Doxorubicine liposomale pégylée dans le cancer épithélial de l'ovaire récidivant

Conclusions des auteurs: 

Dans le cas d'un cancer épithélial de l'ovaire récidivant sensible au platine, la combinaison DLP/carbo est plus efficace et mieux tolérée que la combinaison PAC/carbo ; la combinaison DLP/carbo doit donc être retenue comme traitement de première ligne chez les femmes atteintes d'un CEO récidivant sensible au platine. La DLP seule est un agent utile contre le CEO récidivant résistant au platine. Toutefois, on ignore comment elle se compare à d'autres agents uniques pour ce sous-groupe et dans quel ordre ces agents doivent être administrés. Il existe des preuves insuffisantes pour recommander l'administration de DLP combinée à d'autres agents dans le cas d'un EOC récidivant résistant au platine.

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Contexte: 

Le cancer de l'ovaire est le huitième cancer le plus répandu chez les femmes et son diagnostic s'établit généralement à un stade avancé. La plupart des tumeurs ovariennes sont d'origine épithéliale. Les femmes atteintes d'un cancer épithélial de l'ovaire (CEO) récidivant ont un niveau de performance réduit avec une espérance de vie limitée. Par conséquent, le maintien d'une qualité de vie associé à un contrôle efficace des symptômes est l'objectif principal du traitement. Le traitement médicamenteux d'une maladie récidivante est conditionné par l'intervalle sans platine : une maladie récidivante sensible au platine fait généralement l'objet d'un autre traitement à base de platine et une maladie résistante au platine est traitée par des médicaments sans platine. Toutefois, les effets secondaires d'agents chimiothérapeutiques peuvent être graves et il est difficile de déterminer des schémas thérapeutiques optimaux. La doxorubicine liposomale pégylée (DLP), qui contient un médicament cytotoxique appelé « chlorhydrate de doxorubicine », est l'une des nombreuses modalités de traitement pouvant être envisagées pour le monotraitement d'un COE récidivant ou combinées à d'autres médicaments.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de la DLP chez des femmes atteintes d'un cancer épithélial de l'ovaire (CEO) récidivant.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais du groupe Cochrane sur les cancers gynécologiques (CGCG), CENTRAL, MEDLINE et EMBASE depuis 1990 jusqu'à février 2013. Nous avons également effectué des recherches dans les registres en ligne d'essais cliniques, les résumés de réunions scientifiques et les listes bibliographiques des études incluses.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés (ECR) évaluant la DLP chez des femmes diagnostiquées avec un cancer épithélial de l'ovaire récidivant.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment extrait des données vers un formulaire de collecte de données préconçu et évalué les risques de biais conformément aux instructions du guide Cochrane sur les revues systématiques des interventions (Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions). Lorsque cela était possible, nous avons regroupé les données collectées dans des méta-analyses à l'aide du logiciel RevMan 5.2.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 14 ECR qui évaluaient la DLP seule ou combinée à d'autres médicaments Quatre ECR n'ont fourni aucune donnée pour la réalisation de méta-analyses. Deux études comparaient la combinaison DLP/carboplatine (carbo) à celle du paclitaxel (PAC)/carbo chez des femmes atteintes d'un CEO récidivant sensible au platine. La survie globale (SG) était similaire pour ces traitements. Toutefois, la survie sans progression (SSP) était plus longue avec la combinaison DLP/carbo (1 164 participantes ; hazard ratio (HR) 0,85, intervalle de confiance (IC) 95 % 0,74 à 0,97 ; I² = 7 %; valeur de P 0,01). La combinaison DLP/carbo était associée à un plus grand nombre d'anémies et de thrombocytopénies par rapport à la combinaison PAC/carbo, alors que cette dernière était associée à un plus grand nombre d'alopécies, de neuropathies, de réactions hypersensibles et d'arthralgies/myalgies. La combinaison DLP/carbo était bien tolérée et les femmes bénéficiant de ce traitement avaient beaucoup moins tendance à l'interrompre par rapport à celles suivant un traitement par PAC/carbo (deux études, 1 150 participantes ; risque relatif (RR) 0,38, IC à 95 % 0,26 à 0,57 ; I² = 0 % ; P < 0,00001).

Cinq études comparaient d'autres agents à la DLP seule. Aucun de ces agents n'était associé à une amélioration sensible de la survie ou à des profils d'événements indésirables graves par rapport à la DLP. Le topotécan et la gemcitabine étaient associés à un plus grand nombre d'événements hématologiques indésirables graves par rapport à la DLP et le patupilone était associé à un plus grand nombre de neuropathies et de diarrhées graves. Le syndrome main-pied (SMP) grave se manifestait systématiquement et de façon plus fréquente avec la DLP par rapport aux autres médicaments.

Trois études comparaient un traitement combiné à base de DLP à la DLP seule. Deux combinaisons parvenaient à prolonger la SSP de façon significative par rapport à la DLP seule : la trabectédine (TBD)/DLP (une étude, 672 femmes ; HR 0,79, IC à 95 % 0,65 à 0,96 ; valeur de P 0,02) et le vintafolide (EC145)/DLP (une étude, 149 femmes ; HR 0,63, IC à 95 % 0,41 à 0,97 ; valeur de P 0,04). La combinaison TBD/DLP semblait être uniquement bénéfique au sous-groupe partiellement sensible au platine. Des études supplémentaires vont probablement avoir un impact important sur notre confiance dans ces évaluations. La combinaison TBD/DLP était associée à des événements hématologiques indésirables graves et gastro-intestinaux par rapport à la DLP seule, alors que la combinaison EC145/DLP semblait être bien tolérée.

Dans le cas d'un CEO récidivant résistant au platine, la SSP et la SG moyennes dans le cadre d'un monotraitement par DLP dans sept études incluses étaient de 15 semaines et de 54 semaines, respectivement. Un SMP grave se manifestait de façon nettement plus fréquente chez les femmes recevant une dose de 50 mg/m² de DLP par rapport à celles recevant moins de 50 mg/m² (17 % contre 2 %, respectivement ; valeur de P 0,01).

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Pour la France : Minist�re de la Sant�. Pour le Canada : Instituts de recherche en sant� du Canada, minist�re de la Sant� du Qu�bec, Fonds de recherche de Qu�bec-Sant� et Institut national d'excellence en sant� et en services sociaux.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.