Antidépresseurs pour les symptômes négatifs de la schizophrénie

Les recommandations suggèrent d'associer des antidépresseurs aux antipsychotiques pour traiter les patients schizophrènes présentant des symptômes négatifs persistants. Par rapport aux antipsychotiques seuls, l'association antidépresseurs-antipsychotiques peut se révéler plus efficace pour traiter les symptômes négatifs de la schizophrénie. La qualité des informations actuelles est cependant trop limitée pour pouvoir tirer une quelconque conclusion définitive.

Conclusions des auteurs: 

L'association antidépresseurs-antipsychotiques peut se révéler efficace pour traiter les symptômes négatifs de la schizophrénie, mais la quantité d'informations est actuellement trop limitée pour pouvoir tirer une quelconque conclusion définitive. Des essais pragmatiques, à grande échelle, à long terme, bien planifiés et bien consignés sont justifiés.

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Contexte: 

Les symptômes négatifs sont fréquents chez les personnes souffrant de schizophrénie. De plus, ils sont souvent difficiles à traiter au moyen d'antipsychotiques. La plupart du temps, le traitement comprend des médicaments complémentaires tels que les antidépresseurs.

Objectifs: 

Étudier les effets du traitement combiné antipsychotiques-antidépresseurs pour la gestion des symptômes négatifs de la schizophrénie et des psychoses d'allure schizophrénique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie a été consulté (janvier 2004). Les auteurs de toutes les études incluses ont été contactés afin d'identifier d'autres essais.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais contrôlés randomisés comparant les combinaisons antipsychotiques-antidépresseurs avec les antipsychotiques seuls pour le traitement des symptômes négatifs importants de la schizophrénie et/ou des psychoses d'allure schizophrénique.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons sélectionné les études, effectué une évaluation critique, extrait les données et procédé à l'analyse sur la base de l'intention de traiter de manière indépendante. Lorsque cela était possible et approprié, nous avons calculé le risque relatif (RR) et les intervalles de confiance (IC) à 95 %, ainsi que le nombre de sujets à traiter (NST).

Résultats principaux: 

Cinq études ont été incluses (toutes de courte durée, N total = 190). En ce qui concerne les départs prématurés de l'étude pour n'importe quelle raison, aucune différence significative n'était observée entre la combinaison antipsychotiques-antidépresseurs et le groupe témoin (n=90, 3 ECR, RR 3,0 IC entre 0,35 et 26,04). Les départs prématurés de l'étude au motif d'événements indésirables (n=64, 2 ECR, RR 5,0 IC entre 0,26 et 97,0) et d'inefficacité (n=34, 1 ECR, RR 3,0 IC entre 0,13 et 68,84) ne présentaient pas non plus de différences significatives entre les deux groupes de traitement. En termes de réponse clinique, les participants traités par antipsychotiques et antidépresseurs révélaient une plus grande amélioration statistiquement significative (n=30, 1 ECR, DMP -1,0 IC entre -1,61 et -0,39) et une gravité significativement inférieure à la fin de l'étude (n=30, 1 ECR, DMP -0,9 IC entre -1,55 et -0,25) sur l'échelle d'évaluation de l'impression clinique globale par rapport aux patients recevant uniquement des antipsychotiques. Davantage de patients recevant le traitement combiné connaissaient une amélioration cliniquement significative des symptômes négatifs par rapport à ceux placés sous antipsychotiques et placebo (n=60, 2 ECR, RR 0,56 IC entre 0,32 et 0,97, NST 3 IC entre 3 et 34). Des différences en faveur du traitement combiné étaient constatées dans divers aspects des symptômes négatifs : nivellement de l'affect (n=30, 1 ECR, DMP -7,0 IC entre -10,37 et -3,63), alogie (n=26, 1 ECR, DMP -3,00 CI entre -5,14 et -0,86) et aboulie (n=30, 1 ECR, DMP -3,0 IC entre -5,04 et -0,96). Aucune différence statistiquement significative n'était constatée entre les groupes de traitement pour ce qui est du critère : au moins un événement indésirable (n=84, 2 ECR, RR 1,80 IC 0,66 et 4,90). Pour les troubles de la motricité et les autres effets indésirables, aucune différence statistiquement significative n'était observée dans toutes les études ayant fourni des données sur ces critères d'évaluation. Il n'existe aucune donnée relative aux critères d'évaluation tels que l'observance, le coût, le fonctionnement social et cognitif, la rechute, la réapparition des symptômes négatifs, la réhospitalisation ou la qualité de vie. Il n'existe pas de données à moyen ou long terme.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.