Les probiotiques pour le maintien de la rémission dans la colite ulcéreuse

La colite ulcéreuse (CU) ou rectocolite hémorragique (RCH) est un trouble inflammatoire chronique et récurrent du gros intestin. Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui sont censés modifier la croissance des bactéries dans l'intestin et réduire l'inflammation. Cette revue a examiné les preuves en faveur de l'utilisation de probiotiques pour le maintien de la rémission dans la CU ou RCH. Quatre études qui avaient évalué l'effet des probiotiques chez 587 patients atteints de CU ou RCH en rémission ont été identifiées. Les études étaient d'une durée comprise entre 3 et 12 mois. Nous n'avons trouvé aucun avantage du traitement probiotique par rapport à un placebo (des pilules ne contenant pas de probiotiques) ou par rapport à un traitement classique utilisant la mésalazine (un médicament 5-ASA pris par voie orale). Le traitement probiotique était généralement bien toléré, mais le nombre d'effets secondaires rapporté était semblable à celui de la mésalazine. Les effets secondaires courants incluaient diarrhée, sécrétion de mucus, selles sanglantes, douleurs abdominales, flatulences et ballonnements, nausées, vomissements et maux de tête. Deux des études incluses étaient relativement petites et deux avaient des problèmes méthodologiques, c'est pourquoi aucune conclusion définitive ne peut être tirée quant à l'efficacité du traitement de maintien par les probiotiques. Des essais contrôlés randomisés plus grands et bien conçus sont nécessaires pour déterminer si les probiotiques sont bénéfiques pour le maintien de la rémission dans la CU.

Conclusions des auteurs: 

Compte tenu du nombre relativement faible de patients dans l'analyse groupée, le petit nombre d'évenements ainsi que le risque élevé et le risque non clair de biais dans les études incluses, les preuves sont insuffisantes pour tirer des conclusions sur l'efficacité des probiotiques pour le maintien de la rémission dans la CU. Il existe un manque d'ECR bien conçus dans ce domaine et des recherches supplémentaires sont nécessaires.

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Contexte: 

La colite ulcéreuse ou rectocolite hémorragique est une maladie chronique récurrente caractérisée par une inflammation diffuse des muqueuses limitée au colon. Les traitements habituels de maintien ont de multiples effets indésirables et un traitement efficace avec peu d'effets indésirables serait souhaitable. Plusieurs études ont démontré l'importance de la flore intestinale dans la pathogenèse de la colite ulcéreuse. Il a été suggéré que la modification de la flore bactérienne à l'aide de probiotiques pourrait atténuer le processus inflammatoire et éviter les rechutes de colite ulcéreuse.

Objectifs: 

Les objectifs principaux étaient de déterminer l'efficacité et l'innocuité des probiotiques pour le maintien de la rémission dans la colite ulcéreuse ou rectocolite hémorragique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Une recherche a été effectuée dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE (de 1966 à juillet 2011), EMBASE (de 1974 à juillet 2011), CINAHL (de 1982 à juillet 2011) et dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies inflammatoires de l'intestin et les troubles fonctionnels intestinaux. Des fabricants de probiotiques ont été contactés pour identifier d'éventuelles études non publiées. La liste des références des études ont également été examinées, à la recherche d'essais supplémentaires.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) comparant des probiotiques à un placebo ou à toute autre intervention pour le maintien de la rémission dans la colite ulcéreuse ou rectocolite hémorragique étaient éligibles pour inclusion.

Recueil et analyse des données: 

L'extraction des données et l'évaluation de la qualité méthodologique des études incluses ont été réalisées de façon indépendante par deux auteurs. Le critère principal de jugement était la survenue d'une rechute clinique ou endoscopique.

Résultats principaux: 

Quatre études (n = 587) répondaient aux critères d'inclusion et ont été incluses dans la revue. Trois essais comparaient des probiotiques à la mésalazine et un essai comparait les probiotiques à un placebo. Les études étaient d'une durée comprise entre 3 et 12 mois. Le risque de biais était élevé dans deux études en raison de données sur les critères de jugement incomplètes et de l’absence d’avaugle. Les méthodes utilisées pour garantir l’assignation secrète n'étaient claires pour aucune des quatre études. Il n'y avait aucune différence statistiquement significative entre les probiotiques et la mésalazine pour le maintien en rémission dans la CU ou RCH. Une rechute a été rapportée chez 40,1 % des patients dans le groupe probiotiques, comparé à 34,1 % des patients dans le groupe mésalazine (3 études ; 555 patients ; OR 1,33 ; IC 95 % 0,94 à 1,90 ;I2 = 11%). Il n'y avait pas de différence statistiquement significative dans la fréquence des effets indésirables. Vingt-six pour cent des patients du groupe probiotiques ont eu au moins un événement indésirable, comparé à 24 % des patients dans le groupe mésalazine (2 études ; 430 patients ; OR 1,21 ; IC 95 % 0,80 à 1,84 ; I2 =27%). Les effets indésirables rapportés dans les études contrôlées par mésalazine incluaient diarrhée, sécrétion de mucus, selles sanglantes, douleurs abdominales, flatulences et ballonnements, nausées, vomissements et maux de tête. Un petit essai contre placebo (n = 32) n'a trouvé aucune différence statistiquement significative de l'efficacité. Sur un an, soixante-quinze pour cent des patients sous probiotiques avaient ont rechuté, comparé à 92 % des patients sous placebo (OR 0,27 ; IC 95 % 0,03 à 2,68). Les effets indésirables rapportés dans l'étude contrôlée par placebo incluent flatulences, douleurs et ballonnements abdominaux, modification de la consistance des selles, arthralgie, sacro-iliite, fatigue, incontinence, stress, bulles de la muqueuse buccale, sécheresse oculaire, maux de tête, vertiges, grippe, gastro-entérite, cystite et pneumonie.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.