie ou une rechute aiguë, alors que d'autres étudiaient des personnes atteintes d'une maladie chronique de long terme.Pour les besoins de cette revue, les doses de rispéridone ont été divisées en doses quotidiennes suivantes : très faible (moins de 2 mg), faible (2 mg - moins de 4 mg), standard faible (4 mg - moins de 6 mg), standard élevée (6 mg - moins de 10 mg) et élevée (10 mg ou plus).
Dans les groupes de dose faible et très faible, un nombre significatif de personnes ont arrêté l'étude en raison de la réponse insuffisante, alors que dans le groupe de la dose élevée, elles étaient plus susceptibles de quitter l'étude pour une raison quelconque ou des effets indésirables.Aucune différence significative n'a été rapportée entre les groupes de dose standard faible et standard élevée en termes d'amélioration en général ou de l'état mental, mais de meilleurs résultats ont été obtenus dans ces deux groupes que dans le groupe de dose très faible et moins d'effets indésirables ont été rapportés par rapport au groupe de dose élevée.Certaines preuves montrent que les personnes souffrant un premier épisode répondaient également bien à une dose faible.Il n'y avait pas de donnée de bonne qualité sur l'utilisation de service de santé ou la qualité de vie.Si d'autres essais sont réalisés pour comparer différentes doses de rispéridone, ils devraient être axés sur des groupes de personnes spécifiques, par exemple les personnes souffrant d'un premier épisode ou les malades chroniques vivant dans un environnement communautaire.

(Le résumé simplifié a été préparé pour cette revue par Janey Antoniou de RETHINK, R.-U. www.rethink.org

Conclusions des auteurs: 

Les preuves sont encore insuffisantes pour déterminer la dose optimale pour la pratique clinique. La qualité des essais suggère qu'une surestimation de l'effet est possible et nous pensons que c'est très probablement le cas pour les doses moyennes. Une telle dose (dose standard-faible, 4-<6 mg/jour) semble optimale pour la réponse clinique et les effets indésirables. Des preuves limitées suggèrent que les doses faibles (≧2-<4 mg/jour) pourraient être utiles pour les personnes connaissant un premier épisode de la maladie. Des doses élevées (≧10 mg/jour) n'ont pas conféré de bénéfice par rapport aux autres fourchettes de doses et ont entraîné plus d'effets indésirables, en particulier des troubles du mouvement. Une dose très faible (<2 mg/jour) semble inutile. Nous recommandons l'utilisation de doses allant de la faible dose à la dose standard-faible selon les différents types de patients. De futurs essais devraient porter sur des populations spécifiques, par exemple les personnes souffrant un premier épisode, ayant une exacerbation aiguë, en rechute ou résistantes au traitement, et devraient également étudier la dose optimum de rispéridone pendant une période plus longue et en milieu ordinaire.

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Contexte: 

La rispéridone est un médicament antipsychotique largement utilisé pour traiter les personnes schizophrènes. Il est important d'atteindre un équilibre entre obtenir un maximum d'effets positifs et un minimum de résultats négatifs. La dose optimale de rispéridone est le point central de cette revue.

Objectifs: 

Déterminer le rapport réponse/dose de rispéridone pour traiter la schizophrénie et les psychoses similaires à la schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons recherché toutes les références pertinentes dans le registre d'essais du groupe Cochrane de Schizophrénie (juillet 2008).

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés (ECR) pertinents.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont extrait les données de manière indépendante et résolu les désaccords par discussion avec un troisième membre de l'équipe. Lorsque les données fournies étaient insuffisantes, les auteurs des études ont été contactés. Pour les données dichotomiques homogènes, nous avons calculé un risque relatif (RR) à effet fixe et des intervalles de confiance (IC) à 95 % selon une approche de l'intention de traiter. Pour les données continues, les différences moyennes pondérées (DM) ont été calculées.

Résultats principaux: 

Lorsque la très faible dose de rispéridone (<2 mg/jour) était comparée à d'autres doses (données à court terme) il a été observé que davantage de personnes ont abandonné précocement l'étude en raison de la réponse insuffisante (n=456, 1 ECR, RR par rapport à la dose standard-faible (≧4-<6 mg/jour) 12,48 IC entre 1,43 et 4,30). La réponse insuffisante pour cette dose faible est reflétée par des mesures de l'état mental. Lorsque de faibles doses (≧2-<4 mg/jour) sont utilisées et comparées avec des doses standards-élevées (≧6-<10 mg/jour) et élevées (≧10 mg/jour), davantage de personnes ont abandonné l'étude précocement en raison de la réponse insuffisante (≧4-<6 mg/jour : n=173, 2 ECR, RR 4,05 IC entre 1,09 et 15,07 ; ≧10 mg/jour : n=173, 2 ECR, RR 1,92 IC entre 1,36 et 2,70). Pour le critère : amélioration non cliniquement importante, les résultats sont favorables à des doses standards-élevées (n=272, 2 ECR, RR 2,26 IC entre 0,81 et 6,34). Lorsque des doses faibles sont comparées à d'autres doses plus élevées, aucune différence n'a été observée en termes d'effets indésirables cardiovasculaires, du SNC, endocriniens ou gastro-intestinaux. Les symptômes extrapyramidaux non précisés étaient plus fréquents avec les doses les plus élevées (≧10 mg : n=262, 2 ECR, RR 0,45 IC entre 0,24 et 0,84). Un essai a montré que les scores de critère de jugement de PANSS étaient significativement favorables à une dose faible par rapport à ≧4-6 mg/jour (n=124, 1 ECR, DM -12,40 IC entre -17,01 et -7,79). Lorsque la dose de ≧4-<6 mg/jour est comparée à des doses élevées, moins de personnes ont quitté l'étude précocement (n=677, 1 ECR, RR abandon pour une raison quelconque 0,74 IC entre 0,54 et 1,00 ; n=677, 1 ECR, RR dû aux effets indésirables 0,56 IC entre 0,32 et 0,97). ≧4-<6 mg/jour n'était pas inférieure à ≧6-<10 mg/jour pour une amélioration non cliniquement importante (n=39, 1 ECR, RR selon CGI-I 0,79 IC entre 0,29 et 2,17). Les personnes recevant la dose ≧4-<6 mg/jour avaient plus de troubles du mouvement que les personnes recevant une dose faible (n=124 1 ECR, RR 2,28 IC entre 1,67 et 3,11). Lorsque la dose ≧6-<10 mg/jour est comparée à des doses standard-faibles, et à des doses élevées, aucune différence significative n'est relevée en termes de proportion de personnes abandonnant précocement. La dose ≧6-<10 mg/jour supérieure à une dose faible pour l'amélioration non cliniquement importante (n=172, 2 ECR, RR 0,76 IC entre 0,61 et 0,94). Globalement, la dose ≧6-<10 mg/jour a entraîné moins de problèmes, en particulier en ce qui concerne les EPS, par rapport à la dose de ≧10mg/jour (n=261, 2 ECR, RR EPS non spécifié 0,56 IC entre 0,31 et 0,99). Lorsqu'une dose élevée était comparée à une dose faible, moins de personnes ont abandonné précocement (n=70, 1 ECR, RR 0,43 IC entre 0,26 et 0,71) mais pas comparé à une dose standard-faible (n=677, 1 ECR, RR abandon dû à un événement indésirable 1,78 IC entre 1,03 et 3,09). La dose ≧10 mg/jour était plus favorable qu'une dose faible en termes d'amélioration non cliniquement importante (n=257, 2 ECR, RR 0,64 IC entre 0,50 et 0,82), mais moins favorable qu'une dose standard-élevée (≧6-<10 mg/jour : n=255, 2 ECR, RR 1,22 IC entre 1,00 et 1,51). la dose ≧10 mg/jour entraînait plus d'effets indésirables de symptômes extrapyramidaux non précisés et d'événements indésirables dus à tout médicament qu'une dose standard-élevée et qu'une dose faible.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.