Schémas thérapeutiques alternatifs au sulfate de magnésium pour les femmes pré-éclamptiques et éclamptiques

Cette revue a établi que les recherches menées sont insuffisantes pour déterminer quelle est la meilleure posologie de sulfate de magnésium pour les femmes pré-éclamptiques ou éclamptiques, et quelle est la meilleure voie d'administration.

La pré-éclampsie (ou toxémie) est un trouble généralement associé à une hypertension et une protéinurie. Elle peut survenir à tout moment au cours du deuxième trimestre de la grossesse ou dans les quelques semaines suivant l'accouchement. Le sulfate de magnésium est efficace dans la prévention de l'éclampsie (crise ou convulsion) chez les femmes présentant une pré-éclampsie, et dans le traitement des femmes qui présentent une crise éclamptique. Les auteurs de la revue ont inclus six essais (866 femmes). Deux des essais (451 femmes) ont recruté des femmes éclamptiques et quatre essais (415 femmes) ont recruté des femmes pré-éclamptiques. Ces essais randomisés portent sur des échantillons trop petits pour donner des résultats fiables quant aux avantages ou aux inconvénients des différents schémas thérapeutiques utilisés. Les études incluses ont été menées dans des pays à hauts revenus et à faibles revenus.

Conclusions des auteurs: 

Même si des preuves solides corroborent l'utilisation de sulfate de magnésium pour la prévention et le traitement de l'éclampsie, les essais comparant les schémas thérapeutiques alternatifs portent sur des échantillons trop petits pour en tirer des conclusions fiables.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Le sulfate de magnésium reste le médicament de choix, tant pour la prévention que pour le traitement des femmes éclamptiques. Les schémas posologiques de ce médicament ont évolué au fil des années, mais n'ont pas encore été formellement évalués.

Objectifs: 

Évaluer les effets comparés des schémas posologiques alternatifs de sulfate de magnésium, pour la prise en charge des femmes pré-éclamptiques, éclamptiques ou les deux.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (juin 2010).

Critères de sélection: 

Essais randomisés comparant différents schémas posologiques de sulfate de magnésium pour la prise en charge des femmes pré-éclamptiques ou éclamptiques, ou les deux.

Recueil et analyse des données: 

Les quatre auteurs de la revue ont évalué la qualité méthodologique des essais et extrait les données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Nous avons identifié 17 études, dont six (866 femmes) remplissaient les critères d'inclusion : deux essais (451 femmes) ont comparé des schémas posologiques chez des femmes éclamptiques et quatre (415 femmes) chez des femmes pré-éclamptiques.

Traitement de l'éclampsie : un essai a comparé une dose de charge seule à une dose de charge suivie d'un traitement d'entretien pendant 24 heures (401 femmes). Aucune différence claire n'a été identifiée entre les groupes en termes de risque relatif (RR) de récidive des convulsions (RR 1,13, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,42 à 3,05) ou de mortinaissance (RR 1,13, IC à 95 % 0,66 à 1,92), et les IC sont larges. Un essai a comparé une faible posologie à une posologie standard sur 24 heures (50 femmes). Cette étude portait sur un échantillon trop petit pour en tirer des conclusions fiables sur les effets comparés.

Prévention de l'éclampsie : un essai a comparé l'administration par voie intraveineuse à l'administration par voie intramusculaire d'un schéma d'entretien pendant 24 heures (17 femmes). Cet essai portait sur un échantillon trop petit pour en tirer des conclusions fiables. Trois essais ont comparé des schémas posologiques d'entretien post-partum à court terme, en continu sur 24 heures après l'accouchement (398 femmes) ; mais même associés, ces essais portaient sur des échantillons trop petits pour en tirer des conclusions fiables.

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.