Thérapie cognitivo-comportementale chez les hommes qui infligent des sévices à leurs partenaires féminines

La violence exercée par les hommes contre une partenaire féminine intime est un problème grave et courant, sachant qu'entre 10 % et 34 % des femmes déclarent dans les enquêtes nationales qu'elles ont été sexuellement agressées par un partenaire masculin. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est utilisée pour réduire la violence masculine en suscitant des changements de la manière dont les hommes considèrent la violence et de la manière dont ils gèrent leur comportement. Certains hommes se portent volontaires pour suivre le traitement TCC, tandis que d'autres sont dans l'obligation d'y participer par décision de justice. Nous avons inclus des essais portant sur les deux types de participants. La revue a trouvé toutes les évaluations contrôlées randomisées des effets de la TCC sur la violence physique des hommes sur leurs partenaires féminines au niveau mondial, mais seulement six essais de petite taille totalisant 2 343 participants répondaient aux critères d'inclusion. Les résultats de quatre de ces essais, qui ont comparé des hommes ayant bénéficié de la TCC à des hommes ne bénéficiant d'aucun traitement, ont été combinés. Cela ne nous a pas permis de démonter si la TCC était ou non supérieure à l'absence de traitement. De même, les résultats individuels des deux autres essais, ayant comparé la TCC à un autre traitement, étaient peu concluants. Dans l'ensemble, les preuves issues des études incluses sont insuffisantes pour tirer toute conclusion.

Conclusions des auteurs: 

Les essais contrôlés randomisés sont encore trop peu nombreux pour tirer des conclusions sur l'efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale chez les hommes auteurs de violence conjugale.

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Contexte: 

Dans les enquêtes nationales, entre 10 % et 34 % des femmes ont déclaré avoir été sexuellement agressées par un partenaire masculin intime. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou les programmes comprenant des éléments de la TCC sont des traitements fréquemment utilisés chez les hommes qui infligent des sévices. Les participants soit s'inscrivent volontairement soit sont dans l'obligation d'y participer par décision de justice. La TCC vise non seulement à changer le comportement en faisant appel à des stratégies comportementales établies, mais cible aussi les modèles de pensée et les croyances.

Objectifs: 

Mesurer l'efficacité de la TCC et des programmes comprenant des éléments de la TCC sur les sévices infligés par des hommes à leurs partenaires féminines.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans les bases de données CENTRAL (The Cochrane Library, numéro 4, 2009), C2-SPECTR (2006), MEDLINE (de 1950 au 1er janvier 2010), EMBASE (de 1980 à la 53ème semaine de l'année 2009), CINAHL (de 1982 à décembre 2009), PsycINFO (de 1806 à la 4ème semaine de décembre 2009), ERIC (de 1966 à décembre 2009), Social Care Online, précédemment CareData (13 janvier 2010), Sociological Abstracts (de 1963 à décembre 2009), Criminal Justice Abstracts (2003), Bibliography of Nordic Criminology (13 janvier 2010) et SIGLE (2003). Nous avons également contacté des experts dans le domaine et les auteurs des études incluses.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés ayant évalué l'efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale chez les hommes qui ont infligé des sévices à leurs partenaires féminines et ayant prévu une mesure de l'impact sur la violence.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs ont indépendamment évalué les bibliographies trouvées en vue de leur inclusion éventuelle, extrait les données à l'aide d'un formulaire d'extraction de données en ligne et évalué les risques de biais pour chaque étude incluse. Nous avons contacté les auteurs des études afin d'obtenir des informations complémentaires lorsque cela s'est révélé nécessaire.

Résultats principaux: 

Six essais, tous réalisés aux États-Unis, totalisant 2 343 participants, ont été inclus. Une méta-analyse de quatre essais comparant la TCC avec un témoin sans intervention (1 771 participants) a rapporté que le risque relatif de violence était de 0,86 (en faveur du groupe d'intervention) avec un intervalle de confiance (IC) à 95 % de 0,54 à 1,38. Il s'agit d'une faible ampleur de l'effet, et la largeur de l'IC ne suggère aucune preuve claire d'un effet. Une étude (étude Wisconsin) a comparé la TCC à un traitement en groupe du processus psychodynamique et a rapporté un risque relatif de nouvelle violence de 1,07 (IC à 95 % 0,68 à 1,68). Même si le traitement du processus psychodynamique a légèrement mieux fonctionné que la TCC, ce résultat est équivoque. Enfin, une étude de petite taille (N = 64) a comparé un traitement TCC combiné pour la consommation abusive de substances et la violence conjugale (CASVC) à un groupe d'approche en 12 étapes (« Twelve-Step Facilitation » (TSF)). Une analyse portant sur 58 participants a étudié l'effet sur la réduction de la fréquence des épisodes de violence physique. L'ampleur de l'effet était de 0,30 (en faveur de l'approche en 12 étapes (TSF)) avec un IC à 95 % de -0,22 à 0,81.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.