Traitement du gliome de haut grade au moyen d'implants recouverts d'un agent anticancéreux (chimiothérapie)

Le gliome de haut grade est une forme de tumeur cérébrale à évolution rapide. Le traitement classique comprend la chirurgie (biopsie ou résection) et la radiothérapie avec ou sans témozolomide. Auparavant, la chimiothérapie n'était pas utilisée en raison de préoccupations relatives à l'efficacité et à des risques élevés d'effets secondaires.

Deux essais ont été recensés. Ils comprenaient 272 personnes au total, ayant récemment reçu un diagnostic de gliome de haut grade, et étudiaient les effets des implants discoïdes recouverts d'un agent anticancéreux appelé carmustine (Gliadel®), placés dans la zone où la tumeur était retirée. Ils étaient comparés à des implants ne contenant aucun agent. Les deux groupes recevaient ensuite une radiothérapie. Les patients ayant reçu les implants de carmustine survivaient plus longtemps et aucun élément probant n'indiquait une fréquence plus élevée d'événements indésirables (effets secondaires).

Un essai similaire comprenait 222 personnes pour qui un diagnostic de gliome de haut grade avait déjà été posé. Ces patients avaient subi une intervention chirurgicale mais avaient par la suite récidivé. Dans cette situation, l'essai révélait que Gliadel® n'améliorait pas la survie ou tout autre critère de jugement étudié.

Conclusions des auteurs: 

Par rapport aux implants placebos et lorsqu'ils sont utilisés dans le cadre du traitement primaire de la maladie, les implants imprégnés de carmustine (Gliadel®) sont à l'origine d'une amélioration de la survie sans augmentation de la fréquence des événements indésirables. Il n'y a pas de preuve de bénéfice pour les autres critères de jugement. Lors de la récidive de la maladie, Gliadel® semble ne procurer aucun bénéfice supplémentaire.

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Contexte: 

Le traitement classique du gliome de haut grade (GHG) comprend généralement une chirurgie (biopsie ou résection) suivie d'une radiothérapie avec ou sans témozolomide. Les implants imprégnés d'agents chimiothérapeutiques représentent un nouveau moyen d'administrer les médicaments directement dans la cavité de résection avec potentiellement moins d'effets secondaires systémiques. L'efficacité de cette modalité est incertaine et on ignore si elle doit être recommandée dans le cadre du traitement classique des patients présentant un GHG.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité clinique des implants chimiothérapeutiques pour les patients présentant un GHG.

La stratégie de recherche documentaire: 

Les bases de données suivantes ont été consultées : CENTRAL (Numéro 4. 2010) ; MEDLINE et EMBASE. La stratégie de recherche documentaire d'origine comprenait également : Science Citation Index ; Physician Data Query et le méta-Registre des essais contrôlés. Les références bibliographiques de toutes les études identifiées ont été examinées. Le Journal of Neuro-Oncology et Neuro-oncology ont fait l'objet d'une recherche manuelle, de 1999 à 2010, et les abstracts de congrès ont notamment été inclus. Des neuro-oncologues, les auteurs des essais et des compagnies pharmaceutiques ont été contactés afin d'identifier des essais en cours et non publiés.

Critères de sélection: 

Les patients étaient des personnes de tout âge ayant reçu un diagnostic histologique confirmé de GHG (au moyen d'une analyse peropératoire effectuée au moment de la première résection). La thérapie pouvait être initiée pour une maladie récemment diagnostiquée (thérapie primaire) ou lors de la récidive. Les interventions comprenaient l'insertion d'implants chimiothérapeutiques dans la cavité de résection. Les études incluses devaient être des essais contrôlés randomisés (ECR).

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de revue indépendants ont évalué la pertinence des résultats de la recherche et réalisé une évaluation critique selon des directives prédéfinies.

Résultats principaux: 

Concernant les cas de maladie récemment diagnostiquée, deux ECR, évaluant les effets des implants imprégnés de carmustine (Gliadel®) et portant sur un total de 272 participants, ont été identifiés. La survie était allongée avec Gliadel® par rapport à un placebo (hazard ratio (HR) 0,65, intervalle de confiance (IC) à 95 % entre 0,48 et 0,86, P = 0,003). Pour les cas de récidive, un seul ECR a été inclus. Il comparaît Gliadel® à un placebo et incluait 222 participants. Il ne démontrait aucun allongement significatif de la survie (HR 0,83, IC à 95 % entre 0,62 et 1,10, P = 0,2). Il n'y avait aucune donnée appropriée pour les critères de jugement secondaires. Les événements indésirables n'étaient pas plus fréquents dans les deux groupes et ils sont présentés de façon descriptive.

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Financeurs pour le Canada : Instituts de Recherche en Sant� du Canada, Minist�re de la Sant� et des Services Sociaux du Qu�bec, Fonds de recherche du Qu�bec-Sant� et Institut National d'Excellence en Sant� et en Services Sociaux

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