Bêta-bloquants pour la maladie artérielle périphérique

La claudication intermittente, le symptôme le plus courant de la maladie artérielle périphérique athéroscléreuse, résulte de la diminution du débit sanguin dans les jambes pendant l'exercice. Les bêta-bloquants, un grand groupe de médicaments, se sont révélés efficaces pour réduire le nombre de décès chez les personnes ayant une pression artérielle élevée et une maladie coronarienne et sont utilisés pour traiter diverses troubles. Ils réduisent l'activité cardiaque, mais peuvent aussi inhiber le relâchement des muscles lisses dans les vaisseaux sanguins, les bronches et les appareils gastro-intestinal et génito-urinaire. Le propranolol, le timolol et le pindolol, des bêta-bloquants non-sélectifs, sont efficaces pour tous les récepteurs bêta-adrénergiques du corps, tandis que d'autres bêta-bloquants, tels que l'aténolol et le métroprolol, sont cardiosélectifs.

Le traitement optimal pour les personnes souffrant d'une maladie coronaire ou d'hypertension et une claudication intermittente est controversé en raison du débit sanguin périphérique présumé dû aux bêta-bloquants, qui conduit à une aggravation des symptômes.

Actuellement, aucune preuve issue d'essais contrôlés randomisés suggère que les bêta-bloquants affectent négativement la distance de marche chez les personnes souffrant de claudication intermittente et que les bêta-bloquants devraient être interprétés avec prudence, en cas d'indication clinique. Les auteurs de la revue ont identifié six essais contrôlés randomisés qui portaient sur un total de seulement 119 personnes atteintes de maladie artérielle périphérique légère à modérée. Les bêta-bloquants étudiés étaient le propranolol, le pindolol, l'aténolol et le métroprolol. Aucun des essais n'a clairement montré une aggravation des effets des bêta-bloquants sur la claudication, la distance de claudication et la distance de marche maximale telle que mesurée sur un tapis roulant, ni sur le débit sanguin dans les mollets, la résistance vasculaire du mollet et la température cutanée, par rapport à un placebo. Les chercheurs de l'étude n'ont rapporté ni d'événement indésirable, ni de souci concernant la prise de bêta-bloquants étudiés.

La plupart des essais avaient plus de 20 ans et les résultats ont été rapportés entre 1980 et 1991. Tous étaient de petite taille et de mauvaise qualité. Les médicaments ont été administrés pendant une courte durée (10 jours à deux mois) et la plupart des résultats ont été rapportés dans des études individuelles. Des drogues supplémentaires, du calcium des canaux bloquants et des combinés alpha et bêta- bloquants, étaient administrés au cours de certains essais.

Conclusions des auteurs: 

Actuellement, aucune preuve ne suggère que les bêta-bloquants affectent négativement la distance de marche, le débit sanguin dans les mollets, la résistance vasculaire du mollet et la température cutanée chez les personnes souffrant de claudication intermittente. Cependant, en raison du manque d'essais publiés à grande échelle, les bêta-bloquants devraient être interprétés avec prudence, en cas d'indication clinique.

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Contexte: 

Bêta (β) sont recommandés pour la maladie coronarienne (MC). Cependant, le traitement optimal pour les patients atteints de MC accompagnée d'une claudication intermittente est controversé en raison des effets hémodynamiques périphériques supposés de bêta-bloquants, conduisant ainsi à l'aggravation des symptômes de la claudication intermittente. Ceci est une mise à jour d'une revue publiée pour la première fois en 2008.

Objectifs: 

Quantifier les effets nocifs potentiels des bêta-bloquants sur la distance de marche maximale, la distance de claudication, le débit sanguin dans les mollets, la résistance vasculaire du mollet et la température cutanée lorsqu'ils sont utilisés chez les patients atteints d'une maladie artérielle périphérique (MAP).

La stratégie de recherche documentaire: 

Pour cette mise à jour, les Responsables de Recherche des Essais Cliniques du Groupe Cochrane sur les Maladies Vasculaires Périphériques ont effectués des recherches dans le Registre Spécialisé (dernière recherche en mars 2013) et le Registre Cochrane des Essais Contrôlés (CENTRAL, La Bibliothèque Cochrane, 2013, numéro 2).

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) évaluent le rôle des bêta-bloquants sélectifs (β1) et non-sélectifs (β1 et β2) comparé à un placebo. Nous avons exclu les essais qui comparaient différents types de bêta-bloquants.

Recueil et analyse des données: 

Les critères principaux étaient la distance de claudication exprimée en mètres, le délai avant la claudication exprimé en minutes et la distance maximale parcourue en mètres et en minutes (évaluée par un tapis roulant).

Les critères secondaires incluaient le débit sanguin dans les mollets (mL/100 ml/mn), la résistance vasculaire du mollet et la température cutanée (°C).

Résultats principaux: 

Nous avons inclus six ECR qui remplissaient les critères ci-dessus, avec un total de 119 participants. Les bêta-bloquants étudiés étaient l'aténolol, le propranolol, le pindolol et le métroprolol. Tous les essais étaient de mauvaise qualité, avec les médicaments administrés pendant une courte durée (10 jours à deux mois). Aucun des critères principaux n'a été rapporté par plus d'une étude. De même, les critères secondaires, à l'exception de la résistance vasculaire (comme indiqué par trois études), ont été signalés par une seule étude. La mise en commun de ces résultats a été jugée inappropriée. Aucun essai n'a montré une aggravation statistiquement significative de l'effet des bêta-bloquants sur la claudication, la distance de claudication et la distance de marche maximale telle que mesurée sur un tapis roulant, ni sur le débit sanguin dans les mollets, la résistance vasculaire du mollet et la température cutanée, par rapport à un placebo. Aucun rapport ne décrivait des événements indésirables associés à l'utilisation de bêta-bloquants étudiés.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.