Les interventions sur Internet peuvent-elles aider les gens à arrêter de fumer ?

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D'autres preuves sont requises pour déterminer si les programmes disponibles sur Internet peuvent aider les gens à arrêter de fumer. Cette revue a trouvé plusieurs essais rapportant des taux de réussite pour l'arrêt du tabac au bout de six mois ou plus. D'après les résultats combinés de trois essais qui étaient à risque de biais, les programmes sur Internet qui étaient interactifs et adaptés aux réponses individuelles ont conduit à des taux de sevrage plus élevés, à six mois ou plus, que les soins habituels ou les matériaux d'auto-assistance écrits. Certaines interventions semblaient plus efficaces que d'autres au sein de ce groupe, mais sans raison évidente. Dans deux essais dans lesquels le programme sur Internet n'avait pas été personnalisé, les critères de jugement sur le tabagisme n'étaient pas améliorés, mais les comparaisons directes entre les programmes interactifs/personnalisés et les programmes non interactifs et non personnalisés ne montraient pas de différence entre les deux.

Internet peut apporter un bénéfice additionnel lorsqu'il est utilisé avec d'autres interventions, comme un traitement de substitution nicotinique ou une autre pharmacothérapie. Les interventions novatrices par Internet pour le sevrage tabagique peuvent davantage intéresser les jeunes personnes et les femmes qui fument, en étant en revanche moins intéressantes pour les fumeurs dépressifs.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats suggèrent que certaines interventions sur Internet peuvent aider le sevrage tabagique à six mois ou plus, en particulier celles qui sont interactives et individuellement adaptées. Cependant, les essais ayant comparé les interventions sur Internet avec les soins habituels ou l'auto-assistance n'ont pas montré d'effets constants et étaient à risque de biais. De plus amples recherches sont nécessaires, malgré 28 études sur le sujet. Les futures études devraient examiner attentivement l'optimisation des interventions les plus prometteuses en termes d'effet, comme la personnalisation et l'interactivité.

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Contexte: 

Internet est aujourd'hui une partie indispensable de la vie quotidienne pour une majorité de personnes à l'échelle mondiale. Il représente également un moyen supplémentaire d'aide comportementale, par exemple dans le cadre d'un sevrage tabagique.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité des interventions de sevrage tabagique sur Internet.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le tabagisme. Il n'y avait aucune restriction de langue ou de date de publication. La recherche la plus récente a été conduite en avril 2013.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais randomisés et quasi randomisés. Les participants étaient des fumeurs, sans exclusion d'âge, de sexe, d'origine ethnique, de langue ou d'état de santé. Tout type d'intervention sur Internet était éligible. La condition de comparaison pouvait être un témoin sans intervention, une autre intervention sur Internet ou une intervention sans Internet.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué et extrait les données de façon indépendante. Un formulaire standardisé a été utilisé pour extraire les détails concernant la méthodologie et la qualité de l'étude. Nous avons extrait les résultats sur l'arrêt du tabac après un suivi de six mois ou plus, et avons rapporté les résultats à court terme lorsque des résultats à plus long terme n'étaient pas disponibles. Nous avons calculé les effets des études sous forme de risque relatif (RR) avec intervalle de confiance (IC) à 95 %. L'hétérogénéité clinique et statistique a limité nos possibilités de regroupement des études.

Résultats principaux: 

Cette revue mise à jour comprend un total de 28 études avec plus de 45 000 participants. Certains programmes sur Internet étaient intensifs et incluaient plusieurs contacts de sensibilisation avec les participants, alors que d'autres s'appuyaient sur les participants pour initier et maintenir leur utilisation.

Quinze essais comparaient une intervention sur Internet à une intervention de sevrage tabagique sans Internet ou à un groupe témoin sans intervention. Dix d'entre eux ont recruté des adultes, un de jeunes adultes étudiants universitaires, et deux des adolescents. Sept des essais chez l'adulte avaient un suivi à six mois ou plus et comparaient une intervention sur Internet aux soins habituels ou aux imprimés d'auto-assistance. Dans une analyse post hoc en sous-groupes, les résultats combinés de trois essais comparant des interventions interactives et individuellement adaptées aux soins habituels ou aux imprimés d'auto-assistance ont mis en évidence un effet statistiquement significatif en faveur de l'intervention (RR 1,48, IC à 95 % de 1,11 à 2,78). Cependant, les trois essais ont tous été jugés à risque élevé de biais dans un domaine et une hétérogénéité statistique élevée a été détectée (I² = 53 %), sans explication clinique évidente. Les résultats combinés de deux études sur une intervention interactive personnalisée par le biais d'Internet et de contacts téléphoniques automatisés ont également mis en évidence un effet significatif (RR 2,05, IC à 95 % de 1,42 à 2,97, I² = 42 %). Les résultats d'une sixième étude comparant une intervention interactive mais non personnalisée au groupe témoin n'ont pas permis de détecter d'effet significatif, ni la septième étude ayant comparé une intervention non interactive et non personnalisée au groupe témoin. De même, trois essais comparant des interventions sur Internet aux conseils téléphoniques ou en face-à-face n'ont pas détecté de preuve d'effet, pas plus que deux études évaluant des interventions sur l'Internet à titre de complément à d'autres interventions comportementales. Un essai réalisé auprès d'étudiants universitaires montrait une augmentation de la prévalence ponctuelle de l'abstinence après 30 semaines, mais n'avait aucun effet sur l'abstinence durable. Deux petits essais chez l'adolescent n'ont pas détecté d'effet sur l'arrêt du tabac par rapport au témoin.

Quatorze essais, tous réalisés auprès d'adultes, comparaient différents sites ou programmes sur Internet. Les estimations combinées de trois essais comparant des programmes personnalisés et/ou interactifs sur Internet avec des programmes sur Internet non personnalisés et non interactifs n'ont pas décelé de preuve d'effet (RR 1,12, IC à 95 % de 0,95 à 1,32, I² = 0 %). Un essai avait détecté des preuves de bénéfice d'un courrier électronique sur mesure par rapport à un courriel non personnalisé, tandis qu'un second essai comparant des messages personnalisés à un message non personnalisé n'a pas détecté de preuve d'effet. Des essais n'ont pas réussi à détecter d'effets bénéfiques liés à l'inclusion d'un composant de gestion de l'humeur (trois essais) ou d'un forum de discussions asynchrone.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.