Fluphénazine orale versus placebo pour le traitement de la schizophrénie

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La schizophrénie se déclare généralement chez le jeune adulte et présente une prévalence d'environ 1 %, indépendamment de la culture, la classe sociale ou l’origine ethnique. La schizophrénie est une maladie mentale chronique et récidivante, caractérisée par des symptômes tels que des hallucinations, des idées délirantes, une altération de la pensée et un retrait émotionnel. Les antipsychotiques sont efficaces dans le contrôle des symptômes florides comme les hallucinations et les idées délirantes, mais ils le sont moins dans le traitement du retrait émotionnel. Les antipsychotiques sont associés à des effets indésirables comme des troubles du mouvement, et le coût total de la maladie pour l'individu, les soignants et la communauté est considérable.

La fluphénazine est un antipsychotique peu coûteux et largement accessible qui est disponible pour traiter les patients souffrant de schizophrénie depuis cinquante ans. Dans cette revue, pour la première fois sans doute, les effets de l'administration par voie orale de fluphénazine ont été objectivement quantifiés par rapport à un placebo. En effet, c'est un antipsychotique puissant mais avec des effets indésirables importants. D'autres médicaments pourraient être préférables.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats de cette revue confirment globalement ce que les cliniciens et les patients savaient déjà, mais offrent une quantification permettant d’étayer cette impression clinique. Le rôle global de la fluphénazine en tant que traitement efficace des psychoses n'est pas remis en cause par les résultats de cette revue. Cependant, la fluphénazine est un traitement imparfait et, dans la mesure du possible, d'autres médicaments peu coûteux et associés à moins d’effets indésirables peuvent être un choix tout aussi efficace chez les patients souffrant de schizophrénie.

L'ajout de sept études à la section de classification en attente peut altérer les conclusions de cette revue une fois évaluées.

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Contexte: 

La fluphénazine est l’un des premiers médicaments à avoir été classés comme antipsychotique et elle est disponible depuis cinquante ans.

Objectifs: 

Évaluer les effets de la fluphénazine orale dans la schizophrénie par rapport à un placebo.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la schizophrénie (septembre 2006) a été examiné. Il inclut les essais contrôlés randomisés pertinents issus des bases de données bibliographiques Biological Abstracts, CINAHL, la Bibliothèque Cochrane, EMBASE, MEDLINE, PsycLIT, LILACS, PSYNDEX, Sociological Abstracts et Sociofile. Les références bibliographiques de toutes les études identifiées ont été examinées afin d’identifier d’autres essais.

La recherche a été mise à jour le 15 mai 2012 et les résultats ont été ajoutés aux études en attente de classification.

Critères de sélection: 

Nous avons recherché tous les essais contrôlés randomisés qui comparaient de la fluphénazine orale à un placebo chez des patients souffrant de schizophrénie. Les critères de jugement principaux étaient l'état global et les effets indésirables.

Recueil et analyse des données: 

Les références bibliographiques et les résumés ont été inspectés indépendamment, les articles ont été obtenus et ré-inspectés et la qualité des essais a été évaluée. Les données ont été extraites indépendamment. Les données dichotomiques ont été analysées en utilisant un risque relatif (RR) à effets fixes et un intervalle de confiance (IC) à 95 %. Les données continues ont été exclues si plus de 50 % des patients avaient été perdus de vue, mais, dans la mesure du possible, les différences moyennes pondérées (DMP) ont été calculées.

Résultats principaux: 

Plus de 1 200 archives électroniques ont été trouvées pour 415 études, 47 étaient pertinentes mais seules 7 ont pu être incluses. Par rapport au placebo, à court terme, les critères de jugement d’absence d’amélioration de l'état global n'étaient pas significativement différents (n = 75, 2 ECR, RR de 0,71, IC entre 0,5 et 1,1). Il existe des preuves que la fluphénazine orale, à court terme, augmente le risque d’effets extrapyramidaux comme l'akathisie (n = 227, 2 ECR, RR de 3,43, IC entre 1,2 et 9,6, NNN de 13, IC entre 4 et 128) et la rigidité (n = 227, 2 ECR, RR de 3,54, IC entre 1,8 et 7,1, NNN de 6, IC entre 3 et 17). Nous avons observé que l'attrition était inférieure dans le groupe sous fluphénazine orale, mais les données n'étaient pas statistiquement significatives (n = 227, 2 ECR, RR de 0,70, IC entre 0,4 et 1,1).

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