La procaïne est une substance controversée qui est utilisée pour ses effets prétendument anti-âge et notamment l'amélioration cognitive, depuis plus de 50 ans

Des préparations contenant de la procaïne parmi leurs composants sont largement promues et utilisées dans plusieurs pays.

L'analyse de l'effet de la procaïne et de ses préparations dans 3 études sur un total de 427 participants n'a montré aucune preuve d'un bénéfice en termes de prévention ou traitement de la démence ou des troubles cognitifs.

Les événements indésirables liés à l'utilisation à long terme de la procaïne étaient peu nombreux mais certains d'entre eux étaient graves.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue montre que les preuves d'effets délétères de la procaïne et de ses préparations sont plus solides que les preuves d'un bénéfice pour prévenir et/ou traiter la démence ou les troubles cognitifs.

Certaines preuves issues d'études plus anciennes indiquent que des préparations à base de procaïne pourraient améliorer la mémoire chez les personnes n'étant pas atteintes de troubles cognitifs. Cependant, les preuves évidentes d'effets secondaires suggèrent que le risque pourrait être plus grand que les bénéfices.Par conséquent, les arguments marketing employés pour vendre les préparations à base de procaïne devraient être retirés jusqu'à ce que des essais de taille, durée et qualité appropriées aient été réalisés.

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Contexte: 

La procaïne est une substance controversée qui est utilisée pour ses effets prétendument anti-âge et notamment l'amélioration cognitive, depuis plus de 50 ans.

Les préparations à base de procaïne sont vendues comme capables de prévenir, inverser et stopper la démence. Plusieurs produits font l'objet de grandes publicités et peuvent être achetés sans ordonnance hors des États-Unis et sur Internet. On estime qu'il est facile de se procurer des préparations à base de procaïne dans plus de 70 pays et que ces dernières sont utilisées par plus de 100 millions de personnes.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et les effets indésirables de la procaïne (et des préparations contenant de la procaïne parmi leurs composants) sur la fonction cognitive dans le traitement des personnes atteintes de démence ainsi que chez les personnes âgées en bonne santé.

La stratégie de recherche documentaire: 

Des références sur des essais réalisés auprès de personnes atteintes de démence ou de troubles cognitifs ont été identifiées au moyen d'une recherche dans ALOIS: le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la démence et les autres troubles cognitifs, le 16 avril 2010, à l'aide du terme de recherche : procaïne. Une recherche a été effectuée dans la Bibliothèque Cochrane, MEDLINE, EMBASE, PsycINFO, CINAHL et LILACS, le 16 avril 2010, afin d'identifier des références et de garantir la plus grande actualité et exhaustivité de la recherche.

Pour de plus amples détails sur le contenu d'ALOIS, voirAbout ALOIS.

Critères de sélection: 

Tous les essais en double aveugle, randomisés, non biaisés et chez des humains dans lesquels un traitement par procaïne était administré pour ses effets sur la fonction cognitive et sur les symptômes comportementaux chez des participants âgés atteints de démence ou en bonne santé, dans des comparaisons contre des groupes parallèles recevant un placebo.

Recueil et analyse des données: 

La sélection des essais, l'évaluation de la qualité des essais, l'extraction des données et l'analyse des données ont été effectuées par les deux évaluateurs de manière indépendante.

Résultats principaux: 

La combinaison des données de deux études avec un total de 415 participants montrait un effet délétère de la procaïne en termes d'effets secondaires (20/208 actifs versus 3/207 placebo ; OR 7,30, IC à 95 % de 2,13 à 25,02, P = 0,002). Chez les patients atteints de démence, une étude indépendante à petite échelle de 12 participants (toutes des femmes) suggérait également un effet délétère. Deux essais sur des personnes âgées en bonne santé suggéraient que la préparation à base de procaïne avait un effet positif sur la fonction cognitive. Une méta-analyse des résultats bénéfiques n'était pas appropriée car les préparations et les durées étaient différentes et la qualité des essais était faible. La plupart des essais étaient réalisés avant 1990 et aucun d'entre eux ne rapportait de critère de déclin cognitif et démence.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.