Médicaments pour la prévention du paludisme chez les femmes enceintes VIH-positives

Le traitement préventif intermittent consiste à administrer une dose curative complète de médicament antipaludique à des intervalles prédéfinis durant la grossesse (à partir du deuxième trimestre), que la femme enceinte soit ou non porteuse des parasites du paludisme. Le traitement préventif intermittent pour femmes enceintes, tel qu'administré lors de consultations prénatales de routine, est une politique recommandée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et a été adoptée dans la majorité des pays d'Afrique où le paludisme est endémique. Étant donné que le VIH augmente la gravité du paludisme chez les femmes enceintes, il est important d'évaluer les différents médicaments et les doses nécessaires pour prévenir le paludisme chez les femmes enceintes VIH-positives.

Cette revue n'a identifié que deux essais ayant comparé l'impact de l'administration de trois doses ou plus de sulfadoxine-pyriméthamine à celui de seulement deux doses. L'administration de trois doses ou plus s'est avérée plus efficace pour prévenir la présence de parasites du paludisme dans le placenta et dans le sang périphérique de la femme enceinte que la méthode bi-dose standard. En outre, les enfants nés de femmes enceintes VIH-positives ayant reçu trois doses ou plus de sulfadoxine-pyriméthamine pesaient plus que ceux nés de mères n'ayant reçu que les deux doses standard.

Bien que des doses plus fréquentes de ce médicament soient efficaces dans la prévention du paludisme, les femmes enceintes VIH-positives ayant un taux bas de CD4 ne peuvent pas l'utiliser car la politique actuelle est de leur administrer du co-trimoxazole (Bactrim) pour prévenir les infections opportunistes. Il est donc nécessaire de rechercher des médicaments et des schémas de traitement alternatifs pour la prévention du paludisme chez les femmes enceintes VIH-positives.

Conclusions des auteurs : 

Le traitement à trois doses ou plus de SP est supérieur au bi-dose standard chez les femmes enceintes VIH-positives. Cependant, puisque la SP ne peut pas être administrée en concomitance avec le co-trimoxazole - un médicament souvent recommandé pour la prophylaxie d'infection chez les femmes enceintes VIH-positives, il faudra des recherches supplémentaires et de nouveaux médicaments pour répondre aux besoins des femmes enceintes VIH-positives.

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Contexte : 

Le traitement préventif intermittent est recommandé aux femmes enceintes vivant dans des pays d'endémie palustre en raison des avantages tant pour la mère que pour le bébé. Toutefois, l'impact pourrait ne pas être le même chez les femmes enceintes VIH-positives car l'infection au VIH altère l'immunité de la femme.

Objectifs : 

Comparer les schémas de traitement préventif intermittent du paludisme chez les femmes enceintes VIH-positives vivant dans des zones d'endémie palustre.

Stratégie de recherche documentaire : 

En juin 2011, nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies infectieuses, CENTRAL, MEDLINE, EMBASE, LILACS, le méta-registre des essais cliniques (mRCT), des listes de référence et des résumés de conférences. Nous avons également contacté des chercheurs et des organisations pour obtenir des informations sur certains essais.

Critères de sélection : 

Des essais cliniques randomisés comparant différents schémas de traitement préventif intermittent du paludisme chez les femmes enceintes VIH-positives dans des zones d'endémie palustre.

Recueil et analyse des données : 

Deux auteurs ont extrait les données et évalué les risques de biais. Les variables dichotomiques ont été combinées en utilisant les risques relatifs (RR) et les différences moyennes (DM) pour résultats continus, tous les deux avec des intervalles de confiance (IC) de 95%.

Résultats principaux : 

Deux essais randomisés portant sur 722 femmes enceintes VIH-positives ont été incluses, comparant l'administration mensuelle de sulfadoxine-pyriméthamine (SP) au traitement standard à deux doses dans les deuxième et troisième trimestres. Aucune différence statistiquement significative n'été constatée entre la SP mensuelle et la SP bi-dose au niveau du taux d'anémie maternelle, des faibles poids de naissance ou de la mortalité néonatale. Chez les primigestes et secondigestes, l'administration mensuelle était associée à moins de parasitémie placentaire (RR 0,38, IC 95% 0,21 à 0,70, deux essais) et moins de parasitémie périphérique (RR 0,25, IC 95% 0,14 à 0,43, deux essais), mais aucun effet n’a été démontré chez les femmes multigestes. Les bébés nés de femmes primigestes et secondigestes sous SP mensuelle avaient un poids moyen de naissance plus élevé (différence moyenne pondérée (DMP) 130 g ; IC 95% 120 g à 150 g, deux essais) que les bébés nés de mères sous SP bi-dose. Les femmes multigestes traitées par SP mensuelle avaient un niveau d'hémoglobine significativement plus élevé que celles traitées par SP bi-dose (ADM 0,21 g/dL, 95% CI 0,15 g/dl à 0,27 g/dL, un essai). Il n'y avait pas d'essais ayant évalué d'autres schémas pour le traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes VIH-positives.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.