Chirurgie contre la pathologie de la coiffe des rotateurs

Cette traduction n'est pas à jour. Veuillez cliquer ici pour voir la dernière version de cette revue en anglais.

Ce résumé d'une revue Cochrane présente les connaissances actuelles issues de la recherche sur l'effet de la chirurgie sur la pathologie de la coiffe des rotateurs. La revue montre que la chirurgie :

n’entraînerait aucune différence en termes de douleur, par rapport à d’autres programmes d’exercice.


La revue montre que la chirurgie arthroscopique :

n’entraînerait aucune différence sur le résultat à long terme par rapport à la chirurgie ouverte, mais qu’elle permettrait aux patients de se rétablir plus rapidement.


Les informations contenues dans les études incluses n’étaient pas suffisantes pour déterminer si la chirurgie peut entraîner une différence au niveau de la capacité à utiliser l’épaule normalement, de la qualité de vie, de l’amplitude de mouvement de l’épaule, de la force, de la probabilité de retour des symptômes, de la durée nécessaire pour la reprise du travail ou du sport et de la satisfaction des patients par rapport à l’opération.

Les études ont rapporté les effets indésirables suivants : douleur, infection, difficulté pour bouger l’épaule après l’opération, perte du muscle de l’épaule et nécessité d’une autre procédure chirurgicale. Il n’y a pas eu de différence au niveau des effets secondaires entre les personnes s’étant soumises à une arthroscopie et les personnes s’étant soumises à une opération ouverte.

Qu’est-ce que la pathologie de la coiffe des rotateurs et quelles sont les opérations chirurgicales existantes ?

La coiffe des rotateurs est un groupe de tendons qui maintient l’articulation de l’épaule en place. La coiffe des rotateurs permet de lever le bras jusqu’au dessus de la tête. Chez de nombreuses personnes, l’usure des tendons de la coiffe des rotateurs fait partie du vieillissement normal et peut ne donner lieu à aucun symptôme. Cependant, de nombreuses personnes ressentiront une douleur au niveau de l’épaule à mesure que les tendons se dégénèrent et que la rupture des tendons de la coiffe des rotateurs augmente. Il peut également y avoir une inflammation des tendons ou de la bourse (une autre partie de l’épaule participant au mouvement) de l’épaule. Souvent, la douleur est accentuée lorsque le patient dort sur l’épaule concernée ou lorsqu’il bouge l’épaule dans certaines directions. Souvent les tendons sont comprimés par l’os de membrane lorsque le patient lève le bras. On appelle cela un empiètement. Il peut alors être difficile d’utiliser l’épaule dans les activités de tous les jours, pour faire du sport ou au travail.

Pour diagnostiquer une pathologie de la coiffe des rotateurs, le médecin examine l'épaule du patient et lui pose des questions sur sa capacité à la bouger et sur les situations provoquant la douleur.

Si la douleur ne disparaît pas spontanément ou après divers traitements, comme des injections de stéroïdes ou de la physiothérapie, ou les deux, on peut envisager une opération. L’opération de la coiffe des rotateurs peut inclure l’élimination d’une partie de l’os pour soulager la pression sur les tendons de la coiffe des rotateurs (acromioplastie), à retirer une bourse enflée ou enflammée (le petit sac de liquide autour de l’articulation) et à retirer tout tissu endommagé pour favoriser la guérison des autres tissus. On appelle cela une « décompression ». Si l’un des tendons de la coiffe des rotateurs est abîmé, le médecin peut utiliser des points spéciaux pour le réparer. On appelle cela une « réparation ».

Certaines procédures peuvent être réalisées par voie arthroscopique (les instruments chirurgicaux sont insérés via une petite incision ou « trou de serrure » et un endoscope pour visualiser la zone et guider le chirurgien est inséré via une autre incision) ; la récupération est alors plus rapide.

Conclusions des auteurs: 

Notre revue de 14 essais portant sur des interventions hétérogènes et tous susceptibles aux biais, ne nous a pas permis de tirer de conclusions définitives concernant l’efficacité ou la sécurité de la chirurgie pour la pathologie de la coiffe des rotateurs. Trois essais fournissent des preuves limitées (niveau « argent ») (www.cochranemsk.org) montrant qu’il n’existe pas de différence significative entre la décompression sous-acromiale ouverte ou arthroscopique et le traitement non-opératoire actif pour l’empiètement. Six essais fournissent également des preuves limitées (niveau « argent ») montrant qu’il n’y a pas de différence significative en termes de résultats, entre la décompression sous-acromiale arthroscopique et la décompression sous-acromiale ouverte, bien que quatre essais aient mis en évidence une récupération plus rapide avec la décompression arthroscopique.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Cette revue fait partie d'une série de revues Cochrane sur des interventions pour les troubles de l’épaule.

Objectifs: 

Déterminer l’efficacité et la sécurité de l’opération pour la maladie de la coiffe des rotateurs.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre Cochrane des essais contrôlés, (la librairie Cochrane Numéro 1, 2006), MEDLINE, EMBASE, CINAHL, Sports Discus, Science Citation Index (Web of Science) en mars 2006, sans restriction de date, ni de langue.

Critères de sélection: 

Seules les études décrites comme essais cliniques randomisés ou quasi-randomisés (ECR) analysant des participants atteints de la pathologie de la coiffe des rotateurs et des interventions chirurgicales par rapport à un placebo, à l’absence de traitement ou à tout autre traitement ont été incluses.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue indépendants ont évalué la qualité méthodologique de chaque essai inclus et extrait les données.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 14 ECR, impliquant 829 participants. Onze essais incluaient des participants souffrant d’empiètement, deux essais incluaient des participants souffrant d’une rupture de la coiffe des rotateurs et un essai incluait des participants souffrant de tendinite calcifiante. Aucune étude ne satisfaisait à tous les critères de qualité méthodologique et une synthèse minimum a pu être réalisée. Trois essais comparaient la décompression sous-acromiale ouverte ou arthroscopique et un traitement non-opératoire actif (programme d’exercice, régime d’exercices de physiothérapie et de sensibilisation ou un programme de physiothérapie évolutif de renforcement). Aucun des essais n’a rapporté de différence au niveau des résultats entre ces groupes de traitement. Un essai, qui incluait également un bras placebo (12 séances au laser à faible puissance déréglé) a rapporté une amélioration significative du score de Neer des participants, dans les deux bras de traitement actif, par rapport au bras placebo, à six mois.

Six essais comparant la décompression arthroscopique et ouverte n’ont rapporté aucune différence significative en termes de résultat entre les groupes, à aucun point-temps ; en revanche, quatre essais ont conclu que la récupération et/ou la reprise du travail était plus rapide avec la décompression arthroscopique. Les événements indésirables, qui se sont produits dans les trois essais et ont compris infection, capsulite, douleur, atrophie du deltoïde et réopération, n’ont pas été différents entre les groupes chirurgicaux.

Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.