Antipsychotiques dans le traitement contre les épisodes précoces de schizophrénie

Il n'existe que quelques études de qualité qui compare le traitement des épisodes précoces de schizophrénie aux antipsychotiques par rapport au placebo ou au traitement psychosocial. Il semble que le traitement médical de départ réduise les taux d'attrition de l'étude tout en augmentant le risque des effets secondaires d'origine médicamenteuse. Les données sont trop limitées pour évaluer les effets des traitements initiaux d'antipsychotiques sur les résultats des individus souffrant d'épisodes précoces de schizophrénie.

Conclusions des auteurs: 

Avec seulement quelques études qui répondent aux critères d'inclusion, et avec les données utilisables limitées de ces études, il n'est pas possible d'atteindre des conclusions définitives. Le schéma préliminaire de preuves suggèrent que les personnes souffrant d'épisodes précoces de schizophrénie traités par antipsychotiques typiques sont moins sujets à quitter l'étude prématurément, mais plus sujets à ressentir des effets secondaires liés au traitement. Les données sont trop faibles pour évaluer les effets des antipsychotiques sur les résultats autour des épisodes précoces de schizophrénie.

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Contexte: 

Les traitements à long termes d'antipsychotiques dans les troubles d'épisodes précoces de schizophrénie sont courants, mais les effets à courts termes et à longs termes sur la maladie ne sont pas clairs. De nombreuses suggestions ont été émises sur le fait que les patients souffrant d'épisodes précoces de schizophrénie semblent répondre différemment de ceux ayant déjà souffert de multiple épisodes. Le nombre d'épisodes peut modérer la réponse au traitement médical.

Objectifs: 

Pour évaluer les effets du traitement antipsychotique sur les patients souffrant d'épisodes précoces de spectre de troubles de schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre d’essais cliniques du Groupe Cochrane sur la Schizophrénie (juillet 2007) ainsi que les références des études incluses ont été examinés. Nous avons contacté les auteurs des études pour obtenir davantage de données.

Critères de sélection: 

Les études montrant une majorité de premier et second épisode de spectre de troubles de schizophrénie qui comparent le traitement médical au placebo, au milieu ou au traitement psychologique.

Recueil et analyse des données: 

En travaillant indépendamment, nous avons évalué de façon critique les archives de 681 études, dont cinq répondaient aux critères d'inclusion. Les risques relatifs (RR) ont été calculé ainsi que leur 95 % d'intervalle de confiance lorsque cela était possible. Pour les données continues, la différence moyenne (DM) a été calculée. Le nombre de sujets à traiter /nombre nécessaire pour nuire (NST/NNN) ont été calculés le cas échéant.

Résultats principaux: 

Cinq études (total combiné n=998) ont répondu aux critères d'inclusion. Quatre études (n=724) ont fourni des données sur les départs anticipés de l'étude et des résultats suggérant que les individus traités avec un antipsychotique typique sont moins sujets à quitter prématurément l'étude que ceux traités sous placebo (Chlorpromazine : 3 ECR, n=353, RR 0,4 IC 0,3 à 0,5, NST 3,2, Fluphenaxine : 1 ECR n=240, RR 0,5 IC 0,3 à 0,8, NST 5 ; Thioridazine : 1 ECR n=236, RR 0,44 IC 0,3 à 0,7, NST 4,3 ; Trifulperazine : 1 EC, n=94, RR 0,96 IC 0,3 à 3,6). Deux études ont délivré des données d'évaluation des effets indésirables et ont montré un schéma général d'effets indésirables plus fréquents parmi les individus traités sous antipsychotiques par rapport au placebo. Un essai laissait entrevoir un plus haut taux de ré-hospitalisation pour les patients sous chlorpromazine par rapport au placebo (n=80, RR 2,29, IC entre 1,3 et 4,0, NNN 2,9) Cependant, une attrition plus élevée dans le groupe placebo est susceptible d'avoir introduit un biais de survivant dans cette comparaison. Les données d'une étude comparant le trifluopérazine à la psychothérapie sur la santé à long termes en faveur du groupe sous trifluopérazine (n=92, DM 5,8, IC entre 1,6 et 0,0) ; cependant, les données de cette étude sont également susceptibles de contenir des biais de sélection et d'attrition. Une autre étude a fourni des données issues de la comparaison d'un antipsychotique par rapport au traitement psychosocial sur des mesures de résultats à six semaines de la psychopathologie globale (n=89, DM 0,01, IC entre -0,6 et 0,6) et une amélioration globale (n=89, DM -0,03, IC entre -0,5 et 0,4), ce qui n'indique pas de différences entre groupes. Au total, il n'existe que très peu de données utilisables dans les quelques études qui répondent aux critères d'inclusion.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.