Sertraline versus autres antidépresseurs pour le traitement de la dépression

La dépression occupe la quatrième place du classement mondial du fardeau des maladies et devrait poursuivre sa progression au cours des 20 prochaines années. La dépression est associée à une forte morbidité personnelle, sociale et économique, à une perte de capacités fonctionnelles et de productivité, et à un accroissement de la charge de travail des prestataires de service. Bien que les interventions pharmacologiques et psychologiques soient toutes deux efficaces dans la dépression majeure, les antidépresseurs demeurent le pilier du traitement. Au cours des 20 dernières années, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont progressivement devenus les antidépresseurs les plus couramment prescrits. La sertraline, l'un des premiers ISRS introduits sur le marché, est un inhibiteur puissant et spécifique de la capture de la sérotonine dans la terminaison présynaptique, avec une activité modeste en tant qu'inhibiteur de la capture de la dopamine. Dans la présente revue, nous avons évalué les preuves d'efficacité, d'acceptabilité et de tolérance de la sertraline par rapport à tous les autres antidépresseurs dans le traitement de la phase aiguë de la dépression majeure. Cinquante-neuf essais contrôlés randomisés (environ 10 000 participants) ont été inclus dans cette revue. La revue a observé des preuves de différences entre la sertraline et les autres antidépresseurs en termes d'efficacité, d'acceptabilité et de tolérance, et les méta-analyses révélaient une tendance favorable à la sertraline en termes d'efficacité et d'acceptabilité dans un échantillon homogène d'essais cliniques en utilisant des méthodes statistiques conservatrices. Les études incluses ne documentaient pas tous les critères de jugement prédéfinis dans le protocole de cette revue. Des critères de jugement clairement importants pour les patients et les cliniciens, en particulier l'attitude des patients et de leurs soignants vis-à-vis du traitement et leur capacité à reprendre le travail et à retrouver un fonctionnement social normal, n'étaient pas rapportés dans les études incluses. Néanmoins, sur la base des preuves actuellement disponibles, les résultats de cette revue suggèrent que la sertraline pourrait être un candidat solide dans le traitement antidépresseur de première intention chez les patients atteints de dépression majeure aiguë.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue systématique et la méta-analyse révélaient une tendance favorable à la sertraline par rapport à d'autres antidépresseurs, tant en termes d'efficacité que d'acceptabilité, en utilisant des intervalles de confiance à 95 % et une approche conservatrice, avec une analyse à effets aléatoires. Néanmoins, les études incluses ne documentaient pas tous les critères de jugement prédéfinis dans le protocole de cette revue. Les critères de jugement clairement importants pour les patients et les cliniciens n'étaient rapportés dans aucune des études incluses.

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Contexte: 

Les recommandations pour la pratique clinique du National Institute for Health and Clinical Excellence concernant le traitement des troubles dépressifs stipulent que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine devraient être considérés comme l'option de première intention lorsqu'une pharmacothérapie est indiquée dans le traitement d'un épisode dépressif. Les preuves préliminaires suggèrent que la sertraline pourrait être légèrement supérieure en termes d'efficacité.

Objectifs: 

Évaluer les preuves de l'efficacité, l'acceptabilité et la tolérance de la sertraline par rapport aux tricycliques (ATC), aux hétérocycliques, aux autres ISRS et à des agents plus récents dans le traitement de la phase aiguë de la dépression majeure.

La stratégie de recherche documentaire: 

MEDLINE (1966 à 2008), EMBASE (1974 à 2008), le registre des essais contrôlés de la Collaboration Cochrane sur la dépression, l'anxiété et la névrose et le registre Cochrane central des essais contrôlés jusqu'en juillet 2008. Aucune restriction de langue n'a été appliquée. Les références bibliographiques des articles pertinents et des précédentes revues systématiques ont fait l'objet d'une recherche manuelle. Des sociétés pharmaceutiques et des experts de ce domaine ont été contactés afin d'obtenir des données supplémentaires.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisant des patients atteints de dépression majeure pour de la sertraline ou n'importe quel autre antidépresseur.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de revue ont extrait les données de manière indépendante. Les divergences ont été résolues en faisant appel à un autre membre de l'équipe. Une procédure de double entrée a été utilisée par deux évaluateurs. Les informations extraites comprenaient les caractéristiques des études, les caractéristiques des participants, les détails de l'intervention et les mesures de résultat en termes d'efficacité (nombre de patients qui répondaient au traitement ou présentaient une rémission), d'acceptabilité (nombre de patients qui n'allaient pas jusqu'au bout de l'étude) et de tolérance (effets secondaires).

Résultats principaux: 

Au total, 59 études, majoritairement de faible qualité, ont été incluses dans la revue. Elles examinaient plusieurs comparaisons entre de la sertraline et d'autres antidépresseurs. Il existait des preuves favorables à la sertraline par rapport à d'autres antidépresseurs en termes d'efficacité (fluoxétine) ou d'acceptabilité/tolérance (amitriptyline, imipramine, paroxétine et mirtazapine) dans le traitement de la phase aiguë de la dépression majeure. Néanmoins, certaines différences étaient également observées en faveur d'antidépresseurs plus récents en termes d'efficacité (mirtazapine) et d'acceptabilité (bupropion). En termes d'effets secondaires individuels, la sertraline était généralement associée à un taux supérieur de participants présentant des diarrhées.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.