Interventions pour les patients schizophrènes présentant un excès de salive dû au traitement à la clozapine

La clozapine est un médicament antipsychotique utilisé dans le traitement de la schizophrénie, un trouble mental pouvant provoquer des symptômes tels que les hallucinations et les délires, ainsi qu'un retrait social.La clozapine peut être utile chez les patients pour qui les autres médicaments n'ont pas très bien fonctionné.L'un des effets secondaires fréquents de la clozapine est l'excès de salive dans la bouche (hypersalivation).Ce qui peut être gênant en public et problématique, en particulier la nuit.Cette revue traite des façons d'atténuer ce problème et inclut 15 essais portant sur 964 personnes, principalement réalisés dans des hôpitaux chinois.Les traitements comprenaient des médicaments qui avaient été utiles pour ce problème ou qui étaient supposés avoir un effet. Les médicaments utilisés faisaient partie d'un groupe de médicaments appelés antimuscariniques, de médicaments traditionnels chinois ou autres. Les essais étaient tous de courte durée (quatre semaines ou moins). Dans ces essais, les antimuscariniques (astemizole, diphenhydramine et propanthéline) se révélaient être plus efficaces que le placebo pour diminuer l'hypersalivation. Un autre médicament appelé oryzanol et un médicament traditionnel chinois appelé Suo quo wan présentaient plus d'avantages que la doxépine, un antimuscarinique. Cependant, du fait de la courte durée de ces essais, d'une consignation et d'une conception de faible qualité, il est difficile de tirer toute conclusion définitive à partir des résultats.

(Résumé en langage simplifié préparé pour cette revue par Janey Antoniou de RETHINK, Royaume-Uni www.rethink.org)

Conclusions des auteurs: 

Les données actuelles sont insuffisantes pour faire des recommandations fiables sur les pratiques cliniques. Ces études montrent beaucoup de limites et le risque de biais est élevé. Ces essais, cependant, sont des guides précieux pour la conception d'études actuelles et futures. Des essais randomisés correctement réalisés sont possibles. Certains sont déjà peut-être en cours. La pratique actuelle, en dehors d'essais randomisés correctement planifiés, devraient être clairement justifiée.

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Contexte: 

La clozapine est fréquemment utilisée pour les personnes souffrant de schizophrénie. Bien que son utilisation soit associée à de sérieux problèmes tels que l'agranulocytose, la prise de poids et les troubles cardiaques, l'hypersalivation, parfois en quantité rebutante et inadmissible socialement, est également fréquente (30-80 %).

Objectifs: 

Déterminer les effets cliniques des interventions pharmacologiques pour l'hypersalivation due à la clozapine.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre d’essais cliniques du groupe Cochrane sur la schizophrénie (mars 2007), examiné les références de toutes les études incluses en quête d'essais supplémentaires, contacté les laboratoires pharmaceutiques concernés, les agences d'approbation des médicaments et les auteurs des essais.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés comparant les interventions pharmacologiques, quelles que soient la dose et la voie d'administration, pour l'hypersalivation due à la clozapine.

Recueil et analyse des données: 

Les données ont été extraites de façon indépendante. Pour les données dichotomiques (homogènes), le risque relatif (RR) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 % et le nombre de sujets à traiter (NST) ont été calculés, sur la base de l'intention de traiter. La différence moyenne pondérée (DMP) a été calculée pour les données continues.

Résultats principaux: 

Sur les quinze essais identifiés, quatorze ont été réalisés dans des hôpitaux chinois. La consignation était de faible qualité, aucune étude ne décrivait clairement l'assignation secrète et la plupart des données étaient manquantes ou inutilisables. Tous les résultats sont sujets à un biais considérable. Le plus souvent, le critère de jugement principal était le diamètre de la tache humide sur l'oreiller. Les antimuscariniques (astemizole, diphenhydramine, propanthéline, doxépine) étaient les médicaments les plus couramment évalués. Pour le critère suivant : aucune amélioration cliniquement importante, l'astemizole et la diphenhydramine étaient plus efficaces que le placebo (astemizole : n=97, 2 ECR, RR 0,61 IC entre 0,47 et 0,81 NST 3 IC entre 2 et 5 ; diphenhydramine : n=131, 2 ECR, RR 0,43 IC entre 0,31 et 0,58, NST 2 IC 1,5 et 2,5), mais les doses d'astemizole utilisées étaient telles qu'elles peuvent provoquer une toxicité. Les données concernant la propanthéline étaient hétérogènes (I2= 86,6 %), mais les deux études révélaient des avantages par rapport au placebo. Les effets indésirables étaient mal consignés.

Parmi les autres interventions, l'oryzanol (extrait d'huile de riz et d'huile de germe de riz) se révélait plus efficace que la doxépine antimuscarinique en termes de : aucun changement cliniquement important (n=104, 1 ECR, RR 0,45 IC entre 0,27 et 0,75, NST 4 IC entre 2 et 7). Le médicament chinois suo quo wan (à base de racine de lindera benzoin, d'igname de Chine et de cardamome amère) prenait l'avantage sur la doxépine (n=70, 1 ECR, RR aucun changement cliniquement important 0,31 IC entre 0,16 et 0,59, NST 3 IC entre 1,5 et 3,7).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.