Thérapie individuelle pour les personnes chez qui un cancer a été diagnostiqué

Le cancer frappe une personne sur quatre et est diagnostiqué chaque année au Royaume-Uni chez plus d'un quart de million de personnes (cancers non mélanomiques de la peau exclus). Un diagnostic de cancer peut être émotionnellement difficile. Le gouvernement britannique recommande que toute personne chez qui un cancer a été diagnostiqué soit évaluée au niveau de ses problèmes émotionnels et ait accès à des services appropriés de soutien psychologique. Cependant, la nature et le contenu des services ainsi que leur mode de prestation ne sont pas clairs. Cette revue examine l'efficacité de différentes interventions psychosociales au cours des 12 premiers mois suivant le diagnostic. Les interventions psychosociales consistent en un dialogue thérapeutique, parfois appelé thérapie par la parole, entre un professionnel qualifié à cet effet et une personne ayant un diagnostic de cancer dans le but d'améliorer la qualité de vie et le bien-être émotionnel de celle-ci. La revue combine les données de recherche de 1249 personnes ayant pris part à des essais cliniques destinés à tester des interventions psychosociales. Les résultats ne sont pas concluants. Aucune amélioration de la qualité de vie générale n'a été notée, mais de petites améliorations de la qualité de vie « liée à la maladie » ont été observées. Il n'y avait pas d'amélioration de l'anxiété ou de la dépression, mais de petites améliorations de l'humeur ont été détectées. Les interventions conduites par des infirmières, tant au téléphone qu'en face-à-face, semblent prometteuses. Les recherches futures devront tester les méthodes visant à identifier les patients susceptibles de tirer bénéfice des interventions psychosociales, tels que les patients à risque pour des problèmes émotionnels, évaluer quel type de « professionnel qualifié » est le plus approprié pour réaliser des interventions psychosociales auprès de patients cancéreux, et se pencher sur les aspects économiques des interventions.

Conclusions des auteurs: 

La variation significative qui a été observée pour l'ensemble des participants, des modes de prestation, des niveaux de discipline du « professionnel qualifié » et des contenus d'intervention, rend difficile d'arriver à une conclusion définitive quant à l'efficacité des interventions psychosociales pour les patients cancéreux. Il peut être conclu provisoirement que les interventions réalisées par des infirmières qui combinent information et soutien attentif, pourraient avoir un impact bénéfique sur l'humeur dans une population indifférenciée de patients atteints d'un cancer nouvellement diagnostiqué.

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Contexte: 

Un diagnostic de cancer risque de provoquer une détresse psychologique importante jusque dans 75 % des cas. On ne sait pas quel est le moyen le plus efficace pour lutter contre cette détresse psychologique.

Objectifs: 

Évaluer les effets des interventions psychosociales visant à améliorer la qualité de vie (QdV) et la détresse psychologique générale dans la phase de 12 mois suivant un diagnostic initial de cancer.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2010, numéro 4), MEDLINE, EMBASE et PsycINFO jusqu'à janvier 2011. Nous avons également passé au crible des registres d'essais cliniques, des résumés de rencontres scientifiques et les références bibliographiques des études incluses. Des recherches électroniques ont été menées à l'aide de critères détaillés, dans l'ensemble des principales sources de publications professionnelles. Aucune restriction de langue n'a été imposée.

Critères de sélection: 

Nous avons sélectionné des essais contrôlés randomisés d'interventions psychosociales consistant en un dialogue direct entre un professionnel qualifié et une personne atteinte d'un cancer nouvellement diagnostiqué. Nous n'avons inclus que des essais ayant mesuré la QdV et la détresse psychologique générale. Les essais consistant en une combinaison de thérapie pharmacologique et de dialogue interpersonnel ont été exclus, de même que les essais impliquant des couples ou des membres de la famille, ou ceux en formats de groupe.

Recueil et analyse des données: 

Les données des essais ont été examinées et sélectionnées par deux auteurs avec la médiation d'un troisième auteur quand nécessaire. Lorsque cela était possible, les données de résultat ont été extraites pour être combinées dans une méta-analyse. Les résultats de type continu ont été comparés au moyen de la différence moyenne normalisée avec intervalle de confiance à 95 %, en utilisant un modèle à effets aléatoires. Le principal critère de résultat, la QdV, a été examiné en sous-groupes par mesure de résultat, siège du cancer, fondement théorique de l'intervention, mode de prestation et discipline du professionnel qualifié. Le critère secondaire de résultat, la détresse psychologique générale (comprenant l'anxiété et la dépression), a été examiné en fonction de mesures de résultat spécifiées.

Résultats principaux: 

Un total de 3309 dossiers ont été identifiés et examinés, et les essais ont été soumis aux critères de sélection ; 30 essais ont été inclus dans la revue. Aucun effet significatif n'a été observé pour la QdV lors du suivi à 6 mois (dans 9 études, DMS 0,11 , IC à 95% -0,00 à 0,22), mais une légère amélioration de la QdV a été notée lorsque la QdV était mesurée à l'aide de mesures spécifiques au cancer (dans 6 études, DMS 0,16 , IC  95% 0,02 à 0,30). La détresse psychologique générale, telle qu'évaluée par des « mesures d'humeur », s'était également améliorée (dans 8 études, DMS - 0,81 , IC à 95% -1,44 à - 0,18), mais aucun effet significatif n'a été observé lorsque des mesures de la dépression ou de l'anxiété étaient utilisées pour évaluer la détresse (dans 6 études, DMS de la dépression 0,12 , IC à 95% -0,07 à 0,31 ; dans 4 études, DMS de l'anxiété 0,05 , IC à 95% -0,13 à 0,22 ). Les interventions psychopédagogiques réalisées par une infirmière en face à face et par téléphone avec des patientes atteintes d'un cancer du sein avaient produit de petits effets positifs significatifs sur la QdV (dans 2 études, DMS 0,23 , IC à 95% 0,04 à 0,43).

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Minist�re des Affaires sociales et de la Sant�

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.