Interventions sur les normes sociales destinées à réduire la consommation excessive d'alcool chez les étudiants de l'université et des écoles supérieures

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La consommation excessive d'alcool peut entraîner des incapacités ou des décès. L'alcool peut également être à l'origine d'accidents, de bagarres et de rapports sexuels non protégés. Les jeunes de 15 à 24 ans sont particulièrement touchés par ce fléau. Bien que les étudiants universitaires ne boivent pas aussi fréquemment que les autres jeunes de leur âge, lorsqu'ils boivent ils ont tendance à le faire de manière excessive. Les normes sociales font référence à nos perceptions et nos croyances en matière de comportement « normal ». Les gens peuvent avoir le sentiment que leurs pairs consomment beaucoup d'alcool, ce qui influence leur propre consommation, alors que l'influence qu'exercent les camarades est fondée en grande partie sur des perceptions erronées. Le bilan normatif personnalisé repose sur la présentation de données sur ces perceptions erronées, sur les profils de consommation d'alcool personnels, les facteurs de risque et les comparaisons normatives. Le bilan personnalisé peut être donné seul ou en complément de séances de counselling individuelles ou de groupe.
Cette revue systématique est basée sur 22 essais contrôlés portant sur 7 275 étudiants de l'université et des écoles supérieures affectés de façon aléatoire au groupe bénéficiant d'une intervention sur les normes sociales ou à un groupe témoin. Les interventions réalisées sur Internet ou sur ordinateur, ou lors de rencontres individuelles face à face, semblaient réduire la consommation excessive d'alcool. Les preuves étaient moins probantes pour les rencontres en groupe. Dans leur ensemble, les bilans personnalisés envoyés par courrier ou présentés lors des séances de groupe avaient le même impact que l'intervention témoin. Deux études de grande ampleur montraient des résultats contradictoires pour une campagne de marketing social. Pour bien des critères de jugement et analyses, seul un petit nombre d'études de bonne qualité était disponible, et la plupart des études provenaient des États-Unis. L'intensité de l'intervention variait entre les essais, tout comme l'intervention témoin, qui consistait en l'absence d'intervention, en brochures éducatives ou en une séance pédagogique sur l'alcool. La partie consacrée aux normes sociales du bilan personnalisé individuel en face à face représentait typiquement un aspect parmi d'autres d'un entretien motivationnel plus large. Les endroits où la densité des points de vente d'alcool est élevée peuvent favoriser la consommation d'alcool en raison de la fréquence accrue des promotions alcool et de l'accès plus facile à l'alcool. Par conséquent, les interventions destinées à réduire la consommation d'alcool sont susceptibles d'être moins efficaces dans ces endroits.

Conclusions des auteurs: 

Les BPI et les BPFF sont probablement efficaces pour réduire la consommation excessive d'alcool. Aucune comparaison directe entre les BPI et les BPFF n'a été trouvée, mais les BPI donnaient de bons résultats sur une palette plus large de critères de jugement et sont moins coûteux, et pour ces raisons pourraient être privilégiés. Les effets significatifs étaient plus visibles pour les résultats à court terme (jusqu'à trois mois). Pour ce qui est des bilans personnalisés envoyés par courrier ou présentés lors des séances de groupe, et des campagnes de marketing sur les normes sociales, les résultats ne sont pas concluants, et ces interventions ne peuvent par conséquent pas être recommandées.

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Contexte: 

La consommation d'alcool est influencée par la perception (erronée) qu'ont les jeunes de la manière dont leurs camarades boivent. En corrigeant ces perceptions erronées, on peut amener les jeunes à réduire leur consommation.

Objectifs: 

Déterminer si un bilan personnalisé sur les normes sociales réduit la consommation excessive d'alcool chez les étudiants de l'université et des écoles supérieures

La stratégie de recherche documentaire: 

Registre des essais du groupe Cochrane sur les drogues et l'alcool ; Central ; MEDLINE ; EMBASE ; PsyInfo ; CINAHL (jusqu'à mars 2008).

Critères de sélection: 

ECR ou ECR en groupe qui évaluent l'intervention normative sociale par rapport à l'absence d'intervention, l'utilisation d'une brochure pédagogique sur l'alcool ou une autre intervention personnalisée non normative.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs sur trois ont extrait les données. Les études incluses ont été évaluées par rapport aux critères indiqués dans le manuel Cochrane Reviewers Handbook version 5.0.0.

Résultats principaux: 

Vingt-deux études ont été incluses (7 275 participants).

Problèmes liés à l'alcool : Réduction significative grâce aux bilans personnalisés livrés sur Internet ou sur ordinateur (BPI) (DMS -0,31 IC à 95 % -0,59 à -0,02), trois études, 278 participants. Aucun effet significatif des bilans personnalisés envoyés par courrier (BPC), des bilans personnalisés individuels en face à face (BPFF) ni des bilans personnalisés présentés lors des rencontres en groupe (BPRG).

Taux d'alcoolémie (TA) maximal : Réduction significative grâce aux BPI (DMS -0,77 IC à 95 % -1,25 à -0,28), deux études, 198 participants. Aucun effet significatif des BPC ni des BPFF.

Fréquence de la consommation : Réduction significative grâce aux BPI (DMS -0,38 IC à 95 % -0,63 à -0,13), deux études, 243 participants et aux BPFF (DMS -0,39 IC à 95 % -0,66 à -0,12), deux études, 217 participants. Aucun effet significatif des BPC.

Quantité d'alcool consommée : Réduction significative grâce aux BPI (DMS -0,35 IC à 95 % -0,51 à -0,18), cinq études, 556 participants et aux BPRG (DMS -0,32 IC à 95 % -0,63 à -0,02), trois études, 173 participants. Aucun effet significatif des BPC ni des BPFF.

« Binge drinking » (Biture express) : Réduction significative grâce aux BPI (DMS -0,47 IC à 95 % -0,92 à -0,03), une étude, 80 participants, aux BPFF (DMS -0,25 IC à 95 % -0,49 à -0,02), trois études, 278 participants et aux BPRG (DMS -0,38 IC à 95 % -0,62 à -0,14), quatre études, 264 participants. Aucun effet significatif des BPC.

TA : Aucun effet significatif des BPC ni des BPFF

Normes en matière de consommation : Réduction significative grâce aux BPI (DMS -0,75 IC à 95 % -0,98 à -0,52), trois études, 312 participants.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.