Messages par téléphone portable dans les soins de santé préventifs

Plusieurs affections coûteuses et invalidantes, comme les maladies cardiovasculaires, le cancer ou le diabète, sont liées par des facteurs de risques évitables communs, comme le tabagisme, une mauvaise alimentation, la sédentarité et l'abus d'alcool. Toutefois, la prévention est toujours reléguée au second plan dans de nombreux systèmes de santé car les professionnels de santé négligent généralement toute opportunité d'interaction avec leurs patients afin de les informer de stratégies de promotion de la santé et de prévention des maladies. La présente revue a examiné si les applications pour téléphone portable, comme les SMS (Short Message Service) et les MMS (Multimedia Message Service), peuvent prendre en charge et faciliter les principales interventions de santé préventives.

Il y avait des preuves de qualité moyenne issues d'une étude montrant une amélioration de la satisfaction et de la confiance de femmes enceintes qui ont reçu des SMS informatifs et de soutien, ainsi qu'une baisse des niveaux d'anxiété pendant la période prénatale par rapport aux femmes qui n'ont reçu aucun SMS. Il y avait des preuves de qualité faible en faveur d'une absence de bénéfice sur les résultats de la grossesse.

Nous avons trouvé un essai avec des preuves de grande qualité selon lesquelles l'envoi régulier de messages de soutien pouvait aider les personnes à arrêter de fumer, du moins à court terme. Une étude évaluant si la messagerie par téléphone portable permettait de promouvoir un traitement préventif a rapporté des preuves de qualité moyenne concernant une hausse de l'observance signalée des personnes recevant des messages Une quatrième étude examinant les comportements sains des enfants a trouvé des preuves de qualité très médiocre concernant l'absence d'effets de ces interventions.

Il y avait des preuves de qualité très médiocre issues d'une étude selon lesquelles les évaluations données par les utilisateurs concernant les interventions étaient similaires entre les groupes. Il y avait des preuves de qualité moyenne issues d'une étude montrant l'absence de différence en termes de danger lié à ces interventions, mesuré par des taux de douleur au pouce ou aux articulations des doigts et des taux d'accidents de voiture. Il n'y avait aucune étude rapportant des résultats liés à l'utilisation ou aux coûts de ces services de santé.

Bien que, dans l'ensemble, nous pensions que la messagerie par téléphone portable peut être utile pour certains aspects des soins de santé préventifs, beaucoup reste à découvrir en termes d'effets ou de conséquences éventuelles négatives à long terme.

Conclusions des auteurs: 

Nous avons trouvé des preuves très limitées selon lesquelles, dans certains cas, les interventions consistant à envoyer des messages par téléphone portable peuvent améliorer les soins de santé préventifs afin d'améliorer les résultats relatifs à l'état de santé et au comportement de santé. Toutefois, étant donné le faible nombre de participants dans trois des études incluses, associé aux limitations des études en termes de risques de biais et au manque de causalité démontrée, les preuves de ces effets sont de qualité médiocre à moyenne. Les preuves sont de qualité élevée uniquement pour les interventions de sevrage tabagique. De plus, il existe des écarts d'informations significatifs concernant les effets à long terme, les risques et les limitations de ces interventions, ainsi qu'au niveau de la satisfaction des utilisateurs.

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Contexte: 

Les soins de santé préventifs aident à promouvoir la santé et à prévenir des maladies ou des blessures en luttant contre les facteurs déclencheurs d'une maladie et en identifiant ses affections latentes afin de réduire ou de freiner leur progression. Plusieurs facteurs de risques provoquant des affections coûteuses et invalidantes (comme les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques) peuvent être évités. Cependant, les systèmes de soins de santé n'exploitent pas pleinement les ressources dont ils disposent pour prendre en charge ce processus. Les applications de messagerie par téléphone portable, comme les SMS (Short Message Service) et les MMS (Multimedia Message Service), peuvent fournir une méthode pratique et économique permettant de promouvoir des comportements de santé souhaitables dans le cadre de soins de santé préventifs.

Objectifs: 

Évaluer les effets d'interventions consistant à envoyer des messages par téléphone portable comme méthode d'administration de soins de santé préventifs sur les résultats relatifs à l'état de santé et aux comportements de santé.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans : le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, The Cochrane Library 2009, numéro 2), MEDLINE (OvidSP) (de janvier 1993 à juin 2009), EMBASE (OvidSP) (de janvier 1993 à juin 2009), PsycINFO (OvidSP) (de janvier 1993 à juin 2009), CINAHL (EBSCOhost) (de janvier 1993 à juin 2009), LILACS (de janvier 1993 à juin 2009) et African Health Anthology (de janvier 1993 à juin 2009).

Nous avons également consulté la littérature grise (y compris les registres d'essais) et les listes bibliographiques des articles.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR), des essais contrôlés quasi randomisés (ECQR), des études contrôlées avant-après (CAA) et des études de séries temporelles interrompues (STI) disposant d'au moins trois points temporels avant et après l'intervention. Nous avons inclus des études utilisant les SMS et les MMS comme méthode d'administration de tout type de soin de santé préventif. Nous avons uniquement inclus les études dans lesquelles il était possible d'évaluer les effets de la messagerie par téléphone portable indépendamment d'autres technologies ou interventions.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment évalué l'ensemble des études par rapport à des critères d'inclusion, tout désaccord étant résolu par un troisième auteur. Les détails de conception des études, les caractéristiques des populations cibles, les interventions et les contrôles, ainsi que les données de résultat, ont été extraits par deux auteurs de la revue et confirmés par un troisième. Les critères de jugement principaux étaient les résultats concernant l'état de santé et le comportement de santé. Nous avons également pris en compte l'appréciation des interventions par les patients et les prestataires de santé, leur perception en termes de sécurité, de coûts, ainsi que les préjudices ou effets indésirables potentiels liés à l'utilisation de ces services de santé. Étant donné que les études incluses étaient hétérogènes quant au type d'affection ciblé, aux caractéristiques et aux critères de jugement des interventions, nous n'avons pas jugé nécessaire de réaliser une méta-analyse afin de déduire l'ampleur globale des effets des principales catégories de résultats ; à la place, nous avons décidé de présenter les résultats de façon narrative.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus quatre essais contrôlés randomisés impliquant 1 933 participants.

Pour le critère de jugement principal santé, il y avait des preuves de qualité moyenne issues d'une étude selon lesquelles une amélioration de la satisfaction était constatée chez les femmes ayant bénéficié d'un soutien prénatal via l'envoi de messages par téléphone portable par rapport à celles n'ayant reçu aucun message, pendant la période prénatale (différence moyenne (DM) 1,25, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,78 à 1,72) et la période périnatale (DM 1,19, IC à 95 % 0,37 à 2,01). Leur niveau de confiance était également en hausse (DM 1,12, IC à 95 % 0,51 à 1,73) et leur niveau d'anxiété était en baisse (DM - 2,15, IC à 95 % - 3,42 à - 0,88) par rapport au groupe témoin pendant la période prénatale. Dans cette étude, aucune autre différence n'a été observée entre les groupes pendant la période périnatale. Il y avait des preuves de qualité médiocre selon lesquelles l'intervention consistant à envoyer des messages par téléphone portable n'influait pas sur les résultats de la grossesse (âge gestationnel à la naissance, poids de naissance du nouveau-né, accouchement prématuré et voie d'accouchement).

Pour le critère de jugement principal comportement de santé correspondant aux critères de jugement principaux, il y avait des preuves de qualité moyenne issues d'une étude selon lesquelles l'envoi de messages de rappel par téléphone portable invitant à prendre de la vitamine C pour des raisons préventives améliorait l'observance (risques relatifs (RR) 1,41, IC à 95 % 1,14 à 1,74). Il y avait des preuves de grande qualité provenant d'une autre étude selon lesquelles les participants recevant des messages de soutien par téléphone portable avaient significativement plus de chances d'arrêter de fumer que ceux du groupe témoin au bout de six semaines (RR 2,20, IC à 95 % 1,79 à 2,70) et de 12 semaines de suivi (RR 1,55, IC à 95 % 1,30 à 1,84). À 26 semaines, il n'y avait qu'une différence significative entre les groupes si, pour les participants dont les données étaient manquantes, la dernière valeur connue était reportée. Il y avait des preuves de qualité très médiocre issues d'une étude selon lesquelles les interventions consistant à envoyer des messages par téléphone portable pour l'auto-surveillance de comportements sains liés au contrôle du poids à l'enfance n'avaient aucun effet statistiquement significatif sur l'activité physique, la consommation de boissons sucrées ou le temps passé devant un écran.

Pour le critère secondaire d'acceptabilité, il y avait des preuves de qualité très médiocre issues d'une étude selon lesquelles l'évaluation de l'intervention par les utilisateurs était similaire entre les groupes. Il y avait des preuves de qualité moyenne issues d'une étude montrant l'absence de différence concernant les effets indésirables de ces interventions, mesurés par des taux de douleur au pouce ou aux articulations des doigts et des taux d'accidents de voiture.

Aucune de ces études n'a rapporté de critères de jugement secondaires concernant l'utilisation de ces services de santé ou les coûts de ces interventions.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.