Existe-t-il des interventions efficaces pour aider les individus atteints de schizophrénie à arrêter de fumer ou à réduire leur consommation de tabac ?

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Très souvent, les personnes atteintes de schizophrénie sont de gros fumeurs. On ignore si les traitements utiles à l'arrêt d'autres fumeurs sont également efficaces pour les personnes atteintes de schizophrénie. Cette revue a révélé que le bupropion (un médicament antidépresseur dont l'efficacité pour le sevrage tabagique a été démontrée précédemment) était une aide pour les patients atteints de schizophrénie qui tentaient d'arrêter de fumer ou de réduire leur consommation de tabac. L'effet était net à la fin du traitement, et peut également être maintenu après six mois. Les patients utilisant le bupropion dans les essais n'ont pas ressenti d'effet indésirable majeur et leur état mental est resté stable au cours du traitement. Les fumeurs atteints de schizophrénie qui reçoivent de l'argent en récompense de leur arrêt peuvent présenter un taux plus élevé de sevrage contre rétribution. Cependant, il n'existe pas de preuves indiquant qu'ils maintiendront l'abstinence après l'arrêt de la récompense. Les preuves étaient trop peu nombreuses pour vérifier si d'autres traitements, tels que le traitement de substitution nicotinique et les interventions psychosociales, étaient utiles.

Conclusions des auteurs: 

Le bupropion augmente les taux d'abstinence tabagique chez les fumeurs atteints de schizophrénie sans compromettre leur état mental. Le bupropion peut également réduire la consommation de tabac de ces patients. Le RC peut aider ce groupe de patients à arrêter de fumer et à réduire sa consommation. Il n'a pas été retrouvé de preuves convaincantes indiquant que d'autres interventions avaient un effet bénéfique sur le comportement tabagique dans les cas de schizophrénie.

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Contexte: 

Les patients atteints de schizophrénie fument de manière plus importante que la population générale et ce fait contribue à une morbi-mortalité supérieure liée au tabagisme. Les interventions qui peuvent les aider à arrêter de fumer ou à réduire leur consommation de tabac restent à déterminer.

Objectifs: 

Évaluer les bénéfices et les inconvénients de différents traitements du tabagisme dans les cas de schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Une recherche a été effectuée dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le tabagisme et dans des bases de données électroniques comprenant MEDLINE, EMBASE et PsycINFO de leur origine jusqu'à avril 2010.

Critères de sélection: 

Des essais randomisés du sevrage ou de la réduction de la consommation de tabac comparant une intervention pharmacologique ou non pharmacologique à un placebo ou à un autre traitement thérapeutique chez les fumeurs adultes atteints de schizophrénie ou d'un trouble schizo-affectif, ont été inclus.

Recueil et analyse des données: 

Deux évaluateurs ont indépendamment jugé de l'éligibilité et de la qualité des essais, et extrait les données. Les mesures de critères de jugement comprenaient l'abstinence tabagique, la réduction de la consommation et tout changement de l'état mental. Les données d'abstinence et réduction à la fin du traitement et au moins six mois après l'intervention, ont été extraites. La définition la plus rigoureuse de l'abstinence ou de la réduction a été utilisée, les données étaient validées biochimiquement, lorsque cela était possible. Tous les événements indésirables signalés ont été notés. Lorsque c'était approprié, les données au moyen d'un modèle à effets aléatoires, ont été combinées.

Résultats principaux: 

21 essais (11 essais sur le sevrage tabagique ont été inclus ; quatre essais sur la réduction de la consommation de tabac ; un essai sur la prévention des rechutes ; cinq essais ont indiqué des résultats concernant le tabagisme pour des interventions visant d'autres objectifs). Sept essais comparaient le bupropion à un placebo ; la méta-analyse a démontré que les taux de sevrage tabagique après le bupropion étaient significativement plus élevés qu'avec le placebo à la fin du traitement (sept essais, N=340 ; risque relatif [RR] 2,84 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % 1,61 à 4,99) et après six mois (cinq essais, N=214 ; RR 2,78 ; IC à 95 % 1,02 à 7,58). Le niveau de monoxyde de carbone (CO) expiré et le nombre de cigarettes fumées par jour étaient significativement inférieurs avec le bupropion à la fin du traitement, mais pas après six mois.  Il n'a été observé aucune différence significative pour les symptômes positifs, négatifs et dépressifs entre le groupe de bupropion et le groupe du placebo. Aucun événement indésirable majeur, tel qu'une crise épileptique, n'a été signalé avec le bupropion.

Le renforcement contingent (RC) avec de l'argent peut augmenter les taux d'abstinence tabagique et réduire le niveau de consommation chez les patients atteints de schizophrénie. On ignore cependant si ces bénéfices se maintiennent à plus long terme. Il n'a été observé aucune preuve de bénéfice dans les quelques essais portant sur d'autres thérapies pharmacologiques (y compris le traitement de substitution nicotinique (TSN)) et les interventions psychosociales pour aider les fumeurs atteints de schizophrénie à arrêter de fumer ou à réduire leur consommation.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.