Application d'une pression fundique au cours de la seconde phase du travail pour améliorer les résultats de la mère et du fœtus

La pression fundique s'effectue à l'aide des mains (pression fundique manuelle) pour pousser sur la partie supérieure de l'utérus et vers le bas en direction de la filière pelvigénitale. Cette technique s'utilise pendant la seconde phase du travail afin de réduire la durée de celui-ci et de faciliter l'accouchement par voie basse, soit en tant que pratique courante, soit en raison de complications telles que la souffrance fœtale, l'échec de progression du travail, l'épuisement maternel ou les états pathologiques pour lesquels il est contre-indiqué que la mère pousse pendant une durée prolongée, par exemple si la mère souffre d'une cardiopathie. Par ailleurs, une ceinture gonflable a également été utilisée en milieu de recherche pour fournir une pression fundique.

Les risques éventuels qui sont associés à cette utilisation comprennent la rupture utérine, la lésion sphinctérienne anale, les fractures chez le nouveau-né ou la lésion cérébrale, ainsi qu'une augmentation de la transfusion sanguine entre la mère et le foetus. Cette transfusion peut se révéler importante en fonction du facteur rhésus ou lorsque la mère est atteinte de VIH, d'hépatite B ou d'autres maladies virales.

Les auteurs de la revue n'ont trouvé aucun essai portant sur la pression fundique manuelle utilisée à plus grande échelle. Seul un essai contrôlé étudiait la pression fundique appliquée par la ceinture gonflable. Cet essai incluait 500 femmes ayant eu une analgésie péridurale et qui se trouvaient en seconde phase de travail. La qualité méthodologique de l'essai était correcte. Le nombre de femmes ayant eu des accouchements par voie basse spontanés avec ou sans pression fundique était analogue. Cependant, cet essai n'a pas fourni suffisamment de preuves pour déterminer les problèmes de sécurité relatifs à l'utilisation de cette technique pour le bébé, mesurés comme faible score d'Apgar, pH artériel faible au cordon ombilical ou l'admission en unité de néonatologie. Cette intervention n'a pas permis l'évaluation en aveugle. Il se peut que l'on se soit aperçu que cette ceinture fonctionnait, permettant ainsi aux femmes de pousser moins fort et aux sages-femmes de les encourager avec moins de ferveur. Il est apparu que non seulement le nombre de femmes ayant un périnée intact augmentait en fonction de l'utilisation de cette ceinture, mais également le nombre de déchirures sphinctériennes anales. Toutes d'entre elles, sauf une, étaient associées à un accouchement instrumental.

Conclusions des auteurs: 

Par ailleurs, il n'existe aucune preuve permettant de conclure qu'il existe des effets bénéfiques ou nocifs liés à l'application manuelle d'une pression fundique. Il faut donc des essais contrôlés randomisés de bonne qualité pour étudier l'effet relatif à la pression fundique manuelle. L'application d'une pression fundique par une ceinture gonflable au cours de la seconde phase du travail ne semble pas accroître le taux d'accouchements par voie basse spontanés chez les femmes ayant reçu une analgésie péridurale. Il n'existe pas suffisamment de preuves concernant la sécurité du bébé. Les effets sur le périnée maternel ne permettent pas d'aboutir à une conclusion.

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Contexte: 

La pression fundique pendant la seconde phase de travail implique l'application d'une pression manuelle sur la partie la plus haute de l'utérus en l'orientant vers la filière pelvienne pour essayer de faciliter l'accouchement par voie basse spontané et éviter une durée prolongée de la seconde phase ou la nécessité de réaliser un accouchement opératoire. La pression fundique a également été appliquée à l'aide d'une ceinture gonflable. Une étude réalisée aux États-Unis a constaté que 84 % des femmes répondantes utilisaient la pression fundique dans leurs centres obstétricaux. En revanche, il existe peu de preuves pour démontrer que l'utilisation de la pression fundique est efficace pour améliorer les résultats maternels et/ou néonataux. Plusieurs rapports isolés indiquent que l'application d'une pression fundique est associée à des complications maternelles et néonatales : par exemple, la rupture utérine, les fractures néonatales et la lésion cérébrale. Il faudrait donc procéder à une évaluation objective de l'efficacité et de l'innocuité de l'application de la pression fundique lors de la seconde phase du travail.

Objectifs: 

Pour déterminer les bénéfices et les effets indésirables relatifs à la pression fundique lors de la seconde phase du travail :

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (novembre 2008).

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés et quasi-randomisés portant sur l'application de la pression fundique ou non chez les femmes lors de la seconde phase du travail avec présentation céphalique unique.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de revue ont évalué de façon indépendante toutes les études éventuelles à inclure. Nous avons extrait les données à l'aide d'un formulaire préconçu. Nous avons saisi et analysé les données à l'aide du logiciel Review Manager, et vérifié leur exactitude.

Résultats principaux: 

Nous avons exclus des analyses deux des trois essais identifiés pour des raisons méthodologiques. Par conséquent, il ne restait aucune étude relative à la pression fundique manuelle. Nous avons inclut une étude (500 femmes) portant sur l'application de la pression fundique au moyen d'une ceinture gonflable versus aucune pression fundique pour réduire les taux d'accouchements opératoires. La qualité méthodologique de l'étude qui a été incluse était correcte.

L'utilisation d'une ceinture gonflable n'a montré aucune modification du taux d'accouchements opératoires (RR de 0,94, IC à 95 % 0,80 à 1,11). Les résultats fœtaux en ce qui concerne les scores d'Apgar à cinq minutes inférieurs à sept (RR de 4,62, IC à 95 % 0,22 à 95,68), le faible pH artériel au cordon ombilical (RR de 0,47, IC à 95 % 0,09 à 2,55) et l'admission en unité de néonatologie (RR de 1,48, IC à 95 % 0,49 à 4,45) n'ont également montré aucune différence entre les groupes. Il n'y a eu aucune mortalité, ni morbidité néonatale ou maternelle. Toutefois, une augmentation du nombre de périnée intacts (RR de 1,73, IC à 95 % 1,07 à 2,77), ainsi que du nombre de déchirures sphinctériennes anales (RR de 15,69, IC à 95 % 2,10 à 117,02) ont été observées dans le groupe utilisant la ceinture. Cependant, il n'existe aucune données sur les résultats à long terme.

Notes de traduction: 

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé Français

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.