Préparation endométriale pour les receveuses de dons d'ovules ou pour les transferts d'embryons congelés

Les couples subissent une fécondation in vitro (FIV) après une longue période d'hypofertilité, parce que les femmes ont des trompes de Fallope bloquées ou souffrent d'endométriose, lorsque le partenaire masculin a un nombre réduit de spermatozoïdes ou que la grossesse n'est pas survenue après avoir suivi antérieurement un traitement pour la fertilité moins invasif. Après l'échec d'un cycle de FIV avec des embryons frais, un transfert d'embryons congelés-décongelés peut être réalisé lorsque des embryons congelés sont disponibles. Par ailleurs, pour les femmes qui ont une insuffisance ovarienne (ménopause prématurée), une faible capacité des ovaires à réagir à la stimulation ou qui ont connu plusieurs échecs de cycles de FIV, le don d'ovocytes est une option de traitement fréquente, en particulier pour les femmes d'un âge avancé. La préparation hormonale adéquate de l'endomètre est d'une importance capitale à la fois chez la donneuse d'ovules et dans les cycles de replacement des embryons congelés pour donner les meilleures chances de grossesse. De nombreux médicaments et divers modes d'administration ont été essayés par plusieurs chercheurs afin d'optimiser les taux d'implantation et, par conséquent, d'améliorer les taux de réussite des procédures de transfert d'embryons. Un total de 22 essais contrôlés randomisés ont été inclus dans cette revue. Les preuves issues de ces essais sont insuffisantes pour permettre d'identifier une intervention particulière pour la préparation endométriale améliorant nettement le critère d'évaluation du traitement pour les femmes faisant l'objet d'un transfert d'embryons avec des embryons congelés ou des embryons provenant d'ovocytes de donneuses. Des études de meilleure qualité sont nécessaires pour évaluer plus précisément chaque traitement.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves sont insuffisantes pour recommander un protocole particulier pour la préparation endométriale par rapport à un autre en termes de taux de grossesses après des transferts d'embryons. Il s'agissait soit d'embryons congelés ou d'embryons provenant d'ovocytes de donneuses. Cependant, il existe des preuves d'un plus faible taux de grossesses et d'un taux d'annulation de cycle plus élevé lorsque la supplémentation en progestérone est commencée avant le prélèvement des ovocytes dans les cycles de dons d'ovocytes. Des études d'une puissance adéquate doivent être réalisées pour évaluer chaque traitement de façon plus précise.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

En cas d'échec d'un cycle de procédure de reproduction assistée, avec des embryons frais et si des embryons congelés sont disponibles, un transfert d'embryons congelés-décongelés est réalisé. Dans certains cas précis, les femmes peuvent subir un traitement de don d'ovocytes. Dans les deux situations, l'endomètre est préparé par l'administration d'œstrogène et de progestérone. Pour prévenir la possibilité d'une ovulation spontanée, des agonistes de la gonadolibérine (GnRH) sont fréquemment utilisés.

Objectifs: 

Evaluer la préparation endométriale la plus efficace pour les femmes subissant un transfert avec des embryons congelés ou des embryons provenant d'ovocytes de donneuses en termes de taux de naissances vivantes ultérieures.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et la fertilité, le registre Cochrane des essais contrôlés - Cochrane Central Register of Controlled Trials (CENTRAL) (The Cochrane Library), MEDLINE, EMBASE, LILACS et les résumés des réunions des sociétés travaillant sur la reproduction (depuis leur origine). Aucune restriction de langue n'a été appliquée. Des experts dans le domaine ont été contactés.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés évaluant la préparation endométriale chez des femmes subissant des cycles de dons frais et des transferts d'embryons congelés.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont appliqué les critères d'inclusion, évalué les risques de biais des essais et extrait des données, de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Vingt-deux essais contrôlés randomisés ont été inclus. Cinq études analysaient l'utilisation d'un agoniste de la GnRH versus témoin. Aucun bénéfice significatif n'a été démontré lors de l'utilisation des agonistes de la GnRH. Il n'a été trouvé aucune preuve d'un bénéfice statistiquement significatif pour un agoniste de la GnRH par rapport à un autre ni pour une administration de progestérone vaginale par rapport à une administration intramusculaire. Aucune différence du taux de grossesses n'a été démontrée lorsque l'absence de traitement a été comparée à l'aspirine, les stéroïdes, la stimulation ovarienne ou la gonadotrophine chorionique humaine (hCG) avant un transfert d'embryon, bien que l'utilisation répétée de la hCG avant le prélèvement des ovocytes réduise le taux de grossesses. Enfin, lorsque les receveuses des ovocytes ont été étudiées davantage, le démarrage de la progestérone le jour du prélèvement des ovocytes (OPU pour oocyte pick-up) ou le jour suivant l'OPU a produit un taux de grossesses significativement plus élevé (RC 1,87, IC à 95 % 1,13 à 3,08) que lorsque les receveuses démarraient la progestérone le jour précédant l'OPU.

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.